Le plus dur en ce moment pour moi, c’est d’avoir 20 mois d’âge mental. Je m’explique, je me demande souvent : "Mais qu’est-ce qui se passe dans la tête de ma Zouzou".
Quand elle fait des colères.
Quand elle a un gros chagrin.
Quand elle a une grosse frustration.
Euh, rectification : quand je pense que elle est en colère ou a une grosse frustration.
Parce que de là à dire que c’est effectivement ce qui se passe, il y a un monde.
Un monde auquel Filliozat, encore elle, décidément, nous permet de toucher du doigt. Dans son très bon "J’ai tout essayé" que Baby Pop m’avait conseillé. Et que j’ai toujours sur ma table de chevet (au milieu des milliers d’autres livres que j’ai prévu de lire bien sûr…).
Pas besoin de vous présenter Isabelle Filliozat, tout le monde connaît, ni le livre, qui semble être en passe de devenir un best-seller chez beaucoup de mamans.
Pour la faire courte : le livre présente des conseils pour parler à son enfant et gérer les crises entre 1 et 5 ans grâce à des situations illustrées : extra !
Et l’autre jour en m’y replongeant pour la énième fois – j’ai la mémoire courte, appelez-moi Dory, l’acolyte de Nemo – ça a fait tilt. Le gros plus du livre par rapport à des Brazelton et autre "Tout se joue avant 6 ans", c’est d’expliciter ce qui se passe chez l’enfant – au niveau des émotions par exemple, notamment étayé par des arguments scientifiques (je pense notamment à l’anxiété, manifestation émotionnelle et physiologique), à tel ou tel âge ; et surtout ses aptitudes. Par exemple : "Il n’écoute pas quand on l’appelle" p.80. Filliozat explique qu’obéir à un ordre est quelque chose de compliqué et que souvent l’enfant est "totalement absorbé par sa tâche. Si le jeu est un loisir pour l’adulte, c’est une activité très importante pour l’enfant, source d’apprentissage et d’élaboration des réseaux". C’est un peu comme si en pleine dissert’ sur le mythe de la caverne de Platon, on te disait "tu ranges ta chambre". Et ta réaction serait "hein quoi ? quelqu’un m’a parlé ??".
Idem dans : "Il fait des bêtises". Ce mot, comme "caprice", je préfère les exclure de mon vocabulaire pour le moment. Car cela serait mettre de mauvaises intentions dans ma Zouzou. J’ai toujours compris que les enfants ne font pas des bêtises, du moins pas sciemment à cet âge-là. Sans doute parce que je me souviens très bien de mon enfance. L’enfant expérimente son environnement. Comme le dit Filliozat "il s’agit surtout d’exercer sa coordination motrice (…) il n’a pas la possibilité d’inhiber seul ses impulsions (…)" Et quand on comprend cela, on se trouve tout à coup un peu immature de lui gueuler dessus quand il fait tomber un verre ou qu’il dessine sur la table du salon…
Tout ça pour dire : n’oublions pas que le petit d’homme ne fonctionne en rien comme nous. Son cerveau est immature et la gestion des émotions est un long apprentissage. S’il on veut le comprendre et savoir comment (bien) réagir, mettons-nous à sa place.
Essayons de le regarder avec un œil candide… même s’il semble vouloir nous faire tourner chèvre à longueur de journée !
(4e contribution aux Vendredis Intellos de Mme Déjantée)








