La famille et les psys : « euh, quoi de neuf docteur ? » (mini-débrief Vendredis Intellos)

Si avant on lavait son linge sale en famille, depuis quelques années, une nouvelle tendance se dessine. A l’image de l’expansion massive des ouvrages de développement personnel, les livres consacrés à la cellule familiale pour soigner les maux par les mots commencent à trouver leur place sur les étals des librairies.

Il semblerait même qu’ils commencent à entrer dans les foyers français, preuve en est ces Vendredis Intellos… pour notre plus grand bonheur.

Avant, pour élever ses enfants, on ne se posait pas de questions : tant qu’il avait un toit, de quoi manger et dormir, ça allait. Lorsqu’à la maison ça se passait mal avec les enfants, on disait qu’ils étaient difficiles. C’était comme ça et pas autrement. Au mieux on en parlait au médecin de famille. Au pire, on laissait couler. Jusqu’à ce que, adulte, on finisse par souffrir de tous ces maux, mais aussi ces mots non dits.

Aujourd’hui, entre les livres et les émissions, on ne peut pas dire qu’on ne sait pas – encore faut-il s‘y intéresser un minimum. Les principales questions, notamment quand on n’a qu’un seul enfant, se posent essentiellement sur notre rôle de parent et sur ce que l’on veut donner comme éducation à son enfant. Pour prendre un chemin différent de nos parents, on a parfois besoin de s’appuyer sur des livres qui font écho en nous. Muuuum nous parle de Dolto et nous fait descendre fissa de notre piédestal de parent, si tant est que l’on y soit arrivé… en abordant le sujet de la vie expliqué (ou pas) à un enfant. Une leçon, plus que de psy, de philosophie.

Cela permet de garder une saine distance avec son enfant, pour lui laisser sa liberté d’être, et surtout la possibilité de devenir un adulte équilibré. Car parfois l’amour parental, notamment maternel, à tout l’air d’un amour fusionnel, formant un couple mère-fille alors autosuffisant… Bon, ça c’est ce que disent les « psys ». Glam Maman, elle-même maman, s’interroge sur la nocivité possible d’une relation proximale avec sa mère et où commence donc la relation fusionnelle. Etre proche de sa mère est primordial, mais le mot fusion évoque plus qu’une complicité, plus qu’une simple proximité. Le mot fusion signifie que la mère et la fille ne font qu’un… Et cela devient dangereux pour la mère, qui se sent perdue une fois sa fille partie du foyer, et la fille qui s’identifie à sa mère et ne peut exister en dehors de sa mère et trouver alors son propre chemin de vie. Un juste équilibre à trouver donc…

Et si un jour l’envie d’un deuxième nous prend, on continue à se poser des questions. Notamment la cruciale interrogation pour laquelle nul parent ne semble avoir trouvé LA réponse : quel écart idéal entre deux enfants ? On a envie de profiter du premier et en même temps on n’a pas forcément envie qu’ils aient 10 ans d’écart. Sans parler que l’on entend tout ! Pas avant deux ans, pas entre 3 et 5, moment de l’Œdipe, pas au-delà de 5 ans. A vouloir bien faire, on en oublie la raison. Les Bebous nous apportent une réponse réconfortante à travers un ouvrage prometteur « Savoir écouter un enfant » : il n’y a pas d’écart idéal ! Chaque famille a son histoire et apporte ainsi la réponse à cette question fatidique.

Et quand le deuxième est né – et plus si affinités -, les réflexions ne s’arrêtent pas là. Au premier enfant qui a essuyé les plâtres, disons-le clairement, succède un deuxième enfant… qui suscite bien des questions d’un ordre tout autre : les conflits. Désagréables, difficiles à gérer, les conflits au sein d’une fratrie sont pourtant nécessaires à mon sens, dans une commune mesure, comme dans toute relation entre humain. Tournicoti-Tournicoton nous donne des clefs ô combien précieuses pour les accompagner calmement d’après un ouvrage de Faber et Mazlish qui à l’air, ma foi, assez génial. Elle met notamment l’accent sur la culture de l’ « individualité » des enfants : « Les enfants n’ont pas besoin d’être traités tous pareils mais d’être traités chacun spécialement. » Alléluia ! En pratique : on co-mmu-nique ! La puissance des mots est insoupçonnable.

Une communication que prône également Isabelle Filliozat. Le silence fait parfois plus de ravage chez l’enfant que des choses difficiles à entendre. Et Trois en deux qui nous présente un passage de « Je t’en veux, je t’aime ou comment réparer la relation à ses parents » nous montre un exemple qu’elle a vécu personnellement et qui vaut bien de trop longs discours.

Mais attention à avoir un regard critique sur ces «psy » de poche et les éclairages qu’ils nous apportent, mais aussi sur les questions (trop nombreuses) que l’on peut finir par se poser pour élever nos enfants. French Girl In London en fait d’ailleurs la démonstration avec cette interview de Marcel Rufo, qui apporte des réponses sur la manière d’éduquer aujourd’hui. Au moindre petit signe, on amène les enfants chez le pédopsychiatre. Rufo, qui dit pas mal de bêtise sur l’allaitement et le maternage entre autres, nous donne un conseil cette fois judicieux pour discerner un enfant qui a des réactions somme toutes normales d’un enfant en souffrance : lorsqu’un trouble se manifestent sous plusieurs formes. Ce avec quoi je suis assez d’accord. Il ne faut pas verser dans l’excès et focaliser sur l’enfant. N’empêche, je préfère un enfant qui va chez le pédopsy pour rien, qu’un enfant qui devient adulte et souffre en silence. Et je n’ai pas l’impression que les parents aient tous ce recul et ne serait-ce que le temps pour prendre rendez-vous aussi facilement chez un pédopsy.

Le recul, voilà ce qui peut nous manquer cruellement à nous, les parents. Les psys nous donnent cette clairvoyance, à nous de l’utiliser intelligemment… et à notre sauce !

(pour lire les autres débriefs des marraines des 9e Vendredis Intellos, c’est par là !)

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7 réflexions sur “La famille et les psys : « euh, quoi de neuf docteur ? » (mini-débrief Vendredis Intellos)

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  2. Le silence tue ! Que ce soit dans un couple ou dans une famille ! comment peut-on être sûr que quelque chose aille ou n’aille pas si on ne parle pas ….
    La vie et les enfants ne sont pas un moule tout fait dont on a le mode d’emploi ! Personne ne nous le donne ce mode d’emploi pour la simple et bonne raison qu’il n’existe pas ! Il ne peut exister car nous sommes tous différents et nous sommes tous uniques. Et quand je dis « nous », je parle des enfants et des adultes et aussi des bébés. A partir de notre conception nous avons déjà notre propre façon de penser et notre propre façon de réagir et personne ne peut changer les choses à part faire une lobotomisation !

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  3. Bravo pour ce débrief!!!
    Je vois que vous commencez toutes à bien vous approprier le format du débriefing et c’est super!!!! L’avenir est donc en marche!! ;)
    A demain pour le débrief général (qui va encore me donner du fil à retordre!!)

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