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A la (ra)masse

19 nov

Dans une ancienne vie, je devais être une marmotte. Si j’ai pas 10 heures de sommeil, j’ai la tête dans la vase et l’esprit embué toute la journée. Quand j’ai commencé à travaillé après mes études, j’ai compris que socialement, avoir le rythme de ce petit animal n’avait de sympathique que l’idée. Oui, une marmotte c’est mignon tout plein… sauf que quand elle a pas dormi, elle ressemble plutôt à un gremlin.

Quand je suis tombée enceinte, avant même que je fasse apparaître un petit trait rose sur un stylet plein d’urine, outre le fait que je rêvais de bonbons et de macarons (avant cela, moi, la gourmande de service, cela ne m’était jamais arrivé de ma vie, jamais ! Bon, depuis c’est resté ^^), je me réveillais la nuit. Hop, en fin de cycle, à 2h, j’ouvrais les yeux tel un lapin pris dans les phares d’un camion.

Ce problème ne s’est pas arrangé depuis. Si je pouvais temporiser cet effet de fatigue assommante en ayant des week-ends de 3 jours jusqu’à dernièrement, j’ai désormais repris le travail à 100 %, du lundi au vendredi, de 8h à 16h. Avec une heure de levée à 6h30… Et de coucher officiellement de 21h, officieusement 23h… Faites le calcul et vous comprendrez le nombre d’heures de dodo qu’il me manque par semaine. Je ne suis certes pas la seule à devoir rattrapper quelques 254 632 heures de sommeil, mais le pire, c’est que ma Zouzou dort la nuit, oui, vous lisez bien, pas de réveil. Depuis qu’elle est née (bientôt 1 an d’ailleurs… euh, j’ai juste eu un malaise vagal en fait en y pensant <_<), on a dû passer à peine quelques nuits pourries (pour les tétées), dont 3 où c’était chaud avec des pleurs pendant 3 heures, mais c’est tout ! Les dents : elle dort ! Elle perce pendant son sommeil. Elle n’a pour le moment pas été malade (je touche du bois hein). Le seul truc c’est que des fois elle a ses pieds coincés dans son pyjama, comme l’autre jour, où elle râlait à 5 heures du mat’ dans un demi-sommeil et moi je pestais du plus profond de mon cœur sur le concepteur du-dit pyjama de merde. Je ne peux même pas m’attirer la compassion des collègues en disant que ma Zouzou a été trèèèès malaaaade cette nuit et que du coup je suis à la masse. Non, je peux même pas dire qu’elle m’appelle la nuit, comme le narre l’excellentissime Nathalie Jomard dans l’une de ses dernières notes de blog illustrées qui m’a fait rire aux larmes… (et trembler jusqu’au fond de ma culotte en me disant que cela pouvait aussi m’arriver un jour à moi…).

Et si en plus pendant le peu d’heures que je dors, si mon sommeil était de qualité j’irais baiser les pieds d’un mammouth galeux. Mais non : je me réveille toute seule, comme une conne… Et avec la reprise à 100 % je le sens un peu dans les dents. Quand je me dis que bientôt ma Zouzou pourra se réveiller, faire des terreurs nocturnes ou des cauchemars, avoir de la fièvre, je ne sais pas trop si je pourrai en sortir vivante. (Vous pensez que ça existe des épitaphes "Morte de fatigue" ?)

Et vous, vous gérez (pas) comment ??

7 mois, émois, et moi

13 juil

Voilà 7 mois et demi que ma Zouzou est parmi nous. Chaque jour passe et ne se ressemble pas.

Il y a un an, je commençais à bien la sentir bouger, là, au creux de mon ventre. Je m’en rappelle comme si c’était hier : des petits papillons, comme des bulles… ou des gaz (oui c’est un peu moins romantique ^^). Une sensation bizarre et assez incroyable… Une étape importante dans la grossesse et dans le chemin pour devenir mère. On se rend compte que ce petit être qu’on a vu à l’échographie est vraiment là, dans notre ventre, et qu’il vit et grandit chaque jour et que l’on a un lien déjà indéfectible avec lui. Et pourtant, malgré cela, on n’imagine pas un instant que notre vie sera à ce point-là changée à jamais.

Il y a un an je n’étais pas celle que je suis aujourd’hui. Depuis la naissance, je ne suis plus vraiment la même. Et c’est pas plus mal. Avoir un enfant, ça remet les compteurs à zéro, ça remet tout d’équerre, et ça nous pousse à aller à l’essentiel. Je ne pense plus à hier, ni vraiment à demain, je vis au jour le jour, le moment présent, dès que je peux… et puis de toute manière je suis trop fatiguée pour penser à autre chose !! On se tourne vers l’essentiel : sa petite famille, les amis, le sens de notre vie. Le reste, c’est de la perte de temps, de la pollution pour le bonheur !

Mais cela ne m’empêche pas de semer par-ci, par-là quelques précieuses minutes à me poser la question : mais qui es-tu vraiment aujourd’hui ? Tu es maman, femme et maîtresse, amie, fille, soeur… Derrière tous ces rôles qu’il faut endosser et avec lesquels il faut composer qu’est-ce qu’il reste pour soi ? Reprendre le travail alors que son petit bout a 3 mois, que l’on a pas réalisé que l’on a accouché, que l’on a pas adopté un rythme, que l’on connaît à peine ce petit être que l’on a porté 9 mois et que l’on doit déjà quitter pour gagner sa vie… ce n’est pas humain et cela ne facilite pas le travail pour se retrouver soi. Notre société va vite, trop vite et ne laisse pas la place à l’humain… de prendre sa place. Le lien mère-enfant ne se fait pas en un clin d’œil, parfois, mais pas forcément. Il se tisse petit à petit. Et comment rencontrer l’enfant si on ne le voit que 2 heures par jour ? Comment se redécouvrir autrement, un peu la même mais pas tout à fait ? Entre deux bus ou à la pause café ?

Alors je sais que certains diront : "C’est la vie." La vie, c’est ce qu’on en fait. Et moi, ce n’est pas ce que je veux. La vie est trop précieuse pour qu’elle s’émiette inexorablement dans mes mains. Non, la vie ce n’est pas ça, la vie c’est fait d’amour, et de relations humaines. Et non pas de planning, de rendement, de timing ou de retours sur investissement.

En tout cas, je ne sais pas si je me perds ou me retrouve, mais je sais que j’ai envie de changement dans ma vie… Comme une envie de mettre un coup de bulldozer dans ce train-train. Mais ça, c’est sûrement aussi le double effet Zouzou ^^ Alors en entendant de me trouver vraiment, je creuse, je creuse, et je lance un avis de recherche.