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Je me suis inscrite aux Mères Indignes Anonymes

1 fév

C’est plus possible, j’en peux plus, faut que je trouve une solution sinon je vais me petit-suicider incessamment sous pneu. Et puis je fais comment, avec ce boulot ??
Ah mais oui, j’ai entendu parler d’un truc…

Alors, comment il s’appelle le site alors…. mmmhh http://… euh, c’est le truc des mères indignes anonymes.. Ah oui, http://www.Mia.Com (pas miaou.com, ni minou.com hein).
Alors…

"tic tic tic tic tic ticitic tic"

Ah voilà !

Mmmh….

Rroohh, mais putain mais c’est où le bouton pour s’inscrire ?

(après quelques minutes)

Ah voilà, il était juste sous mes yeux fatigués. Tssss…

**Inscription**

Nom : The Mum

Prénom : Kiki

Âge : 25 ans et demi… (si c’est vrai !)

Date à laquelle vous êtes devenue mère : 23/11/2009 physiologiquement, réellement… plus tard

Date à laquelle vous êtes passée du côté obscur de la force : entre une nuit et un matin un peu pourris

Motifs invoqués pour votre inscription :
- mère au bord de l’épuisement alors qu’elle ne bosse pas (enfin, pas dans une entreprise en tant que salariée, mais plutôt en auto-entreprise, à la maison, donc pas un VRAI travail)
- s’y prend comme une quiche avec sa môme : la cogne fréquemment aux meubles de la maison, voire lui fait un croc sans faire exprès
- n’entend plus sa fille pleurer la nuit (enfin si, mais j’ai parfois juste pas le courage de me lever et attends que l’Ours l’entende)
- préfère bosser que jouer aux cubes ou à M. Patate pour la 9 996e fois de la semaine
- aime être seule quand sa fille est à la crèche
- rêve de soirée entre filles et de grasse mat’ : ma fille attend au moins une demi-heure avant qu’on la lève
- invoque un mal de dos virtuel pour poser sa fille de 12 kg à terre (non mais elle est lourde aussi)
- a deux meilleurs amis : les pâtes 5 minutes aux légumes (y’a du légumes dedans, 5 fruits et légumes frais toussa toussa) et ma gourde Beaba (compotes vite mangées sans accident)
- l’amène à la crèche avec des vêtements sales (ouais dans le noir, la tête dans le cul, je verrais pas une tache de fraise sur du blanc immaculé)

Bon ça devrait aller, pis y’a plus de place pour écrire…

Caractéristiques de l’enfant :
- petit monstre de sexe féminin de 26 mois plein d’énergie et de bêtises
- préfère son père (c’est sûr, avec une mère pareil)
- ne veut pas de câlins de sa mère (sauf quand elle l’a décidé)
- décide de plus dormir pendant ses siestes quand je suis gavée de boulot
- décide d’être malade quand je suis gavée de boulot (suis sûre qu’elle le fait exprès)
- décide de se réveiller deux fois la nuit quand je suis au bord du décès pour cause de fatigue
- décide de pourrir 4 couches lavables de caca explosifs quand il m’en reste que deux
- bref, c’est le MAAAALLL

Ils vont me prendre, c’est obligé.

Le… 01/02/2012
A… Quelque part en France, dans un bled sans ludothèque, sans famille, sans nounou ou baby-sitter de confiance

Faudrait que je veille à pas oublier de la prendre celle-là

Appelle-moi Simple Jack

15 jan

En partant de Bordeaux au mois de mai, je laissais derrière moi toutes mes amies que je me suis faite en 11 ans de vie bordelaise.
On s’est juré de rester en contact.
Puis le temps passant, les amitiés à distance se délient parfois…
Puis connement, je me suis dit que c’était comme ça.
Et que finalement, toute seule, j’arrivais à m’en sortir.

Connement.

Je me rends compte que mon raisonnement était complètement crétin.
Proche du -10 de QI.
Même une poule est plus lucide sur son existence.
Quant au lombric, il pourrait remporter le Prix Nobel de physique.

Pour ma défense, il faut dire que j’ai une fâcheuse tendance à faire avec ce que j’ai.
Je m’adapte.
Mets-moi dans une pièce dans la semi-obscurité nourrie au pain sec et je pourrais m’y faire.
Je me fais à tout.
Tout.
Même à l’impensable.

Comment ai-je pu me dire que j’y arrivais toute seule, à vivre ce changement de vie, ce changement d’une vie ?
Quand j’ai retrouvé mes amies bordelaises, tout est remonté : tous les coups de blues que j’ai passés, loin d’elle, sans les appeler.

Puis, on a parlé de tout et de rien.
De Tropic Thunder qu’on a revu.
De notre taf… ou non-taf.
Du mariage de l’une et de ses projets bébés.
Des envies d’acheter un bien immobilier.
De choses perso, de couple, de mère, de sexe pour l’autre.
Du passé un peu : quand on bossait ensemble, comme des forcenées. Mais on s’en foutait : on se marrait.
Des "comme ta bite", " ou des "DTC", des "comme dirait Rocco", des sous-entendus, une équipe de "bourrines", mi-femmes mi-camionneurs en somme.
Des rires.
Des midis toujours trop courts.
Des gourmandises partagées.
Des coups de blues.

Des moments de vie très forts : proposition en mariage, séparations, grossesses, naissances…

Du soutien chaque jour.
De l’intérêt pour l’une, pour l’autre.
Le souci de savoir comme vont les unes et les autres.

Durant cette soirée, on a pleuré. Un peu.
On a rit. Beaucoup.
Et on s’est prise dans les bras. A la folie.

J’avais juste oublié la douceur de l’amitié.
Cette chaleur que l’on ressent là, au creux de son cœur, quand on est entourée de ces personnes qui nous sont chères, qui nous aiment, nous connaissent, et nous apprécient telle que l’on est.

Je savais que je laissais derrière moi des amies que j’aimais.
Je ne savais pas à quel point elles comptaient.

Puis la soirée s’est terminée.
Nous sommes reparties chacune de notre côté.
Certaines vont se voir durant l’année.
Moi, loin, je sais malheureusement que je vais rater des choses.
Je ne serais pas à leurs côtés : le test de grossesse positif que tu feras, le premier gros contrat que tu signeras, l’appartement de vos rêves que tu trouveras puis l’anniversaire de ton petit bout qui arrivera, les joies, les peines de toutes.
Je sais que je devrais me contenter d’une amitié au rabais parce que j’ai fais le choix d’une autre vie.
Mais ces amitiés-là, maintenant je sais, elles comptent beaucoup.
Plus que jamais.

Gustav Klimt, L’arbre de vie, 1905

24 heures chrono

12 jan

Demain pour la première fois, je dormirais loin de ma Zouzou.
Pour la première fois de sa vie, je n’irais pas la voir dormir avant de me coucher.

Demain : JE FAIS LA CHOUILLE AVEC MES COUPINES A BORDEAUX !!

Alors je suis hyper contente.
On va boire.
Manger.
Puter.
Rire.
Se faire des bisous.
Pleurer même peut-être.

A partir de demain 17h30, j’ai 24h top chrono devant moi.
A ne pas me préoccuper ni de l’ordre, ni du manger.
Pas de rangement.
Pas de contraintes.
Pas d’horaires.
J’ai envie de crier très fort : FREEEEEEEEEEDOOOOOOMMM et de me trémousser sur une (mauvaise) chanson de George Michael que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Oui liberté, liberté chérie !

Parce que des fois, comme toutes les mamans, j’aimerais ne rien faire, sécher le boulot, ou me mettre en arrêt de travail.
Seulement maman, c’est H24, 7 jours sur 7, de jour comme de nuit, 365 jours de l’année.
Si t’es malade pas grave.
Si t’as pas envie, dommage.

Et en ce moment, la gestion de la maison me sort par tous les trous : le linge, le rangement, imaginer les repas, faire les courses, lancer mon entreprise, m’occuper de ma Zouzou, de la famille et de mon couple, des fois, ça fait juste un peu beaucoup. Même si j’aime ma Zouzou et mon Ours par-dessus tout. Juste : ça manque un peu d’insouciance tout ça.

Bref : je sais que ça va me faire le plus grand bien. Que je suis OVER contente de revoir les amies.

Mais putain : je te dis pas comment j’ai mal au bide de laisser ma Zouzou.
Elle est pourtant entre de bonnes mains, celle de l’Ours à qui je fais entièrement confiance.
Et je me console en me disant que peut-être je vais leur manquer ainsi que mes petites attentions de tous les jours.

Mais je stresse.
J’ai la gorge qui se noue à l’idée de la laisser.

C’est ça, non, être maman ?

Allez, je te laisse avec George.