Archives de Tag: fatigue

Le jour et la nuit

23 mai

Il est passé où ton sourire ?
Je l’ai rangé dans un placard,
Sous des couvertures de fatigue,
À côté de la pile des mots doux.

Je l’ai rangé en attendant des jours meilleurs,
Quand je pourrais mettre mon manteau de compréhension,
Parti ailleurs pour une destination inconnue,
Rejoindre sans doute des heures de sommeil perdues.

Je dois lancer des investigations
Avant de perdre sa trace totalement,
Sinon je risque de ne plus la trouver
Et finir par l’oublier.

Qu’as-tu fais de ta joie de vivre ?
Je l’ai laissée filer entre mes doigts,
Comme le sable du marchand de sommeil.
Je l’attends impatiemment, sur le palier de ma tristesse.

Et ta patience ? Tu en as fait quoi ?
Je l’ai passée à la machine,
Par inadvertance, sans faire attention.
Elle a rétréci comme une peau de chagrin.
Il ne m’en reste qu’un petit bout rabougri.

Et où as-tu laissé les choses qui te faisaient vibrer ?
Dans une autre vie, que je ne regrette pas mais où au moins j’étais moi, enfin.
J’avais trouve le chemin de mon bonheur.
Sa clé est tombée au fond d’un puit rempli de mes larmes quotidiennes.
Je sais où elle est, il faudra juste du temps et de l’énergie pour la récupérer.

Mais où es-tu donc passée ?
Je me suis perdue dans le sourire de mon fils et dans les pleurs de ma fille.
Mon couple est un champ de ruine à l’image de ce corps que je peine à accepter.

Je vis en survivant à ces nuits courtes et entrecoupées, suspendant tout le monde à ma fatigue.
Je n’aime pas celle que je suis en ce moment mais je garde celle que j’étais en tête, pour ne pas oublier que tout ça n’est que le masque de fatigue, que le carnaval des ombres cessera, que la vie vue sous le prisme de mon manque de sommeil n’est pas la réalité.

Bientôt je reviendrai, je serais à nouveau moi, douce et gentille, compréhensive… Passionnée, pétillante et heureuse de vivre.
Mais quand ?

20130527-100733.jpg

Alors, c’est comment une deuxième grossesse ?

17 sept

Même si des fois je peine encore à le croire – et ce malgré les coups que me donne déjà la crevette -, je suis enceinte pour la deuxième fois.
Ma première grossesse s’était déroulée sans problème majeur. Du stress dû au boulot, un déménagement en pleine canicule à 4 mois et demi de grossesse, des milliers d’aller-retours à Ikea et Leroy Merlin… ont failli avoir raison de moi. Col ramolli à 6 mois de grossesse, contractions quotidiennes… Mais je n’ai pas été arrêtée. (La gynéco disait que ce n’était pas grave une naissance à 32 semaines… hin hin hin.) Congé patho supplié et puis c’est tout. Je serais presque restée encore enceinte quelques semaines quand ma Zouzou a décidé de montrer le bout de son nez.
Accouchement nickel, quoique rapide.

Là, cette deuxième grossesse, je le sens, elle est différente. Même si mes nausées ont été moins intenses que pour ma Zouzou, elles ont duré… un bon mois et demi. Avec une fatigue assortie à mes cernes. Des insomnies et tutti quanti. Enceinte aujourd’hui de 3 mois et demi et des patates, j’ai toujours la gueule en biais. Avec plein de boutons en plus. Merci les hormones !

Alors que mon ventre se recouvre discrètement d’un joli duvet brun – chouette ! – mon ventre pousse doucement… mais sûrement. J’ai actuellement le même ventre qu’à 5 mois de grossesse pour ma Zouzou. Je ne sais pas comment je vais finir… En roulant sans doute.

Et puis ce qui est frustrant pour cette grossesse, c’est que j’ai à peine le temps d’en profiter : le temps passe tellement vite qu’on a à peine le temps d’en discuter avec l’Ours. Et du coup à rentrer dans cette grossesse. Je suis sans doute un peu impatiente… Mais le temps court. Hop hop, et on sera déjà en février ! Je le sais ! Le paradoxe du temps qui file mais que l’on aimerait aussi accélérer.

Alors je suis moins angoissée que pour ma première grossesse : pas de psychose sur la toxo, sur… ben c’est tout en fait.
Parce que là, y’a une Zouzou à s’occuper : j’ai peur de ne pas assurer.
Y’a de l’argent à gagner : pas de salaire assuré chaque mois… ni pour moi ni pour l’Ours.
Que j’ai peur de le perdre cet enfant, plus que le premier : maintenant, je sais ce qu’est l’immense bonheur d’avoir un enfant, ce bonheur qu’on ne peut connaître par ailleurs. Et je sais qu’il est précieux. Je sais que ce petit bout, je l’aime déjà, même si j’ai peur de moi, de ne pas réussir à l’allaiter, à être assez là pour lui et sa grande sœur, pour mon couple, pour moi… Le reste de la famille peut bien attendre. J’ai de nouvelles priorités : les miennes, les siennes, les nôtres. Réussir à tout allier, c’est un gros challenge… Trop gros pour moi ?

J’ai peur que tout ne se passe pas bien durant cette grossesse, à la naissance. J’y pense… et puis j’oublie.

Entre bonheur et soucis, je l’aime déjà ce petit.

Chaque jour suffit sa peine

20 août

Ô toi fidèle lectrice (et lecteur, rêvons de parité ici;)), je te préviens. Ce billet est déprimant. Il est uniquement destiné à libérer mon trop-plein d’hormones de femme enceinte.
Il pourrait dissuader bien des femmes à enfanter.
A ne pas mettre entre tous les yeux.

Oui, je suis contente de m’être à nouveau reproduite.
Oui, c’est trop bien.

Mais putain, il me tarde déjà que ça soit fini.
Le temps passe vite mais pas suffisamment à mon goût.

J’en ai marre d’avoir le visage d’une adolescente, entre "fille perdue, cheveux gras" et Calculator, le premier qui me dit que je resplendis, je le mords.

J’en ai marre d’être enceinte et que d’avoir que les mauvais côté : énergie d’une limace agonisante, seins douloureux, nausées, fatigue.
Et puis je le sais que je suis enceinte, mais ça se voit pas vraiment.
Disons juste assez pour que les gens me soupçonnent d’alcoolisme notoire essentiellement entretenu par de la bière. A la limite, ils peuvent penser que j’ai un peu forcé sur le chili con carne à midi.

Et puis, je l’ai vu ma crevette, elle va bien : mais c’est quand que je la sens gigoter ? Hein ?
Je sens bien des petits "pokes" de temps en temps. Mais qui dit que ce ne sont pas mes intestins ?

Et puis tout m’écœure ou presque : pas de chocolat, le fromage c’est limite, même les sushis me dégoûtent vite. Non mais sans déconner ??!!

Et si pour certains la torture c’est écouter en boucle du Nana Mouscouri, pour moi, c’est d’aller faire les courses. Laisse-moi au rayon bonbon, biscuit ou chocolat, et là c’est le summum de l’insoutenable.
Et quand j’ai trouvé un aliment qui me met vraiment l’eau à la bouche… je peux à peine en manger : ben ouais, mon estomac ne digère rien. Une figue et je me sens pleine à ras bord.

Quand à la fatigue, comment dire, une belle garce celle-là. Elle me fait dormir la journée (quand sa sérénissime Zouzou accepte de dormir lors de la sieste) et me maintient éveillée la nuit, au choix, entre 2 et 4 ou entre 5 et 7. Les jours de chance je me retrouve les yeux ouverts entre 1h30 et 6h – j’en profite pour réfléchir à TOUT, genre mon entreprise, trouver des idées pour la booster… J’accumule une fatigue astronomique. C’est bien, ça m’habitue pour la naissance. Enfin, je me mets secrètement à rêver à la naissance : au moins les hormones devraient laisser intact le peu de temps que je trouverai pour dormir…

Bon, la très bonne nouvelle, c’est que demain, je suis à 12 semaines de grossesse.
Que le 27, je serais à 3 mois pile poil.

Donc les coups de pompes devraient enfin passer.
Normalement hein.

Allez, mon poste coup de gueule est passé.
Tu peux retourner à ta vie normale.
Toi. Moi, je vais aller m’effondrer sur mon canapé et laisser couler un filet de bave sur l’un des coussins qui l’ornent et qui me connaissent si bien, intimement même ces derniers temps, que ça me plaise ou non.
C’est soit ça, soit je décède de fatigue.

Ben voilà, l’idée de la cigogne qui apporte le bébé, ça m’arrangeait hein : pas de vergetures, pas de nausées…