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Les batteries d’amour

14 juin

Ma Zouzou, elle a une batterie d’amour greffée dans son petit cœur.
Cette batterie, y’a plein de choses qui la vident : les chagrins, les autres, les siestes qu’elle fait sauter, les contrariétés, le bruit, les trop-pleins d’émotions, le temps loin de moi, sa maman.

Et quand on se retrouve, après une nuit à dormir, une matinée ou une petite journée à la crèche, cette batterie clignote, l’air de crier "alerte alerte".

Ma Zouzou, quand cette alarme résonne en elle, elle me colle.
Elle me colle pendant ma douche, aux toilettes, quand je fais à manger ou que j’étends une lessive, suivant le moindre de mes mouvements.

Encore ce matin, je lui faisais un câlin alors même que je faisais pipi…
Histoire de remplir un peu sa batterie, jusqu’à la dernière goutte.

Et quand la batterie ne se remplit pas assez, on prend le temps de se câliner, se toucher, se bisouiller.
Je la porte, je la prends à bras.

Elle met sa tête sur mes seins, à même la peau, la main dans mon décolleté.
Elle est bien là au chaud, pendant que ses batteries se rechargent, parfois bercée par une chanson douce que l’on chante ensemble, comme un mantra qui rassérène.

Et une fois qu’elles sont pleines à bloc ces batteries, gonflées à 100 %, je vois ma Zouzou repartir enfin à ses activités, plus ou moins seule, sous mon regard bienveillant… jusqu’à ce que la batterie se décharge un peu, au bruit du magasin installé en-dessous de chez nous ou du camion qui vrombit un peu trop fort.

Si tu cherches bien, toi aussi tu as des batteries à amour que t’as besoin de remplir ;)

Du plaisir d’être porté

17 avr

Des fois, dans la journée, quand je suis avec ma maman, c’est le bazar dans ma tête et dans mes émotions. Quand c’est comme ça, j’ai besoin de ma maman à moi pour me calmer.
Mais, elle, elle a plein de choses à faire et moi, j’aime bien quand elle est avec moi.

Alors, souvent, elle prend son écharpe magique : celle qui me permet d’être dans ses bras tout en lui laissant ses bras libres.

Et moi, j’adore quand on est comme ça, toutes les deux.
Je me sens bien, en sécurité.
Et je crois qu’elle aussi elle aime bien : elle me le dit.
Je suis bien calée sur sa hanche, l’écharpe bien passée sous mes cuisses, le dos maintenu, les doigts dans ma bouche, et ma main sur son épaule.

Puis c’est bien pratique pour faire des câlins, ni vu ni vu.
Oui parce que je suis grande moi, j’ai bientôt 30 mois, faudrait pas qu’elle croit que je suis son bébé ma maman.
Même si je suis bien dans ses bras et qu’elle me fait des câlins quand je lui dis que je veux être dans son ventre.

Alors des fois, je rentre mes bras dans l’écharpe, et je mets mes mains au chaud, autour de sa taille, et je respire son odeur et sens battre son cœur.

Depuis quelques temps, ma maman est comme une folle : elle arrête pas de dire à mon papa que le porte-bébé a l’air génial, que pour les rando ça va être top, et que même cela servira aussi à côté.
Je sais pas exactement de quoi elle parle, mais je crois que ça a l’air sympa.
Et que je vais aimer ça :)

(Si tu doutes que le portage c’est la vie, va lire le billet de Nad’In’Box)

Retourner bosser à la fin du congé maternité : oh purée !

27 fév

Dans la vie, j’ai une mémoire des saisons, du temps qui fait (oui, plutôt totalement inutile en fait), des émotions. Là, il y a un an, je sais exactement comment je me sentais. Ambiance temps pourri, froid, et retour au boulot après 10 semaines de congé maternité post-accouchement et une semaine de vacances. Je lisais dernièrement sur le blog de Mère Bordel son "non retour" au turbin. Et purée (oui purée, j’apprends à plus dire "putain" à tout bout de champs because of the Zouzou qui commence à tout répéter, et puis j’ai pas particulièrement envie qu’elle parle comme une poissonnière… euh ouais comme moi en fait) ça m’a retourné le bide. Ben oui, il y a un an, le 23 février, je reprenais le taf. Le jour où ma Zouzou faisait trois mois. On m’aurait piétiné le coeur avec des sabot ornés de clous que ça aurait pas fait plus mal. J’avais pas vraiment le moral, vraiment pas.

A qui en parler ? Qui peut comprendre ? "T’as envie d’être mère au foyer ?" Non, juste de passer un peu de temps avec ce tout-petit être.

Les semaines suivantes, mon corps m’a crié à… corps et à cris ce que mon esprit ne voulait pas accepter : laisser ma Zouzou pour aller bosser. Herpès, érythème polymorphe, fatigue, j’ai tout eu. J’ai somatisé à fond. Quelle violence pour moi de laisser mon petit bout, que je venais à peine de mettre au monde, qui venait à peine de me faire maman. Je ne la connaissais pas, je ne me connaissais pas. Et au moment où nous devions lier connaissance, avec les premiers sourires, après un premier trimestre plutôt hard… j’ai dû retourner bosser. Pendant des mois j’avais le cœur serré, pendant des mois j’ai culpabilisé, pendant des mois j’ai déprimé.

C’est déjà difficile de devenir maman, alors comment le devenir vraiment un quart de la journée ?Je n’ai jamais voulu ça : avoir un enfant pour le laisser grandir chez une nounou. Je voulais avoir un enfant pour le voir grandir… au moins les premiers mois.

Deux heures, je voyais ma Zouzou deux heures par jour. Oui, je sais, y’a pire, je ne travaillais pas à la mine non plus. Mais c’était plus fort que moi : j’avais les tripes qui se nouaient, la gorge qui se serrait, le cœur qui explosait.

Pas possible de mettre de l’argent de côté, pas possible de vivre des misérables 500 € de la CAF pendant 6 mois.

J’ai dû retourner bosser.

Et je ne me le suis toujours pas pardonné.

Quand est-ce qu’on va vraiment pouvoir laisser le choix aux femmes de rester avec leur petit bout si elles le souhaitent ? Leur offrir un revenu décent ? Quand est-ce que l’on va arrêter de trouver ça normal de retourner taffer même pas 3 mois après avoir accouché ?

Peut-être le jour où les femmes arrêteront de porter le poids de la révolution féministe sur leur dos. "Ah ouais, t’as voulu être l’égal de l’homme ? Ben vas-y assume. Chies-en des ronds de chapeau et fermes ta gueule. Tu l’as obtenu ta liberté ! "

Liberté ? C’est quoi la liberté ? De bosser, de pas voir grandir l’être humain qu’on a porté 9 mois, que l’on a tant espéré ? Liberté de faire des journées doubles et de se ramener au boulot comme si rien n’était ? De continuer à vivre sa vie d’avant alors que RIEN n’est plus comme avant ?

Moi je dis on marche sur la tête.

Même en République tchèque le congé maternité est plus long.

C’est pas juste possible de faire une pause dans sa vie pour materner si on le souhaite. Juste avoir le choix d’être maman à plein temps ?