L’autorité parentale : un miracle en équilibre ? (Mini-débrief des Vendredis Intellos)

L’autorité, ce mot-là, tout le monde l’a à la bouche. L’autorité, c’est ce qui semble définir l’essence même d’un parent (pour en savoir plus sur ce qu’est l’autorité parentale, c’est par ici) et pourtant il n’y a pas plus difficile à définir. Et puis il y a autant de manière de voir cette autorité qu’il y a de parents. Chacun a sa recette en fonction de l’image qu’il a de la parentalité mais aussi de son histoire personnelle.

La première question que l’on peut se poser légitimement c’est « qui exerce l’autorité parentale ? ». Même si la bienséance veut qu’on réponde « les deux parents m’dame ! », parfois, dans la pratique, cela est bien différent… Qu’on le veuille ou non, l’autorité n’est pas exercée de manière équitable et équivalente, bien que l’on souhaite y tendre. MissBrownie nous raconte justement comment, de fait, Mr Réglisse détient l’autorité dans la famille, ce qu’elle appelle la « vraie autorité », celle qui est efficace. Pas facile de tenir ce rôle et de passer pour le père fouettard, mais pas facile de ne pas pouvoir l’investir pleinement non plus. Car bizarrement, quand papa dit quelque chose, les enfants l’écoutent plus que maman… Et ça, c’est rageant (foi de maman !) ! Comment cela s’explique ? Le ton de la voix  ? On pourrait passer à 3 paquets de Gitane par jour pour avoir le même timbre grave que notre cher et tendre…  La conviction avec laquelle on exerce cette autorité ? C’est vrai que plus on voit que c’est efficace avec papa, moins on y croit et c’est le cercle vicieux… Ce qui est sûr : autorité n’est pas autoritarisme, exercer l’autorité parentale n’est pas être dur. L’équilibre n’est pas simple à trouver : mais, à mon sens, être la figure de l’autorité n’est pas incompatible avec des temps plus câlins.

Après qui exerce l’autorité, MumAddict pose la question de : « Comment l’exerce-t-on ? » L’autorité a pour principal objectif d’éduquer l’enfant à la vie en société en lui posant notamment des limites (et en lui ouvrant le champ de la liberté aussi hein). Si l’on sait aujourd’hui que les punitions ne sont pas toujours le meilleur moyen d’inculquer des règles à son enfant – des études ont démontré la nocivité de la fessée, punition corporelle, pointant même du doigt  le fait que cela pouvait rendre les enfants agressifs, voire engendrer un déficit cognitif, la fessée suscitant la peur et le stress -, la récompense ne serait pas non plus bénéfique. Comment cela ? C’est ce que nous explique Mum Addict à travers l’ouvrage « Éduquer sans punitions ni récompenses ». Et si l’on y pense bien, cela est logique. Comment se dire qu’encourager l’enfant à écouter, faire des choses dans l’unique but qu’il obtienne quelque chose est un bon moyen d’éduquer ? Il faut à mon sens que l’éducation soit à l’image de la vie. Même si on a tous tendance, dans un moment de faiblesse, à le faire un jour ou l’autre, ce genre de petit chantage « si tu fais ci, t’auras ça »… La solution qui semble le plus plausible : la communication. Parler, expliquer à l’enfant. Cela a marché pour Mum Addict ! Même si perso j’ai pratiqué cette technique qui connaît parfois ses limites avec certains enfants…

Mais attention à ne pas leur prêter de mauvaises intentions justement à ces enfants, un peu « difficiles », moins « obéissants », et à ne pas leur mettre une étiquette. Clem La Matriochka nous parle justement de ce qui me paraît être la stigmatisation de l’échec de l’autorité parentale sur la personne de l’enfant. Le parent ordonne, l’enfant doit obéir. Si l’enfant n’obéit pas, c’est de sa faute, parce qu’il y met de la mauvaise volonté : plus simple que de se dire que nous, parents, on n’a juste pas trouvé le bon moyen pour que l’enfant comprenne. Beaucoup d’auteurs prônent encore un rapport de force de parents à enfant, notamment en utilisant des vocables dépréciatifs à l’égard de l’enfant : « malin », « malicieux », « caprice » que l’on a pu déjà évoqué au cours de nos pérégrination neuronales des Vendredis Intellos. L’enfant devient ce que l’on dit de lui… S’il on dit qu’il est difficile, il s’identifiera en tant que tel. On ne soupçonne pas la force des mots… Que faire ? Utiliser justement cette force des mots mais à bon escient. Comme Mum Addict, Clem La Matriochka arrive à l’heureuse conclusion que décidément la communication semble la meilleure voie pour exercer son autorité et éduquer ses enfants, et un moyen de les respecter vraiment en tant qu' »être à part entière ».

Car voilà : l’autorité ce n’est pas seulement interdire. On se doit aussi en tant que parent d’ouvrir notre enfant à ce qu’il est, à le laisser exprimer librement l’être qui l’est. Voilà le juste équilibre à trouver dans l’autorité. Car inculquer les règles de vie en société est indispensable. C’est le rôle des parents. Le cercle familiale est comme l’embryon de la vie future en société de l’enfant, qui reproduira le même schéma protecteur… ou pas. Phypa à travers un roman nous parle justement de ces masques que nous devons porter une fois adulte, pour se protéger, pour pouvoir vivre avec l’autre en société. Des masques qui sont très durs à porter si l’enfant que nous étions n’a tout simplement pas pu vivre son enfance pleinement, a eu des blessures. L’autorité, doucement, insidieusement, sous le couvert de l’éducation, peut devenir étouffante et brimer la personnalité de l’enfant. Et de l’autorité à la maltraitance, il n’y a parfois qu’un pas.

Enfin, quand on est parent, n’oublions pas que nous ne sommes pas qu’autorité… nous sommes aussi à la base un couple. Mon Ours dit toujours : « N’oublions pas qu’il n’y aurait pas de Zouzou sans nous. Avant « elle », il y avait « nous » ». Et je crois qu’il est important de cultiver l’existence du couple. C’est ce que nous dit @lly02. Elle nous rappelle que le papa a souvent cette tâche de rappeler à la mère qu’elle est aussi une femme et par là même de nosu recentrer un peu sur notre couple.
Du mal à lâcher prise ? Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour votre enfant ! Je m’explique : beaucoup de pédo-psy sont d’accords pour dire que voir ses parents comme un couple uni sécurise l’enfant. Finalement, en tant qu’exemple, on leur apprend ce qu’est un couple, ce qu’est l’amour entre deux êtres… Alors montrons le bon exemple ;) Calons vite un resto en amoureux avec notre mâle !

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4 réflexions sur “L’autorité parentale : un miracle en équilibre ? (Mini-débrief des Vendredis Intellos)

  1. Pingback: L’autorité parentale : un miracle en équilibre ? (Mini-débrief des V.I.) « Les Vendredis Intellos

  2. Merci pour ce débrief!!! Et bravo aussi: j’aime beaucoup l’articulation que tu proposes entre ces différentes façons d’envisager l’autorité qui pourrait en égarer plus d’une!!!

    Si je puis me permettre, il manque juste le lien vers la contribution de Phypa…

    Allez, faut que je me mette à mon débrief moi!!!

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    • Merci pour ce com. Ravie d’avoir pu faire ce débrief :) Et que cela se ressente. Un sujet complexe mais de bien belles participations qui m’ont ici permis de toucher du doigt une vérité.
      Bon ben pour le lien j’ai fait ma blonde. Rajouté !
      Courage pour ton débrief qui s’annonce passionnant :)

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  3. Personnellement, j’ai beaucoup de mal avec le terme « autorité », je l’assimile trop je pense à l’autoritarisme… On a eu une discussion l’autre jour avec papa-nature, sur le fait que le terme autorité, ne me parle pas du tout. Je n’ai pas l’impression qu’un enfant ait besoin d’autorité, de quelqu’un d’autoritaire. Quand je pense à l’autorité, je pense à mon père qui détenait l’autorité chez moi quand j’étais enfant « Tu verras quand ton père rentrera! ». Je trouve que ça décridibilise fortement le rôle de la mère de penser ainsi. Dans mon couple, il n’y a personne en particulier qui représente l’autorité. On est juste un papa et une maman, on est bien dans notre rôle de parents: chacun à sa place, oui. Je n’ai pas l’impression que ma fille m’écoute plus moi ou mon conjoint. Parfois, l’un de nous trouve juste le mot qu’il faut pour qu’elle comprenne. Je suis pleinement d’accord avec cette phrase: Si l’enfant n’obéit pas, c’est de sa faute, parce qu’il est met de la mauvaise volonté : plus simple que de se dire que nous, parents, on n’a juste pas trouvé le bon moyen pour que l’enfant comprenne.

    On accompagne notre enfant, on n’est pas là pour lui donner des ordres et qu’il obéisse au doigt et à l’oeil. On est là pour l’ouvrir au monde et lui faire comprendre pourquoi il devrait agir de telle manière et pas de telle autre. Je préfère qu’un enfant me demande : Pourquoi? Plutôt qu’il me dise oui parce qu’il a peur de moi. Encore une fois, je pense que j’assimile autorité à autoritarisme, mais je pense qu’aucun de ces termes n’a pas place dans la relation que je mets en place avec mon enfant (ce qui ne veut pas dire qu’on est laxistes, au contraire, il y a des règles qu’elle doit respecter, mais on les lui explique, on ne les impose pas arbitrairement sans explications). Et je suis bien d’accord avec Mum-Addict et avec Clem la Matriochka et avec ce qu’elles expliquent dans leurs articles respectifs.

    Merci pour ce débrief!!!

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