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Dernier jour de crèche

1 août

Voilà, aujourd’hui, c’est le dernier jour de crèche de ma Zouzou.
Après les doutes des premiers temps, l’angoisse du premier jour de crèche, elle s’y ait vraiment bien fait à cette vie en collectivité.
Et moi aussi : l’équipe était assez sympa. La directrice et son acolyte s’attachent à animer la crèche : fête des parents, de la crèche, journées spéciales, je suis vraiment super satisfaite de leur travail et de leurs compétences, de l’énergie qu’elles mettent en œuvre pour que les enfants se sentent bien (et les parents aussi du coup). De leur manière aussi d’aborder les enfants. Bref : je suis parvenue à leur faire confiance.

Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin.
C’est le dernier jour chez les "petits". Dernier jour à la crèche.
Dans un mois et 3 jours, elle sera la petite chez les "grands", à l’école.

Une page se tourne. Celle de la petite enfance. Celle des premiers apprentissages en tant que maman. Celle où l’enfant est encore un peu connu de ses parents.
En septembre, elle se frotte à la collectivité, la vraie, celle où on est 30 par classe avec deux adultes pour accompagner.
Celle où à la récré il y a 90 enfants, là où ma Zouzou est déjà perdue dans un groupe de 15.
Celle où elle va découvrir d’autres enfants, qui vont lui apprendre d’autres choses, pas toujours sympas.
Celle où elle va avoir sa vie à elle, qu’elle ne nous racontera peut-être pas.

Oui, c’est bien l’école : elle qui a si soif de connaissances, d’activités, va y trouver son compte, à n’en pas douter.
Elle va s’éclater, je le sais, sans doute après un temps d’adaptation, plus ou moins long, plus ou moins facile… Avec plus ou moins de pleurs…

Elle est comme ça ma Zouzou, sensible. Même à 32 mois, elle décharge quand elle a eu plein d’émotions. Alors même qu’elle verbalise les "je suis en colère", elle a besoin de sa dose de gros câlins le soir et surtout de pleurs. Elle est émotive. C’est aussi ce qui fait sa qualité première : l’attention portée aux autres.
Elle est comme ça. Un caractère de cochon avec un cœur tout mou (comment ça "comme sa mère" ?).

Je suis contente qu’elle grandisse et aille à l’école, mais là, à quelques semaines de l’échéance, j’ai comme un petit pincement, un pincement à mon cœur de maman.
J’espère que tout va bien se passer.
Que les autres enfants ne seront pas trop méchants (toute manière j’irai casser la gueule aux parents si y’en a un qui touche à un cheveu de ma fille).
Que la maîtresse sera gentille et douce (toute manière j’irai casser la gueule à la maîtresse si elle touche à un cheveu de ma fille).
Que l’école maternelle sera presque aussi chaleureuse que la crèche.
Qu’elle ne souffrira pas trop de ce changement qui s’amorce.
Qu’elle va retrouver les copains.

Bref ma toute petite grandit, et force est de constater, que moi aussi.

Ma toute grande qui sait pédaler :)

Le débrief des Vendredis Intellos : le fil invisible de l’attachement

20 sept

L’attachement est un lien indéfectible intimement lié à l’amour et qui s’établie entre les êtres humains et plus particulièrement entre la mère et son enfant. Il scelle ce duo fusionnel et renferme en même temps en lui cette notion d’individualité des deux partis (peut-être en opposition avec le mot fusion à mon sens) : la mère et l’enfant sont différents mais attachés l’un à l’autre, indissociables l’un de l’autre.

Ce phénomène d’attachement, ce sentiment que l’on peut éprouver à l’égard de l’autre, permet la transmission d’un certain nombre de chose de la mère à l’enfant, de manière assez inconsciente, voire involontaire. Snana nous rapporte notamment comment l’attachement permet d’inculquer un certain goût de la vie à l’enfant, ce que l’on appelle « le tempérament », à travers le récit poignant de Boris Cyrulnik, que l’on ne présente plus. Un bien joli récit qui fait réfléchir à ce que nous transmettons à l’enfant par le biais de ce lien d’amour.

Par cet attachement, Madame Zaza Of Mars se demande, elle, ce qu’elle transmettra comme valeur familiale à ses enfants. Celle aussi héritée de sa propre famille et celle héritée par son mari : et si l’attachement ne faisait finalement pas le lien entre les générations ? Sorte de relais qui se transmet de parents aux enfants, puis d’enfants à ses propres enfants ?

Qui dit attachement… dit aussi séparation : ça, beaucoup de maman en ont fait la douloureuse expérience en cette rentrée. Que ce soit pour l’entrée en crèche ou à l’école, il n’est pas facile de se séparer pour l’enfant, mais aussi pour la maman. Beaucoup de choses se jouent souvent inconsciemment et c’est ce dont nous parle Madame Frimousse. Elle met aussi l’accent sur l’importance d’une réelle préparation à cette séparation en collaboration avec la mère et l’enfant. Une démarche qui prend du temps, un temps qui n’est malheureusement pas toujours possible de prendre. Je parie que beaucoup de mamans déploreront que cette préparation – par manque d’effectif, de disponibilité – est souvent « standardisée » (tant de séances avec le parent, tant avec l’enfant seul) et accompagnée de phrases du type « ça passera, c’est normal ». N’empêche, ce qui est considéré comme « normal » peut tout de même être accompagné…

Une difficulté de se séparer de la mère que l’enfant peut traduire par diverses façons. Nous avons sûrement toutes et tous expérimenté les pleurs. Mais parmi les autres manifestations constatées : le refus de s’alimenter. Contrairement à la (fausse) croyance qui veut qu’un enfant ne se laisse pas mourir de faim, Maman mais pas seulement nous relate l’histoire d’un bébé qui s’est purement est simplement laissé s’affamer parce qu’il ne voulait pas être sevré du sein de sa mère… Une « fissure » de cet attachement sans doute trop violente qui l’a mené à l’hospitalisation. J’ai moi-même connue une enfant qui, ayant l’habitude de prendre les repas avec son papa, a cessé de manger purement et simplement lorsqu’il a dû s’absenter pendant 15 jours, comme si la nourriture était l’un des pivots de l’attachement…

French Girl in London nous parle elle, du problème inverse : l’obésité infantile, à travers le cas de parents accusés de ne pas contrôler l’alimentation de leurs enfants effectivement en fort surpoids. L’attachement joue ici un rôle morbide à travers la nourriture. Et pourtant la séparation pure et simple ne résoudra pas le problème : comme si l’attachement continuait de produire ses effets néfastes même en l’absence du parent… Cette trace de l’autre, nous la portons tous en nous… même en l’absence de nos parents. Quant à la question de la nourriture, je reste convaincue qu’elle véhicule l’amour ou non que les parents nous portent et qu’elle représente souvent un enjeu autre que celui de simplement se sustenter.

D’ailleurs, le début de cet attachement ne commencerait-il pas dès la naissance, justement lors de la première tétée, le premier plaisir donné par la nourriture ? Un moment magique dont nous parle Histoires de nombril avec beaucoup de douceur et d’émotions et qui vient finir ici ce débrief au sujet à mon sens complexe et qui encore une fois mériterait des approfondissements pour en saisir la réelle portée.

Bilan de la crèche : je sais plus où je crèche…

14 sept

Après 15 jours de familiarisation avec la crèche, je ne sais plus où j’en suis.
Ma Zouzou pleure mais est contente de voir "les fenfants". Elle y va avec le sourire et avec plaisir.
Ce midi elle n’a rien mangé : cela n’était pas arrivé en 21 mois. Ce n’est pas une gloutonne, elle met trois plombes mais elle mange quand même volontiers.
Elle n’a pas dormi, ce qui est souvent le cas l’après-midi depuis le début de la crèche…

Bilan : elle est crevée et moi aussi.
Je me pose des questions, des tonnes de questions.
Est-ce que je fais bien ? Est-ce bon pour elle d’aller en crèche ? Est-ce que c’est obligé que la sociabilisation soit difficile ? Ai-je pris la bonne décision de retravailler ?
Est-elle perturbée à cause de la crèche ou parce qu’elle passe une grosse phase d’acquisition du langage ?
Si elle n’est pas en retard sur le langage l’est-elle ailleurs ?
Et son refus de manger, c’est pour dire "je veux rester un bébé" ou "je veux que tu t’occupes de moi", je dois faire en sorte qu’elle mange seule ou pas ?

Pourtant, elle parle des autres enfants (enfin, juste un, un certain Paco…).
Pourtant ce matin elle me disait "toute seule" quand je lui disais qu’elle allait à la crèche.
Pourtant dans le couloir pour aller dans la salle des "Scoubidous", elle est toute guillerette et quand on rentre, je n’existe plus… enfin ça dépend des jours.

Comme d’habitude, je suis une cruche : je n’avais pas prévu ça. Que ça serait aussi chamboulant pour moi, voire plus, que pour elle.

J’espère juste que tout va se régler petit à petit…

Encore une preuve qu’être parent, ça s’apprend tous les jours, et que chaque étape a ses difficultés.

Je crois qu’on n’est pas prêt de s’ennuyer !