La consolante

Seule, parfois seule à en crever.
Un battement d’aile de papillon et ce trou béant est ravivé.
Seule à en pleurer.
Juste besoin d’être consolée.
Epaulée.
Apaisée.

Je cherche encore ma consolante, cette personne qui saura me cajoler, sans demander, sans quémander.
Consolée jusqu’à en avoir assez.
Consolée jusqu’à en crever.

Pour combler ce trou béant, de solitude,
De tristesse, de lassitude.

Endosser le rôle de mère,
Ce n’est plus jamais être fille,
Ne plus jamais être faible,
Ne plus jamais être petite.

Mais comment finalement on garde le même rôle qu’enfant,
Moi la forte, elle la fragile.
Comment on crie à l’aide en silence,
Et que personne n’entend,
Moi si faible et toi si forte.

Je veux juste de la douceur quand souvent je suis pierre.
Juste de la chaleur quand je suis comme des pics glacials.

Mon corps me parle et me fait souffrir
Quand mon âme parle et que je ne veux guère l’entendre.

J’espère ce que je ne sais pas donner
Et j’en veux à la terre entière et à moi la première.

Mais ce trou béant, il n’y a que moi qui puisse le combler,
Ou il restera ouvert à jamais,
Mes entrailles à vif,
Mon enfance déchue.

Je suis la seule à pouvoir me soulager de tous ces maux,
De toutes ces larmes,
La seule à pouvoir m’aimer,
Et à apaiser mon âme.

Verser des larmes et se vider
S’alléger de tous ces chagrins,
Se sentir aimée comme jamais,
Câlinée, consolée,
Comme adulte, on garde parfois de doux rêves d’enfant,
Qui malheureusement ne se réaliseront jamais.

Et si par bonheur j’arrivais à me libérer,
Je pourrais briser les chaînes à cause desquelles je suis enfermée,
Ligotée dans un sac de chagrin,
Qui jamais ne se réduit.

J’aimerais briller comme le soleil,
Comme ce soleil que j’ai dans mon cœur,
Qui n’a de cesse de briller,
D’illuminer,
De réchauffer ma vie intérieure.

Briser ma solitude qui m’éloigne de toi, de lui, d’elle,
Et de moi.

Henri Matisse, La tristesse du roi, 1952

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5 réflexions sur “La consolante

  1. Un gros câlin?
    Je connais cette solitude et ce besoin de se sentir épaulée, mais un jour on finit par s’en libérer..un peu..
    Je me marie dans 9 mois et je n’ai pas de parents à inviter, j’irais seule à la mairie ou accompagnée d’un ami et je n’ai même pas pleuré (enfin par encore..)
    Je t’envoie plein de bonnes ondes.
    Gros bisous

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  2. Je n’ai pas grand chose à te dire, je te lis régulièrement, en sous marin, mais là, ton texte me touche vraiment… il est très vrai, dit vraiment bien ce qu’on peut ressentir…
    je t’envoie aussi plein d’ondes positives

    J'aime

  3. Je vis ça aussi en ce moment, beaucoup de fatigue (a cause du réveillon sûrement), les 1ers bobos de Babycolle, son 2ème rhume, mes disputes avec le Père Sauterelle… Epuisement nerveux…

    Courage, je te propose mon épaule si tu veux :)

    Des bisous.

    J'aime

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