J’ai 30 ans, je sais que c’est vrai, mais j’ai 30 ans

Voilà, c’est fait : j’ai 30 ans.

J’ai 30 ans.

Et ça fait quoi ?
Parce qu’en vrai, ce n’est pas autant l’âge qui compte, mais bien où on se voyait à l’âge fatidique de 30 ans.
Car pour moi, 30 ans, c’est un peu comme le milieu de la vie. Cherche pas.

Alors, un petit bilan.

Un petit bilan sur là où j’en suis, un petit topo sur mes rêves de petite fille, sur mes rêves de plus grande.
Bon déjà, des rêves de petite fille, j’en avais pas beaucoup. Des rêves de grande, pas trop : j’étais plutôt du genre gothique suicidaire.
Du genre à pas me projeter.
D’ailleurs, je ne me projette pas non plus aujourd’hui.
Je vis au jour le jour.
Le moment présent : carpe diem.
Sauf qu’aujourd’hui, je ne regarde plus le passé.

Ce que je peux dire, c’est que j’ai 30 ans et je suis heureuse de vivre.
Pour de vrai.
D’avoir la santé.
Mon petit cousin lui n’aura jamais 30 ans.
Jamais.
Et tant d’autres.
Je suis heureuse d’avoir mes pieds et mes jambes pour marcher, ma tête pour penser, un coeur pour aimer.

Je suis heureuse d’avoir un toit sur ma tête, de quoi manger dans le frigo.
Cela peut paraître bateau mais souvent j’y pense, que je suis une privilégiée, que si j’étais née à quelques milliers de kilomètres plus à l’est ou au sud, ma vie aurait été tout autre, tout courte.

Je suis heureuse que ma famille se redessine petit à petit : ma sœur avec qui on s’entend super bien maintenant, mon père qui fait du chemin, et ma mère qui offre parfois de belles surprises.
Tiens, même ma belle-famille s’y met : ma belle-mère m’a appelée pour mon anniversaire, avec mon beau-père derrière qui disait « bon anniversairrreeuuh » : ça m’a fait un chaud au cœur, incroyable. La première fois en 11 ans qu’elle fait l’effort d’appeler.
Je récolterais là les fruits de mon changement, de tout ce chemin parcouru pour vraiment vivre ?
J’aime à croire qu’un battement d’aile de papillon déclenche un tsunami à l’autre bout de la Terre.
Mes petits pas vers le bonheur font bouger mon entourage.

Je suis heureuse d’être encore avec mon Ours aujourd’hui.
11 ans et demi.
11 ans et demi qu’il me supporte… et réciproquement.
11 ans et demi, grâce à lui, grâce aussi à moi.
On s’aime, on se respecte, on est un peu idéaliste. On est heureux.
Tellement heureux de pouvoir rire ensemble, de se raconter des vannes pourries.
Tellement heureux d’être devenus parents, d’avoir commencé à construire une famille, nous.
D’avoir des milliers de projets dans la tête, notamment de rester ensemble, toujours.

Je suis heureuse de savoir d’où je viens, et de savoir qui je suis.
Fière de mes origines, paternelles et maternelles.
Fière d’avoir le sang de paysan qui coule dans mes veines.
Le sang de travailleurs de la terre et de la poussière, de la nature et de la vie, de personnes qui se sont battues, qui ont réussi.
Qui sont parties de rien pour tout construire.
Mes origines me donnent une très grande force.
Vivants ou morts, proches ou lointains, je les porte dans mon cœur, ils enrichissent mon « être » chaque jour et mon âme.

Je suis la personne la plus heureuse au monde – rien que ça – d’avoir la petite fille que j’ai.
Je suis bénie des dieux.
Bénie j’vous dis.
Même que je suis pas complètement pourrave comme mère.
Même que je crois que ma fille m’aime.
Si je pouvais exprimer la joie d’être sa mère, de ressentir tant d’amour pour elle, ce lien incroyable qui va au-delà des limites terrestres que l’on peut imaginer, je pourrais répandre une pluie d’étoiles multicolores sur le monde entier et même dans l’Univers.
Genre Petit Poney, si si.
Cette petite fille est magique.
Et elle le sait même pas.

Professionnellement, j’ai fait des choix, qui, jusqu’à présent, m’ont toujours menée à ce que je voulais.
Volontairement ou fortuitement.
Je suis fière de mon parcours, d’être où j’en suis.
Je n’ai pas été en thèse ni devenue la grande historienne de l’art que je voulais.
Mais sans doute était-ce pour que je puisse garder mon Ours, avoir ma fille.
J’ai pris plusieurs chemins pour me former à l’écriture.
Je me suis trompée plusieurs fois pour mieux me trouver.
J’espère qu’aujourd’hui je ne me perds pas, mais au pire, je me trouverais.

J’ai 30 ans et je suis une femme, enfin.
J’arrive à me trouver belle.
Je me sens de plus en plus forte.
Je commence à m’aimer, à me respecter.
Depuis 6 mois, je me construis seule, en dehors du regard de l’autre. Et cela me plaît.
Une nouvelle étape qui devait se passer ainsi, non pas sans difficultés, sans peur d’y rester.

J’ai fais des choix, je les ai assumés, faciles ou difficiles, je suis fière de les avoir faits.
Je ne voudrais pas être ailleurs aujourd’hui.
J’ai 30 ans, et j’ai la vie que je rêve tous les jours.
Même si des fois ce n’est pas simple, le temps me donne toujours raison.
Si les rêves ont parfois l’allure de terreurs diurnes.
Si les rêves mettent du temps à prendre forme.
Et je reste persuadée qu’il en sera ainsi toute ma vie.

J’ai 30 ans, et je suis heureuse.

Yves Klein, IKB66, 1961

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16 réflexions sur “J’ai 30 ans, je sais que c’est vrai, mais j’ai 30 ans

  1. Je te souhaite un très très très très joyeux anniversaire…chère kiki…!!! Donc tu me vires le « pourrave » juste avant le « mère » et ce sera parfait…!!! ;) Ah… si, tu peux aussi me virer le baratin sur la thèse: parce que si en 17 semaines de VI j’ai pas réussi à te convaincre que ça ne rendait pas les gens meilleurs alors qu’est-ce qu’il faut que je fasse????!!!!
    Ne change rien, on t’aime comme ça!!!

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  2. ¡Feliz cumpleaños! 30 años no son nada (te lo digo yo que casi casi peino los 34…), ahora es cuando empieza lo mejor de la vida!! me ha gustado mucho mucho mucho tu artículo, de verdad.
    Muchos besos y un estirón de orejas :-)

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  3. Bon anniversaire, et bravo pour ce trés joli texte ! Tu sais, un de mes plus grands regrets est d’avoir passé des années à faire un thèse qui ne sert à rien, comme quoi…

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  4. Tu vois finalement tu as 30 ans ça fais même pas mal, et t’es devenue grande, tu t’es construite à ta façon, tu es fière de ton parcours, tu es une belle personne et dans tous les sens du terme, une superbe fleur qui commence à éclore mais qui a et aura besoin de soin pour s’ouvrir, s’épanouir pleinement :)
    Elle est loin la Chrystelle avec qui j’étais copine en 6ème/5ème ! elle en a parcouru du chemin pour devenir ce que tu es aujourd’hui ;)
    Gros bisous jeune trentenaire tu es à l’aube de ta vie !

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