Un deuxième enfant : JAMAIS !

J’étais à la maternité que déjà on me demandait (par « on » j’entends la famille bien sûr) : « Alors, c’est pour quand le second ? »

Moi, l’œil torve, les cernes jusqu’au cou, le ventre encore tout mou et les tétons en feu j’ai répondu un simple : « Euh, hum, ouais, bien sûr… »

Alors que je voulais dire : « Pardon ? J’ai bien entendu ?! Je viens de souffrir le martyr là, comme un bus qui vient de me passer par la partie la plus intime de mon anatomie en y laissant une balafre longue comme mon bras après des heures de souffrance ! Alors on se calme ! Là présentement, je préférerais me mettre le cul dans les ronces et attraper la rage que d’imaginer procréer un jour à nouveau. Je me reconnais à peine dans le miroir, je viens de passer 3 nuits sans dormir ou presque et j’ai même pas picolé ! Même me passer la gueule au vitriol ça a l’air plus fun que d’être mère ! Nan mais c’est pas toi qui a peur d’aller au toilette de peur de te faire sauter les points !! Hein !  Et puis elle pleure tout le temps cette môme et moi aussi. De toute manière je n’y arriverais pas avec un, alors avec deux. Appelez la DASS, ça sera mieux pour elle et pour moi. Je veux mourrrriiiiiiiiiiiir !! »

Ou un truc dans le genre.

Non mais c’est vrai : un deuxième enfant, c’est la mort !!

Déjà qu’avec un seul, t’as du mal à joindre les deux bouts d’une même journée ou de ton compte bancaire.
Tu n’as plus de temps à toi.
Tu n’as plus de budget fringue à toi.
Les courses te coûtent un bras.
Les couches, j’en parle pas.
Tu ne vois plus ton chéri chéri.

Tu ne vois plus tes amis. Pis : ils ne te manquent plus parce qu’entre faire la fête et dormir, t’as fait ton choix.
Même quand on te propose une soirée sympa, t’hésites… Vu que la petite a passé trois nuits à se réveiller 15 fois ses derniers jours, c’est le moment ou jamais pour écraser sur ton oreiller.
De toute manière, tu ressembles à rien et t’as rien à te mettre.

Avec un seul enfant, même deux ans après sa naissance tu dégustes encore. Ton rêve ultime : une grasse matinée jusqu’à 8h42.

Avec un seul enfant, ta maison, c’est un véritable bordel pour lutins de Noël. T’as beau avoir laissé la plus grande chambre à ta fille, ben NON : il faut qu’elle ramène tout dans le salon.
Un enfant, c’est une tornade à lui tout seul. Il éparpille TOUS ses jouets en un souffle de pet de mouche.

Déjà, un enfant, c’est avoir envie de le se jeter par la fenêtre 10 fois par jour, surtout dans la phase du « non-j’aime pas-veux plus-NaaAaaAAaaannnnNN », ou de lui dire : « Bon, ok, tu fais ta life, je fais la mienne, le lait est au frigo, tes vêtements dans la commode, moi, j’me casse. »

Avoir un enfant, c’est rêver qu’il fasse une fugue, qu’il ait 15 ans et qu’il demande à dormir chez une amie ou qu’il fasse la grasse mat’ jusqu’à 11h.

Avoir un enfant, c’est condamner à mort ta machine à laver, comme ton périnée.

Caca, vomi, pipi, bouilli : plus rien ne te fait peur, alors qu’avant, un rien te soulevait le cœur.

Déjà, avec un enfant, t’as plus de neurones : t’oublies tout ! Le doudou, le repas, les lessives… et même de faire pipi, si si. Et puis, on peut pas enlever plus de neurones quand il n’en reste déjà plus.
Et le peu de présence d’esprit qu’il te reste dans ta tête embuée comme un lendemain de fête, tu passes ton temps à t’inquiéter : « Il respire là ? Il dort ? Et s’il mourrait renversé par un chauffard ? Mais il peut s’étouffer avec ça !! » AU SECOURS !

Non et puis repasser par les popos atomiques, les tétons labourés, le ventre tout mou, le baby blues, les 15 lessives par semaine, les petits pots, les rototos, les dents qui poussent, les érythèmes fessiers, le mode de garde à trouver, le budget à serrer, les soucis à gérer, les nuits hachées, les journées qui commencent avant que le soleil se lève même l’été… J’en passe et des meilleures.

Sauf qu’un enfant, c’est plein de joies, de bonheurs, d’amour, de bisous, de câlins, de « maman », d’espoir, de « gaggaggguougouuu », d’odeur toute chaude au creux du cou, de petits cuissots à croquer et de petits bourrelets aux poignets, de petites fesses en pomme d’amour, d’éclats de rire et de torrents de poutous-poutous, de grosses poilades, d’émerveillement, de fraîcheur, de douceur, de moiteur, de découvertes, d’enrichissement de soi… J’en passe et des encore meilleures.

Non, c’est vrai, un deuxième enfant, jamais : je crois que mon petit cœur de maman ne supporterait pas tant de bonheurs.

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15 réflexions sur “Un deuxième enfant : JAMAIS !

  1. Monhhh !!! #petitcoeur J’en ai eu des frissons !! Pas seulement pour les doux mots non. Parce que l’épisode d’avoir peur quand on va aux toilettes que les points se barrent, je connais…

    Hier matin, je me disais aussi que ça serait cool d’avoir un deuxième dans quelques temps.

    Hier soir, j’ai vite changé d’avis… ^^

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  2. Mais si ton petit coeur de maman le supportera car il sera deux fois plus gros comme ça !!!
    C’est sûr que deux enfants ce n’est pas la même chose mais on ne vit pas les mêmes choses.
    Gonzesse a 3 ans et Pierrot a 5 mois, avec Gonzesse j’ai droit à des discussions, des échanges verbaux et l’indépendance et avec Pierrot j’ai droit à ses découvertes de ses mains et tout et toute ses première fois. Et tout ça en même temps !
    C’est pas facile mais il n’y a pas un jour où je regrette !

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  3. Trop beau et vrai ce billet, j’ai adoré! J’aurais pu dire la meme chose tellement ça me parle :)
    les petites fesses en pommes d’amour c’est trop mignon, c’est vrai que ça y fait penser <3

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    • le 1er a 3ans et demi, le 2eme a 1 an depuis 4jours et ce n est que du bonheur, meme si ce n est pas rose tous les jours, mais j etais aussi perplexe surtout le jour de l accouchement, et je me retrouve dans tous ce que tu decris:)
      si c etait pas zhomm je ferais mon 3eme malgre tout ce que g endure !

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  4. Ma foi, souvent le positif prime sur les aspects négatifs! Je n’ai pas encore d’enfant, pourtant tout ce que tu as écrit, ça me parle! Je travaille avec de jeunes enfants, mais pour l’instant j’ai le positif, je suis « tranquille » le soir! Je ne suis pas dupe sur les difficultés aussi d’être maman dans le quotidien, et malgré ça, comme de nombreuses femmes, je me lancerai un jour dans l’aventure!
    Je pense aussi à ma tatie chérie qui après la naissance de sa première fille, criait haut et fort, plus jamais ça!!! Depuis, elle a eu 3 autres enfants… :)
    Profite de ton premier enfant pr l’instant ;)

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  5. moi je crois que tu es fin prête et je te le souhaite de tout coeur..
    Que ton grand coeur de maman déborde d’amour est tout le mal que je te souhaite ;)
    Bises Kiki!

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  6. Bonjour,
    En voilà un billet qui me « parle »… Pas de deuxième enfant non plus, ma première suffit à mon bonheur et il faudra bien qu’elle se suffise à elle-même (oui des fois je suis horrible mais c’est comme ça). Plus sérieusement suis trop vieille… pis pas de sous… pis plein d’autres enfants à s’occuper… ca va j’ai ce qu’il me faut…

    ps:
    je viens souvent, je ne sais plus si j’ai déjà commenté par chez vous… mais quoi qu’il en soit vous ferez partie de ma tournée quotidienne car j’aime beaucoup votre blog.

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