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Bilan de la crèche : je sais plus où je crèche…

14 sept

Après 15 jours de familiarisation avec la crèche, je ne sais plus où j’en suis.
Ma Zouzou pleure mais est contente de voir "les fenfants". Elle y va avec le sourire et avec plaisir.
Ce midi elle n’a rien mangé : cela n’était pas arrivé en 21 mois. Ce n’est pas une gloutonne, elle met trois plombes mais elle mange quand même volontiers.
Elle n’a pas dormi, ce qui est souvent le cas l’après-midi depuis le début de la crèche…

Bilan : elle est crevée et moi aussi.
Je me pose des questions, des tonnes de questions.
Est-ce que je fais bien ? Est-ce bon pour elle d’aller en crèche ? Est-ce que c’est obligé que la sociabilisation soit difficile ? Ai-je pris la bonne décision de retravailler ?
Est-elle perturbée à cause de la crèche ou parce qu’elle passe une grosse phase d’acquisition du langage ?
Si elle n’est pas en retard sur le langage l’est-elle ailleurs ?
Et son refus de manger, c’est pour dire "je veux rester un bébé" ou "je veux que tu t’occupes de moi", je dois faire en sorte qu’elle mange seule ou pas ?

Pourtant, elle parle des autres enfants (enfin, juste un, un certain Paco…).
Pourtant ce matin elle me disait "toute seule" quand je lui disais qu’elle allait à la crèche.
Pourtant dans le couloir pour aller dans la salle des "Scoubidous", elle est toute guillerette et quand on rentre, je n’existe plus… enfin ça dépend des jours.

Comme d’habitude, je suis une cruche : je n’avais pas prévu ça. Que ça serait aussi chamboulant pour moi, voire plus, que pour elle.

J’espère juste que tout va se régler petit à petit…

Encore une preuve qu’être parent, ça s’apprend tous les jours, et que chaque étape a ses difficultés.

Je crois qu’on n’est pas prêt de s’ennuyer !

L’envol

7 sept

Quand on met un enfant au monde, on sait qu’il n’est pas à nous. On sait que notre travail de parent consiste à lui donner toutes les clés pour qu’il puisse arriver à l’âge adulte et voler de ses propres ailes.
Forcément, les premiers mois, on s’en rend pas compte qu’un jour ils partiront : c’est un travail à 100 % H24. On en rêve d’ailleurs de leur autonomie

Puis ils grandissent, vite, très vite.
Ils tiennent assis, baragouinent quelques mots, font du quatre puis finissent par marcher.
Et là, on le sait que ces premiers pas sont les premiers d’un long chemin qui se finira pas une séparation.

Ma Zouzou, je sais qu’elle n’est pas à moi. Elle a toujours été indépendante. Moi, je suis juste sa mère. Avec l’Ours, on s’en occupe jusqu’à ce qu’elle parte, comme si on nous avait confié sa vie le temps qu’elle grandisse.
Sa naissance a été bouleversante : jamais on n’aurait pu imaginer aimer autant ce petit être.
Pourtant, j’ai repris le travail le jour de ses 3 mois. Une part de moi, une toute petite, était contente de faire autre chose que de pouponner. Les premiers mois sont particulièrement difficiles. En tête à tête avec son bébé, on n’existe plus que dans son rôle de maman. Mais les mois qui ont suivi la reprise ont été particulièrement pénibles, douloureux.

Là, après 4 délicieux mois en vase clos, c’est l’adaptation en crèche. Si j’étais plutôt confiante au début, hier mon petit coeur de maman a eu vraiment mal. Mal dans les tripes, le ventre noué. Ma Zouzou a pleuré à la crèche puis tout le long du chemin du retour à la maison. Elle est sensible, elle était fatiguée, elle n’a pas l’habitude d’être avec d’autres enfants. Je sais qu’elle ira à l’école, donc autant qu’elle se sociabilise en crèche. Je pensais m’être raisonnée mais cette nuit, mes émotions de maman m’ont rattrapée. J’ai mal dormi : je me suis dit que je n’arriverai pas à vivre un deuxième jour comme ça, puis l’école puis la fac. Que je n’étais pas assez forte. Que décidément être mère était difficile et bien ingrat. A peine on fait connaissance qu’il faut laisser son enfant dans la jungle de la vie.

Couvée, choyée, aimée, câlinée, on élève notre enfant puis un jour, sans crier gare, on doit se séparer. On doit à nouveau physiquement couper le cordon. "Je t’aime, donc je te laisse t’envoler". Rien ne nous prépare à ça. A cette séparation. A l’indépendance de l’enfant. Lui et nous, cela ne fait presque qu’un. Puis la crèche, la maternelle, l’école. Le garder pour nous est purement égoïste et irresponsable. Elle doit devenir indépendante, petit à petit.

Aujourd’hui, je l’ai amenée à la crèche les boyaux retournés. Pourtant, elle était souriante et contente d’aller voir les "fenfants" comme elle dit. Moi, j’avais l’impression de revivre la séparation à ses 3 mois de vie. J’avais envie de pleurer mais j’ai essayé de ne rien montrer.
Ma Zouzou s’est amusée et je l’ai laissée, en croisant fort les doigts que cela se passe bien.

J’ai été faire les courses pour m’occuper l’esprit. Mais j’avais la nausée, une boule dans la gorge.
J’espèrais que tout se passe bien. J’espérais ne pas la voir pleurer.

Et finalement, en allant la chercher, mon ventre s’est dénoué, et un sourire s’est installé sur mon visage : je venais seulement de vivre son absence. Vivre le détachement d’avec mon unique enfant. Je crois que cela s’appelle l’amour maternel.
Je l’ai retrouvée, souriante, en train de coller des gomettes.

Le comble : elle ne voulait plus partir.
J’étais rassurée !
Le pire : on m’a proposé une journée entière en plus des demi-journées. Je vais pouvoir bosser ! Je vais devoir la laisser…

Malgré tout, je sais que cette séparation est nécessaire.
Et que ce n’est qu’une simple répétition de prochaines séparations…
Un jour, elle partira de la maison, pour mieux revenir : c’est tout le mal que je lui souhaite. Une part de moi passera le pas de la porte. Mais pas mon amour pour ma Zouzou.

T’as les boules, t’as les boules boules boules

5 sept

Voilà, c’est la rentrée. Si ma Zouzou rentre à l’école que dans un an (OMG !!), on a aussi un peu notre petite rentrée à nous deux : la crèche. Pour le moment, même si comme je le disais l’autre jour j’avais un peu la boule au ventre au début, ça se passe bien. Facile, ben ouais, puisque je reste avec elle.

Mais demain, c’est pas la même, c’est the D Day. Elle va passer une heure seule… Enfin, avec les autres enfants.

Alors je sais ce que vous allez me dire : "Mais t’inquiètes pas, y’a pas raison, ça va aller". Ben non, y’a une raison : quand toute à l’heure à la crèche je lui ai dis qu’on partait mais qu’on revenait demain, je lui ai expliqué qu’elle resterait seule sans maman, pas longtemps, et que je reviendrais ensuite la chercher pour manger à la maison. Et là, je vous le donne en mille, elle a tendu les bras vers moi genre je vais pleurer pour que je la prenne dans les bras.

Là, je me suis dit : "Oh, merde".

Si j’étais plutôt confiante, là, je fouette, je stresse, j’appréhende, j’ai les fesses qui font bravo, la gorge qui serre, et les pieds poites.

Putain Kiki, t’as pas intérêt à oublier sa Calo. Si tu chies dans la colle, tu la traumatises à vie.

Donc moi, ma rentrée, c’est demain.

Sur ce, bonne nuit à tous.

Moi, la mienne, elle risque d’être moitié pourrie…