La requéquête du mercredi : « parents qui craquent »

Oh là là là là, je vous vois la derrière tendre la règle pour me taper sur les doigts : ben ouais, mea culpa, j’ai pas fait ma requête du mercredi la semaine dernière. Mais que voulez-vous, je me sens tellement bien avec vous, que le temps passe trop vite… Ouais ok, la lèche ça marche pas. Disons que ma journée de 24 heures a du mal à me suffire en ce moment, à mon grand dam. Du coup allez, je bosse double pour la requête du mercredi de cette semaine. On range les clairons et les cotillons, on remise les langues de belle-mère et les pouêt-pouêt au placard, parce que c’est du sérieux. La requête c’est « parents qui craquent » en version corrigée. Pour compléter la requête un peu sous-entendue « comment éviter de craquer ». Parce que ouais, tout le monde y passe un jour, sans exception. Ou alors jette-moi la première pierre Pierre. Allez, range ton clown, ce soir c’est du lourd.

Ben oui, tout le monde le vit un jour le pétage de plomb avec nos mômes, bébé, petit, pré-pubère ou ado : on y passe tous !! TOUS autant que nous sommes. Ou alors t’es pas humaine. Ou très très bien entourée.

Nourrisson, quand c’est le premier enfant, la fatigue qui s’accumule, les questions qui se bousculent, le doute, l’entourage qui te conseille (sans que tu ne demandes rien bien évidemment) et hop c’est la fontaine assurée ! Oui c’est dur les trois premiers mois, t’en chie des ronds de chapeau (avec les points de l’épisio c’est sympa d’ailleurs), tu sais plus où t’habites, qui tu es vraiment, qui est ce petit être, ce qu’il veut (mais il veut quoi bordel ?? il a mangé, roté, dormi, il est propre, ça fait deux heures que je le porte, JE FAIS QUOI ??). Qui n’a jamais ressenti cette grande solitude devant ce petit bout qui pleure désespérément, inconsolable ? Moi-même je me rappelle après un début de journée très difficile m’être retrouvée à 16h  en pleurs devant ma Zouzou qui avait pleuré la moitié de la journée, la fourchette à la main, le plateau sur les genoux : j’allais manger, m’accorder 5 minutes de répit pour me sustenter, elle avait 3 semaines. J’ai pleuré et je me suis sentie nulle, anéantie… Mon Ours était là le soir pour me rassurer, m’épauler. Heureusement.

Parce que même si tout le monde ou presque (eux je ne leur parle pas) connaît un moment aussi difficile, peu en parle. Tabou ? Aveux de faiblesse ? Comment peut-on dire à quelqu’un qui attend un heureux événement que ce sera si dur. Tant que tu ne l’as pas vécu, impossible d’imaginer les ressources que tu devras aller chercher en toi.

Je connais des mamans qui m’ont dit que l’espace d’une seconde, cela leur a traversé l’esprit de passer l’enfant par la fenêtre. Oui on a des pulsions face à tant d’incompréhension… Qu’on se le dise : on est humaine. Et ce n’est pas parce qu’on a ces pulsions que l’on passe à l’acte. Parfois, je me suis dit que ma fille, quand elle était bébé, s’en sortirait mieux sans moi, avec son père. La fatigue… notre pire ennemie.

Puis le bébé grandit et la fatigue peut rester. La pression sociale d’être une bonne mère. La pression de la famille, mère, sœur ou belle-mère, qui oublient elles-mêmes qu’elles ont eu de grands moments de doute. Le stress du boulot, la fatigue qui continue de s’accumuler. Le couple qu’il faut garder… parfois sauver. Puis il y a la période du non à partir de 18 mois, les crises de pleurs vers 2 ans… Et c’est là qu’on craque. Ils en parlaient dernièrement dans un article de presse. Un article salutaire.

Puis il y a les passages à l’acte, la maltraitance, les idées noires, la dépression.

Bon ok, je vais loin, mais cela arrive, même aux meilleures, j’en suis sûre. La parentalité nous pousse parfois dans des retranchements, extrêmes.

Alors, on fait comment pour ne pas craquer quand on est parent ?
– On prend les devants : fatigue accumulée = pétage de plomb assuré. Si l’être humain a besoin de dormir, c’est bien pour quelque chose. Parmi les pires tortures que l’on peut lui infliger : le priver de sommeil. Saupoudré du stress de jeune parent ou celui du parent au bout du rouleau nerveusement, un cocktail explosif ! On dort dès qu’on peut : pendant la sieste du petit, on se lève le matin le week-end à tour de rôle pour pouvoir faire au moins une grasse mat’. Se coucher tôt : oui, c’est la bonne solution… Mais entre 20h et l’heure du coucher, c’est un peu le seul moment où on peut avoir un semblant de vie sociale (oui, là, comme moi). Mais de temps en temps, extinction des feux comme au collège, à 22h max.

– On délèèègue ! Oui on fait tout mieux que son homme. Mais laissons lui sa place. On a besoin de lui. Pour de vrai ! On partage les tâches et on essaie de se répartir de manière égalitaire celles qui sont désagréables (se lever la nuit, faire à manger, le ménage…).

– On se trouve une baby-sitter dès les premières semaines de vie du gnome. Et on sort à deux, histoire de décompresser. Pour de vrai.

– On s’entoure de la famille, si ça se passe bien, et on refile le « bébé » : quel que soit l’âge auquel on arrive à passer le cap, même si c’est deux heures, c’est bien. On évite cependant de le laisser pour la première fois à 9 mois, âge où la peur de la séparation peut-être une véritable angoisse, hein.

– On se confie à son amie de confiance elle aussi maman ou douée d’une compréhension hors du commun, on essaie de se faire épauler par son homme. Parler, parler, parler : je dis toujours « ce qui sort ne pourrit pas dedans ».

– Tu appelles AlloParentsBebé au 0 800 00 34 56 : ils sont là pour t’aider, et ne te jugeront pas.

Et puis sinon, ben je suis là, alors t’hésites pas ;)

Et puis si tu craques, c’est juste la preuve que t’es humaine. J’envisage même à titre personnel d’acheter des parts chez Kleenex : je sais déjà que l’avenir me réserve d’autres craquages, d’autres larmes de peine, de peurs, mais aussi de joie.

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10 réflexions sur “La requéquête du mercredi : « parents qui craquent »

  1. encore un article très bien écrit!
    il faudrait que je suis tes conseils. ma fille aura 14mois le 19 et depuis quelle est née jai passé une seule nuit sans elle, 2 pti restos sans elle et 3 demi aprems sans elle.
    la dernière fois jvoulais m,acheter une fringue car jai rien acheté pour moi depuis plus de 2ans et bien jai rien trouvé! rien ne me plaisait. jai juste apprécié de m’être fait un ciné avec popcorn et ça cest déjà pas mal non? (ça prouve que jsuis pas en dépression lol)

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  2. Ouai ! je suis humaine ! Ils m’épuisent depuis mardi , et le must a été cette nuit … mais je les aimes à en crever, mais j’ai quand même bien eu envie hier vers 19h15 de tout planter et d’aller faire un tour seule et de respirer de faire un break ( quel mot magique !) Ben pas pu le faire mon homme est rentré une fois de plus vers +/- 20h donc super maman ( on l’est toutes c’est une option en nous ! c’est indépendant de notre volonté )à tous gérer et quand vers 20h45 le silence s’est installé j’ai revécu !
    Mais vivement la prochaine sortie à 2 sans les grumeaux pour recharger les batteries !
    Mais qu’est ce qu’on les aimes mais qu’est ce qu’ils nous bouffent ces petits amours !

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    • Rien ne t’empêche de sortir aussi une fois les petits monstres couchés toute seule ;) Avec des copines, prendre un verre, papoter ;) Une fois de temps en temps, bien sûr, faut bien profiter de son homme un peu ;)

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  3. Moi. Jeune maman, dit merci.
    C’est tout à fait ça, la solitude, les nerfs, le manque de fatigue et d’un coup, pouf, l’envie de tout plaquer, de partir loin en se disant qu’ non, on n’est pas fait pour ça… que c’était mieux avant.
    Mais non, je suis toujours là et d’ès qu’il cligne de l’oeil, je suis toute dévouée.
    Mais en parler… pas toujours facile…

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    • Pourtant ça fait du bien d’en parler, encore et encore :) Toutes ces émotions qui nous tombent dessus ! Faut bien qu’elles s’expriment.
      Être parent au début peut donner envie de faire un retour à l’envoyeur, c’est clair. Mais c’est ça aussi de devenir parent et qui n’est pas facile : accepter, accepter que sa vie est autre, qu’on l’a choisit mais que ce n’est pas simple de l’assumer, qu’on est un peu une autre. Le temps fait ce travail. Et l’amour qui grandira au fur et à mesure que tu connaîtras ton enfant aussi. Laisse-toi le temps. Accepter prends du temps.
      Et si t’as un coup de mou, besoin d’exprimer ou de se rassurer, t’hésites pas ;)
      Courage, Rome ne s’est pas fait en un jour, être maman non plus <3

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  4. En fait, pour pas craquer, ou pas trop, je crois qu’il faut se répéter qu’on fait ce qu’on peut, qu’on le fait bien, et que la mère parfaite, ça n’existe pas. Donc oui, tu peux laisser le petit chez quelqu’un, poser tes fesses à table pour manger même s’il pleure un peu, et j’en passe. Et parfois même, t’as le droit de t’énerver un coup, faut pas pousser quand même. En tout cas, courage à toutes les mères en difficulté.

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    • Merci hellébore. Tu as raison : il est aussi sain de se dire que l’on fait ce qu’on peut, qu’on est une mère suffisamment bonne. Et merci pour tes encouragements :)

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  5. C’est bien de parler de tout cela.

    Ton article est sérieux, pourtant, il m’a quand même fait rire jaune. Car dormir dès qu’on peut, impossible dès que le nombre d’enfant dépasse 1.
    Des coups de blues, des craquages, j’en ai eu avec ma 1ère. L’envie de la fenêtre aussi.

    Et pourtant, crois-moi, ce n’est rien comparé à ce que je vis en ce moment. Actuellement, je ne souhaite à personne d’être dans ma situation. Je sais, il y a pire, mais quand même.
    Je ne gère plus, je ne dors plus, je suis une très mauvaise mère et j’aimerais, si cela était possible, confier mes enfants à des personnes de confiance pendant 1 mois ou 2, le temps de me faire interner et me faire mettre sous petite pilule rose, pour dormir et me reposer.

    Je n’ai plus le temps pour leurs faire des câlins comme il le mérite, et suis tellement stressée que j’en arrive à parler très mal à ma grande souvent, trop souvent. Et je me déteste pour ça, moi qui ai lu des beaucoup sur le respect des émotions de l’enfant, je n’y suis pas du tout, je n’ai plus le temps, plus l’énergie, plus la disponibilité.

    Et pourtant, je fais de mon mieux, mais mon mieux en ce moment, c’est nul.

    Ah oui et le numéro d’aide, attention, parfois ils ne sont pas toujours sympas, pour dire, en raccrochant un coup, j’ai failli sauter moi-même par la fenêtre. Parce que quoi qu’on en dise, mes enfants, je les aime, à la folie, et ne pourrais jamais m’en prendre à eux de cette manière (le fenêtre, le secouage, tout ça). Mais je ne peux pas en assurer de même pour moi-même.

    C’est triste, avant j’étais saine, sereine et équilibrée. Et puis, les enfants, ça dévoile tellement de choses, et surtout nos faiblesses. Et surtout le fait qu’on est SEULE, et que la famille, tout comme la plupart des amis, sont cons et ne servent à rien.

    Désolée pour mon long message, je suis à bout il faut croire aujourd’hui, sortir tout ça m’a en tout cas fait du bien :-)
    Bon je retourne pleurer dans mes couches et mes lessives en retard, et te remercie encore pour cet article si juste et ton franc-parler.

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    • Bonjour mamanblues (mais on se connait déjà :) ), et merci pour ton message et ton témoignage. Merci effectivement d’avoir rectifié certains de mes propos, comme le numéro alloparentsbébé. Merci d’avoir écrit ces émotions que tu ne dois pas être la seule à ressentir.

      Comme une grosse envie de t’aider aussi. Ne reste pas comme ça. Occupe-toi de toi. Prends soin de toi : et peut-être ça passe par une consultation avec un psy, qui pourra t’aider et t’encadrer à faire ton chemin, doucement. Tes faiblesses, ce sont aussi tes forces ;)

      Et le papa ? Absent ? Maman solo ? Tu n’as pas des amies qui peuvent te garder les enfants même deux heures ?

      Tu le dis justement : avant tu étais équilibrée. La naissance d’un enfant et à fortiori de plusieurs chamboule tout, nous met en déséquilibre et cela prend du temps de se relever et de trouver à nouveau, un équilibre, une nouvelle vie.

      C’est le moment de remettre de l’ordre dans tes dossiers à toi, pour toi, pour eux.
      Essaie de trouver une repasseuse, certaines font ça pour une bouchée de pain. Perso, j’ai laissé tombé le repassage : bien plié, bien tassé dans les armoires, rien ne se voit ;)

      En tout cas n’hésites pas, surtout pas : on est parfois bien seule… Mais il y a toujours une main tendue quelque part. Courage !

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