L’autorité parentale et les Français : et moi, et moi, et moi

Je suis tombée cette semaine sur le résultat d’une enquête sur l’autorité parentale publié par TNS Sofres.

J’adore les sondages, mais bon, je me dis toujours qu’on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres. Bref.

Ce sondage m’a interpellée, tout comme Oum, une maman blogueuse, qui l’a laissée tout aussi songeuse que moi… Ou dans le doute : la frontière est ténue.

Tout d’abord voici ce qui ressort, entre autres, de ce sondage :

– « Les trois quarts (76%) des Français considèrent que les parents n’exercent pas assez d’autorité sur leurs enfants, contre 20% qui estiment qu’ils en exercent suffisamment et 2% trop (…)
– Quatre Français sur cinq (81%) ont aussi l’impression que les parents autour [d’eux] ont du mal à se faire obéir de leurs enfants
– 83% d’entre eux [les parents français) déclarent ne pas avoir (eu) du mal à faire obéir leurs enfants »

Que veulent dire ces chiffres ?

Que les parents démissionnent ? Ou que l’on est en train de changer de schéma éducatif ? Ou encore que les autres parents sont les pires jugent pour notre propre travail de parent ?

Et puis, l’autorité parentale c’est quoi exactement ?  C’est  vrai ça. Et puis ce mot autorité, ça fait peur. Un peu Gestapo. On est loin de l’amour… (D’ailleurs, Miss Brownie parle très bien de l’amour et l’autorité, ici.) L’autorité parentale ça ressemble à un pouvoir que le parent peut exercer sur son enfant quand bon lui chante et de manière tout à fait injuste. Je pense que cela doit être près de la définition que pourraient donner mes parents, beaux-parents et beaucoup de personnes des générations passées. Parsemée de ces mots que je haie « enfant sage, obéir, ne pas discuter la décision des parents, que vont dire les autres, tu feras ce que tu veux quand t’auras 18 ans »… et mille autres conneries entendues ça et là.

Selon le droit français, « L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient aux parents jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger en matière de sécurité, santé et moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents doivent associer l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité. »

Ok, donc l’intérêt de l’enfant c’est quoi ? A mon sens : être aimé par ses parents, grandir en sécurité (affective et matérielle), s’insérer dans la société et conserver sa liberté et son libre-arbitre.

Plus facile à dire qu’à faire non ? Sans doute très utopique. Je sais aujourd’hui que je sème déjà des choses en mon enfant pour lesquelles il m’en voudra. Je reste persuadée que les parents parfaits ça n’existe pas. J’essaie de mettre des limites où il faut et ne pas transiger sur certaines choses : « non », dès qu’elle est en danger (et j’essaie de dire « stop » pour les situations sans danger, cf. la méthode de Filliozat exposée dans « J’ai tout essayé ! »), ne pas céder pour ce qui est important (ranger, ne pas braver les interdis qu’on a mis en place, pour le dodo), être polie (on dit merci, bonjour, au revoir). Le point d’honneur : lui apprendre des choses que moi-même je fais. Pour son intérêt je lui montre l’exemple. Sinon, que penser des adultes qui donnent des ordres et ne font pas de même ?

Mais au fond, cet article m’a interpellé parce que je ne sais pas punir mon enfant (et je n’en ai pas envie), j’espère lui mettre les bonnes limites (mais quelles sont-elles exactement), je ne veux pas être un parent tout puissant.

Tout ça pour dire que l’autorité parentale, c’est pas quelque chose de naturel…

Encore beaucoup de questions qui restent en suspend… Ceci est donc ma contribution aux 7e Vendredis Intellos de Mme Déjantée.

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11 réflexions sur “L’autorité parentale et les Français : et moi, et moi, et moi

  1. Pingback: L’autorité parentale et les Français : et moi, et moi, et moi « Les Vendredis Intellos

  2. L’autorité parentale n’est pas inné, tu as raison. D’ailleurs, avec ma soeur on se demande toujours pourquoi malgré tous nos efforts, nos enfants écoutent toujours le papa dès qu’il dit quelque chose et nous, les mamans, c’est comme si nous parlions pour les murs.
    Si je crie, cela n’a aucun effet sur mes doudoux. Il n’y a que le dialogue qui marche entre eux et moi mais parfois c’est fatiguant…

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    • Ah ben tu tapes dans le mille : je me disais ça justement hier. Ma zouzou voulait pas dormir. Quand je lui dis « couche-toi », elle se marre. Quand c’est son père, elle l’écoute… <_< fatiguant parfois oui….

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      • Rapport aux enfants qui écoutent mieux le papa que la maman, ça serait en partie lié à la tonalité de la voix, en tant que femme on monte plus facilement dans les aigus alors qu’une voix grave aurait plus d’effet. C’est succinct comme réponse, mais c’est le souvenir d’une ancienne discussion et je ne me souviens plus des détails !!!

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  3. tiens c’est marrant ici aussi on écoute bien plus vite quand c’est papa qui cause… il me dit que c’est parce que je discute trop…mouais…
    Quant aux limites, elles sont propres à chacun.
    Et pour le sondage, je crois surtout qu’on ne se voit pas faire avec nos gosses et que c’est bien plus facile de critiquer la manière de faire des autres mais je crois qu’on se verrais faire on prendrait parfois peur!! nan?

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  4. Merci beaucoup de ta contribution!!!!
    L’autorité parentale en général et les limites en particulier semblent être un grand thème de ces 7ème Vendredis Intellos!!! Tu as cité Miss Brownie, il y a également Mère Ordinaire et aussi Maman Bavarde…
    C’est une vaste question que j’essaierai de démêler autant que possible dans le débriefing…
    Quant aux sondages, je ne pense pas avoir à rappeler ce que j’en pense… : ça a l’air d’un résultat scientifique, cela fait autorité comme un résultat scientifique mais ça n’est pas un résultat scientifique!!!
    Les gens répondent en premier lieu non ce qu’ils pensent mais ce qu’ils pensent qu’on attend qu’ils répondent (ce n’est pas moi qui le dit mais c’est simplement le B.A-BA de la méthodologie quantitative!!!)… donc on peut faire l’hypothèse que ce qui transparaît dans ce sondage c’est l’ambiance hautement culpabilisante (avec bouffées nostalgiques) de la société française d’aujourd’hui. Je ne nie pas en bloc cette analyse mais je la tempère… et je dis simplement qu’elle est dans l’air du temps… pour le meilleur et pour le pire!!!

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