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"Corneille es-tu là ?" ou comment choisir un mode de garde

10 juin

Y’a comme quelque chose qui cloche dans mon titre. Je ne vois que ça. Mais si, regarde de plus près bigleuse : "choisir". Toi, la femme enceinte derrière ton écran, on te fait croire que tu peux "choisir" ton mode de garde. Partout : dans les magazines, dans les dépliants du RAM (Relais d’assistantes maternelles), à la CAF. Même tes amies s’y mettent : "Tu vas le mettre chez une nounou ou à la crèche ?". Allez, sors tes kleenex, point de choix cornélien à faire : tu ne choisis pas un mode de garde, non, c’est lui qui vient à toi… si t’as de la chance.

Ben oui, quand on y réfléchit c’est pas loin d’être la vérité. Déjà pour s’inscrire en crèche (mode de garde peu coûteux puisque on paie en fonction de ses revenus entre moins d’un euros de l’heure à moins de 3 euros maximum) : songez-y dès les premiers signes de grossesse ! La première nausée : hop, appelez votre mairie pour connaître les crèches qui existent dans votre ville. C’est le temps nécessaire pour prévoir de mettre votre enfant en crèche, si vous reprenez le travail, à ses 3 mois, soit un an plus tard. Si vous avez une place bien sûr. Car cela ne va pas de soi, mais pas du tout ! Je me rappelle quand j’ai voulu trouver une crèche, j’ai appelé celle du centre-ville de Bordeaux où j’habitais alors, et on m’a dit : "Votre enfant est donc inscrit sur liste d’attente". Suuuuupperrrr ! Comme je suis curieuse j’ai demandé en quelle position j’étais… Bien mal m’en a pris ! "Il y a environ 300 personnes devant vous". Oui, t’as bien lu ma cocotte, 300 ! En gros t’as plus de chance de gagner au loto que d’avoir une place en crèche.

Donc la effectivement, on choisit pas vraiment la crèche. Associative ou communale, si t’as une place tu fais pas la difficile. Tu réfléchis pas, tu dis "oui".

Même dans les petites villes ce n’est pas simple. J’ai réussi à avoir deux demi-journées à partir de septembre pour ma Zouzou (c’est un début mais peut mieux faire). Tout le monde devrait pouvoir avoir une place. Surtout ceux qui n’ont pas les moyens. Seulement voilà : pas de tri sélectif dans l’accès à une place en crèche. Logique, puisque ceux qui gagnent plus permettent de payer plus que ceux qui ont moins les moyens : cela compense et permet juste que l’infrastructure (sur)vive. L’autre solution ça serait d’ouvrir des crèches. Mais bon, je ne crois pas que ça soit dans la politique budgétaire gouvernementale. Ben ouais : au pire, si t’as pas de place en crèche et que tu ne peux pas payer la nounou, la femme retourne au foyer hein. C’est mieux de dépendre des indemnités de chômage que d’avoir une place en crèche financé par l’Etat… non, c’est vrai <_< Tant qu’il y aura des hommes au pouvoir, les calculs ne seront pas fait en faveur des femmes et donc des enfants… Bref, passons.

Peut-être autre chose t’as fait tiquer future petite maman : le "tu ne peux pas payer la nounou", c’est ça ? Tu te demandes mais combien gagne-t-elle, celle qui aura l’immense privilège de garder ta progéniture, la chair de ta chair… qui vaut si cher ? Et bien compte environ 3,50 € pour les indemnités d’entretien par jour de présence, 3,70 € de l’heure, et 3,50 à 4 € les repas. Ce qui nous fait environ, grosso modo hein je chipote pas, 800 euros par mois pour un temps plein, de 9h à 18h, du lundi au vendredi. Tout ça pour une garde rapprochée et de qualité. Manquerait plus qu’elle morde pour ce prix. Car il y a bien un avantage à avoir une assistance maternelle : c’est un mode de garde qui permet de respecter le rythme de bébé. Si un enfant de 12-18 mois se plaira volontiers en crèche avec plein de petits amis plein de microbes, un nourrisson de trois mois pourra être porté et choyé dans les bras d’une gentille  nounou. Bon, encore faut-il la trouver. Mais ça, ça se fait au feeling : on en voit plusieurs, on pose plein de questions (un interrogatoire s’il le faut, elles ont l’habitude) et on s’écoute. T’as besoin d’une place très bientôt mais celle-là tu la sens pas : tant pis tu passes ton tour. Si tu la sens pas, ton bébé le sentira pas et ça se passera pas forcément bien du coup. On prend son temps. A noter que sur le salaire versé à la nounou, selon tes revenus, tu pourras bénéficier d’une aide de la CAF qui va de 169 à 449 € (c’est le complément de libre choix du mode de garde, une aide qui porte bien mal son nom d’ailleurs hein : libre choix, pas trop. Mais elle a le grand mérite d’exister).

Bon, je te vois la larme à l’oeil là : meuuh non, allez, ça ira. Aussi bien tu voudras finalement rester à la maison avec ton petit (enfin "pourra" financièrement). Et puis parfois on a de bonnes surprises : une place en crèche qui se libère (cela m’est arrivé : deux semaines après avoir repris le travail, j’ai dû décliné donc…), une amie qui te passe le nom d’une nounou extra. Et puis il est pas encore né ce petit ! Heureusement…

Une bonne mère "bis" : et si c’était juste une femme heureuse ?

22 sept

Dans ma quête de ma « maternitude » et de la définition de ce qu’est une bonne mère, après avoir emprunté des chemins escarpés, je commence à trouver une voie plus paisible. Je ne sais comment, mais j’ai eu un flash l’autre jour, un de ceux où l’on se dit : « Bon sang, mais c’est bien sûr ! Comment n’y ai-je pas pensé avant ? » Je retiens peu de chose dans ma petite caboche toujours en réflexion. Parfois une phrase me revient cependant en tête, un mot, une pensée que j’ai entendu à la radio, à la télé ou dans mon enfance.

Et là m’est revenu à l’esprit une phrase qui va faire déculpabiliser toutes les mamans, celles qui choisissent d’être mère au foyer ou, au contraire, celles qui décident de reprendre leur travail à 100 % alors que leur petit bout n’a que deux mois et demi : une bonne mère est tout simplement une femme heureuse, une femme en paix avec ses choix, qui assume sa situation et qui la vit pleinement. Pas une femme qui s’oblige à rester à la maison avec son petit bout parce qu’elle pense que c’est ce qu’il faut faire même si elle rêve de retourner au travail et d’avoir à nouveau une vie sociale ; ou une femme qui retourne au travail pour des raisons financières alors qu’elle voudrait s’occuper de son enfant juste parce qu’elle estime qu’elle n’a pas mis au monde un enfant pour qu’il soit élevé par une nounou.

Seulement voilà : comment vraiment faire le bon choix en son âme et conscience ? Comment savoir que ce que l’on veut vraiment, c’est aller bosser ou rester en vase clos avec son petit ? Car, disons-le franchement, n’est-on pas cruellement partagée entre son épanouissement personnel et le bien-être de son petit chou. Une dichotomie qui se tasse avec le temps je l’espère… non ?

La société d’aujourd’hui n’aide pas non plus : d’un côté elle prône l’allaitement mais aussi l’indépendance financière des femmes (ce qui n’est pas un mal, attention). Il n’y aurait pas comme un couac là ? La mère parfaite c’est celle qui fait tout : le travail, le manger pour son bébé, le ménage dans sa maison, les câlins avec son chéri trois fois par semaine. Comme un air de foutage de gueule là… Après on dit que c’est les femmes qui se mettent la pression…