7 mois, émois, et moi

Voilà 7 mois et demi que ma Zouzou est parmi nous. Chaque jour passe et ne se ressemble pas.

Il y a un an, je commençais à bien la sentir bouger, là, au creux de mon ventre. Je m’en rappelle comme si c’était hier : des petits papillons, comme des bulles… ou des gaz (oui c’est un peu moins romantique ^^). Une sensation bizarre et assez incroyable… Une étape importante dans la grossesse et dans le chemin pour devenir mère. On se rend compte que ce petit être qu’on a vu à l’échographie est vraiment là, dans notre ventre, et qu’il vit et grandit chaque jour et que l’on a un lien déjà indéfectible avec lui. Et pourtant, malgré cela, on n’imagine pas un instant que notre vie sera à ce point-là changée à jamais.

Il y a un an je n’étais pas celle que je suis aujourd’hui. Depuis la naissance, je ne suis plus vraiment la même. Et c’est pas plus mal. Avoir un enfant, ça remet les compteurs à zéro, ça remet tout d’équerre, et ça nous pousse à aller à l’essentiel. Je ne pense plus à hier, ni vraiment à demain, je vis au jour le jour, le moment présent, dès que je peux… et puis de toute manière je suis trop fatiguée pour penser à autre chose !! On se tourne vers l’essentiel : sa petite famille, les amis, le sens de notre vie. Le reste, c’est de la perte de temps, de la pollution pour le bonheur !

Mais cela ne m’empêche pas de semer par-ci, par-là quelques précieuses minutes à me poser la question : mais qui es-tu vraiment aujourd’hui ? Tu es maman, femme et maîtresse, amie, fille, soeur… Derrière tous ces rôles qu’il faut endosser et avec lesquels il faut composer qu’est-ce qu’il reste pour soi ? Reprendre le travail alors que son petit bout a 3 mois, que l’on a pas réalisé que l’on a accouché, que l’on a pas adopté un rythme, que l’on connaît à peine ce petit être que l’on a porté 9 mois et que l’on doit déjà quitter pour gagner sa vie… ce n’est pas humain et cela ne facilite pas le travail pour se retrouver soi. Notre société va vite, trop vite et ne laisse pas la place à l’humain… de prendre sa place. Le lien mère-enfant ne se fait pas en un clin d’œil, parfois, mais pas forcément. Il se tisse petit à petit. Et comment rencontrer l’enfant si on ne le voit que 2 heures par jour ? Comment se redécouvrir autrement, un peu la même mais pas tout à fait ? Entre deux bus ou à la pause café ?

Alors je sais que certains diront : « C’est la vie. » La vie, c’est ce qu’on en fait. Et moi, ce n’est pas ce que je veux. La vie est trop précieuse pour qu’elle s’émiette inexorablement dans mes mains. Non, la vie ce n’est pas ça, la vie c’est fait d’amour, et de relations humaines. Et non pas de planning, de rendement, de timing ou de retours sur investissement.

En tout cas, je ne sais pas si je me perds ou me retrouve, mais je sais que j’ai envie de changement dans ma vie… Comme une envie de mettre un coup de bulldozer dans ce train-train. Mais ça, c’est sûrement aussi le double effet Zouzou ^^ Alors en entendant de me trouver vraiment, je creuse, je creuse, et je lance un avis de recherche.

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3 réflexions sur “7 mois, émois, et moi

  1. Tu dis tout haut ce que je pense tout bas depuis la naissance de mon premier.
    Ma première grossesse a été la plus belle période de ma vie, tout prenait un sens, ma vie surtout, j’étais utile, je « construisais » mon avenir.
    Et puis il est né, pur instant de magie, déferlente d’amour brut, innondation d’émotions : je suis ta maman petit homme.
    Les doutes qui étaient alors sous jacents sont devenus bien réels, omniprésents. Mais une chose était sûr : je ferai tout pour lui, pour qu’il soit bien, heureux et tout le reste.
    C’est devenu le sens de ma vie.
    Mais en fait qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce que c’est d’aller bosser tous les jours en le laissant à une autre (la nounou) pour gagner de quoi subvenir à ses besoins matériels ? Est-ce que c’est rester avec lui 24/24 pour qu’il se sente toujours en sécurité et reste avec sa maman ? Est-ce que c’est l’emmener au bout du monde pour lui faire découvrir un maximum de choses à l’école de la vie plutôt que dans la cour d’école où il risque de s’en prendre une ou de se faire raquetter ?
    Je n’ai aucune réponse à ces questions ? Et la naissance de juniorette il y a 13 mois a creusé un peu plus le trou d’incertitude dans lequel la maman que je suis s’enfonce.
    Je sens bien que la vie ce n’est pas voiture/boulot/bain/dodo. Mais avons-nous vraiment toute le choix ? et si oui, quels choix s’offrent à nous ?

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    • oui, quel choix? moi je suis avec mon petit bonhomme depuis sa naissance, depuis un an. je l’ai choisi. et devenir une maman à la maison, ce n’est pas socialement valorisant. maintenant je retrouverai bien un autre boulot… oui, je suis d’accord avec toi : doutes sur ma place de maman et celle de femme, d’être humain…

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      • On parle des bouleversements de la grossesse, on dit du bout des lèvres que les premiers temps à la maison sont fatigants, mais quid des mois suivants ? Devenir mère ne s’arrête pas au moment de la naissance, loin de là. Merci pour vos témoignages :)

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