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31 ans, pacsée, un enfant… et demi et un travail d’indépendante

8 nov

Voilà, aujourd’hui j’ai 31 ans.
Quelques rides, un ou deux cheveux blancs se sont invités depuis l’année dernière.
Quelques kilos aussi. Mais c’est pour la bonne cause.

Bon, alors, j’en suis où dans ma vie à moi hein ?
Non pas que je ressente le besoin de faire le bilan… Peut-être pour la première fois de ma vie.
Pour la première fois de ma vie, je sais où je vais (enfin du moins où je ne vais pas) et surtout, surtout, je sais désormais qui je suis.

Un fossé sans fond semble séparer la personne que j’étais il y a un an de celle d’aujourd’hui.
Et j’en suis plus qu’heureuse.
C’était inespéré. Vraiment.
Il y a un an, j’arrivais depuis peu dans une nouvelle ville. J’étais perdue, pommée. Seule. Mal. Tout mon passé m’avait rattrapé. J’étais clairement au fond du trou. Comme jamais.

Je crois qu’aujourd’hui je suis celle que j’étais au fond de moi depuis trop longtemps.
Heureuse. Épicurienne. Optimiste. Zen.
Moi.
Tout simplement moi.
Loin des schémas familiaux, de quelconque contrainte sociale.
Des "je dois" ou des "il faut".
Des "tu crois ?" ou des "que vont-ils penser de moi".

Je suis.
Je suis bordélique, pas toujours fiable.
Cela semble un défaut mais c’est exutoire pour moi.
Ne pas être celle que l’on attend que je sois, parfaite, toujours là.

Je fais désormais à manger. Du manger qui prend du temps et demande de l’amour.
Et je le fais avec un plaisir non dissimulé et de plus en plus grand.
La nourriture du corps et de l’esprit.
Mais aussi du cœur.
J’en étais juste incapable avant.

Je suis maman. Et il semblerait que je ne sois pas trop trop pourrie.
J’ai des ratés, j’ai des réussites aussi (même si elles sont moins facile à trouver…).
Le chemin est long.
Mais celui que j’ai parcouru semble plus long encore.

Je ne demande plus tout à mon Ours.
De me donner tout l’amour, de tout comprendre.
Juste d’être à mes côtés, s’il peut.
Qu’il soit heureux de l’être et que cela le rende heureux.
Qu’il soit compris, écouté. Pour de vrai, pas à moitié.

Je suis indépendante (je parle de statut de travailleur indépendant).
J’ai créé mon auto-entreprise.
Après des débuts plus que difficiles, alors que je pensais tout arrêter, la chance m’a souri.
Mais un sourire dont tu te souviens toute ta vie.
Grâce à des amies, à un petit réseau, j’arriverais presque à gagner ma vie.
Mais je me dis grâce aussi à moi : je sais ce que je vaux professionnellement.
Je suis fiable, à 10 000 %, réactive. Créative.
J’espère encore pouvoir entreprendre et bosser, encore et encore. Même si en ce moment je rêve de siestes bien longues. Et que gérer un congé mat va être folklorique.
On improvisera des solutions. Forcément.

Je crois avoir trouvé la paix. (Je crois.)
Finies les grosses colères, les émotions qui me submergent totalement et dictent ma vie.
Qui me terrassent.
Qui me transforment en pantin.
Finie la dépendance affective.
Fini la culpabilité.
J’ai appris à dire non, pour ma liberté, pour mon bien-être.
A dire de moi.
A ne pas supporter l’insupportable.
A libérer ma parole.
A arrêter d’être un déversoir à (mauvaises) émotions pour les autres.
Je suis devenue un peu égoïste, juste ce qu’il faut pour être bien avec moi-même.
Juste qu’il faut pour être bien avec les autres.

J’ai appris aussi à davantage aller vers les autres, à ne pas rester dans mon coin.
A me trouver digne d’être une amie pour eux.
Juste à ne pas avoir honte de ce que j’étais.
M’accepter comme je suis, avec mes (tonnes) de défauts, et mes innombrables qualités (ben ouais, merde, et même pas je rougis et na !).

Bon, j’ai beaucoup de choses à mettre en œuvre encore.
Appeler plus les amies laissées sur mon chemin,  dans mon ancienne vie, être plus là pour elles.
Bon même si cela semble pas vraiment compatible avec l’arrivée d’un deuxième enfant.
On improvisera des solutions hein.
Trouver un équilibre plus juste avec ma famille.
Mais ça viendra.
Et puis apprendre à connaître ce petit être que je porte.
Amoureusement.
Étrangement.
Apprendre à être sa maman, à le nourrir.
L’aimer.
Le découvrir.
Une sacrée aventure qui m’attend.
Mais pour laquelle je ne serais pas seule.
Mon Ours est là, impatient.
Et sa grande sœur se prépare, l’attend.

Mais surtout, surtout, continuer à être heureuse, à profiter de ces bonheurs si simples.
La nature.
Le soleil.
La pluie.
L’amour de ma fille.
De mon Ours.
Des nourritures du corps.
Mais aussi de l’esprit (hum, cela fait juste 8 mois que je suis sur le même bouquin…).
M’inventer encore mille et un projets de vie.
Parce que dans la vie, il suffit de le vouloir.
Il suffit de décider d’être heureux.

Vivre le bonheur.
Tout simplement.
Et pleinement.


Prendre la vie comme un bon gros gâteau au chocolat. Voilà qui me va :)

Des maux d’amour

23 mar

Des bisous des câlins, tu en réclames peu.
Tout au plus depuis que tu as 18 mois.
Peut-être est-ce de ma faute ?
Bébé, jamais tu m’entourais de tes bras.
Quelques croque-bisous de ci, de là.
Cela m’a toujours peiné.
Ce n’est pas faute de t’avoir câlinée.
Embrassée.
Dorlotée.
Portée.

Depuis quelques jours, tu me demandes à venir dans mon ventre.
Tu ouvres mon tee-shirt et mets ta petite main entre mes seins.
Je t’ai expliqué que ce n’était pas possible.
Mais qu’on pouvait faire un câlin autrement.
Puis j’ai enlevé ton tee-shirt et je t’ai mis sous le mien.
Peau à peau.
Tout chaud.
Tes petites mains autour de ma taille.
Ta petite tête posée sur ma gorge.
Et ce collier qui te gênait pour me faire câliner :
Je l’ai vite enlevé, comme tu me l’as demandé.

Tu étais bien, au calme, abandonnée.
Toi qui d’habitude déteste être entravée.

Puis tu m’as demandé qu’on prenne un bain.
Toutes les deux.
Au chaud.
Peau à peau.

Cette semaine a été difficile.
Aujourd’hui, tu n’avais pas envie d’aller à la crèche.
Tu m’as fait la tête quand je suis venue te chercher.
Ce soir, tu avais besoin de moi.
De mon amour.
De mes bras.

Ce soir, j’avais besoin de toi.
De tes mots d’amour.
De tes câlins que tu me refuses souvent.
De te donner des bisous que tu ne veux pas toujours.

Ce soir, j’ai été la plus heureuse des mamans.
J’aimerais me souler de ta peau.
Recevoir tous tes bisous.
Caresser tes cheveux pendant des heures.
J’aime t’entendre dire tes besoins,
Dire ce que tu ressens.

Ce soir, je t’aime fort mon enfant.
Ce soir, je me suis tellement sentie être ta maman.

Certificat d’inaptitude au bonheur

13 mar

C’est plus fort que moi.
Cela me dépasse.
Le bonheur, ça me fait flipper.
Enfin, dans l’absolu je trouve ça génial.
Mais c’est mon corps qui ne veut pas.

Quand des jours comme aujourd’hui tout se passe à merveille, sans faille ni anicroche, qu’on regarde sa fille et qu’on pense à son homme et que décidément, on ressent une grosse bouffée de bonheur… aussitôt suivie par une bouffée d’angoisse, on se dit que vraiment, on est inapte au bonheur.

Ce n’est pas de ma faute, c’est mon corps qui n’y arrive pas.
Le bonheur, avant mon Ours, je ne savais pas trop ce que c’était.
Il était aux abonnés absents.

L’habitude, c’était plutôt d’être mal, angoissée, triste, en colère.
L’habitude, mon enfance me l’a donné.

Les rares instants de bonheur volés un quart de seconde se payaient cher.
A prix d’or.
Au moins un bras.
Ou une gifle.
Un mot qui claque, hop ! dans ta gueule.

Alors aujourd’hui, le bonheur, on fait connaissance.
Je le trouve sympa.
Et il commence à s’incruster chez moi.

Dans les yeux de ma fille.
Dans ses éclats de rire.
Dans les baisers de mon Ours.
Dans ces rayons de soleil.

Alors toi, mon corps, écoute mon cœur.
Fait pas chier, soit sympa.

Laisse-toi aller, fais-moi confiance, le bonheur c’est super chouette.
Même que ça ne fait même pas mal.
Même qu’on n’est pas obligé de le payer.

Même que pour le voir souvent, il suffit d’y croire très fort.
Même que c’est doux comme les baisers papillons de ma Zouzou.

…Ou si je Peux…