Y’a quoi dans ton assiette ?

La nourriture ce n’est pas vraiment une amie de longue date. La retrouver rime plus souvent avec pénibilité qu’avec gaieté.
Quand j’étais petite, j’étais boulotte. Clairement : ma mère nous gavait. Culture méditerranéenne oblige, les repas n’étaient pas toujours équilibrés.
Ce qui ne l’était pas surtout c’était la quantité de nourriture que j’avalais. Ma mère me resservait de son amour, une fois, deux fois, jusqu’à ce que tout soit finit.
Elle prenait soin de nous… en nous faisant du mal.
Si bien qu’aujourd’hui, je ne sais plus ce que c’est la satiété, la faim. A vrai dire, on apprend même à faire connaissance.

Pour ma Zouzou, je fais des efforts titanesques pour ne tomber dans le même écueil.
Pourtant, c’est facile de s’énerver parce qu’elle ne mange pas. Facile de se dire que quand même, je l’ai fait avec amour ce petit plat de carotte-quinoa-poivron rouge bio. Que merde, elle peut pas manger que deux cuillerées.
Et que si elle mange pas là, peut-être qu’elle mangera plus du tout.
Que même elle serait hospitalisé.
Qu’elle pourrait en mourir.

Non, bien sûr, ce n’est pas (tout à fait) ce que je me dis.
Mais qu’est-ce qui se passe alors dans ma caboche ?

Enfin tout ça, c’était avant. Avant que je prenne du recul et que je me rende compte que si je me prenais la tête sur ce qu’elle mangeait, c’était le début de la fin. J’allais signer mon arrêt de mort.
Qu’à cela ne tienne : qu’elle mange ce qu’elle veut. Si elle veut.
Elle ne va pas mourir si elle a décidé comme hier de faire la grève du goûter à la crèche.
Elle ne va pas mourir si elle ne veut pas toujours son lait le matin, ou une tartine.

Je veux qu’elle apprenne à manger à sa faim en écoutant son corps.

Reste plus qu’à m’expliquer pourquoi j’adore tant la voir manger, avec sa mignonne petite bouille et ses petites mains baladeuses.
Pourquoi j’éprouve du plaisir quand je vois qu’elle aime, qu’elle adore croquer du concombre en rondelle – qu’elle mange avec les doigt bien sûr, c’est frais c’est gluant c’est fun.
Pourquoi des fois le sentiment persiste de l’aimer à travers la nourriture… et de me sentir soulagée quand elle finit tous ses plats.

« Oh qu’il est mignon le petit lapin ! Si tu veux le voir, il faut finir ton assiette… » N’empêche qu’Avent m’a sauvé la vie plus d’une fois… mais ça j’en parlerai dans un autre billet.

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7 réflexions sur “Y’a quoi dans ton assiette ?

  1. J’ai les assiettes Avent…lol.
    Bref. Je te rejoins dans ta conception du « manger », car Zhom a tendance lui aussi à donner en partie son amour par la nourriture : il a été élevé une partie de son enfance à la ferme, par sa grand-mère…il a été obligé un peu plus tard dans son enfance de faire un régime car il a été « classifié » obèse par les médecins…et il n’y peut rien, il ne peut s’empêcher de reproduire, de retransmettre ce comportement oral comme s’il s’agissait d’une histoire de famille à raconter pour qu’elle perdure.
    Quoi de plus naturel ? Par la nourriture que l’on met dans le bec de son oisillon, on donne de soi d’une certaine façon, on l’aime, on lui donne du plaisir oral comme si l’on ne se sentait pas capable de lui faire sentir cet amour tellement immense, comme pour le rassurer d’une façon très très concrête, triviale voire même animale.
    Quand on pense à « manger », on pense à « assimiler » qui trouve son origine dans le mot hébreux A-HOL… et devine quoi ? A-HOL signifie lui même « Faire sien un morceau du monde »… Je réfléchie à cela très souvent (le sens du manger m’obsède depuis très longtemps et j’ai beaucoup travaillé sur les vampires qui eux se nourrissent de l’homme) pour mesurer combien ma fille, un jour (quand nous aurson coupé le cordon ^^), ne me mangera plus MOI, mais bien des morceaux du monde, par-ci par-là, mais qu’il fallait que je l’y aide.
    Nous sommes tous profondément cannibales, indirectement, sans le savoir, j’en suis convaincue.

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    • Oh oui Hélène, on a tendance à être cannibale avec nos enfants. D’ailleurs on dit souvent qu’on les croquerait non ? J’espère juste parvenir à déposséder un peu la nourriture du rôle nourricier de l’amour maternel. Un peu. Merci pour ton commentaire et ton témoignage très parlant :)

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      • Tout est histoire d’ « absorbtion »… l’enfant mange aussi sa mère d’une certaine façon pendant la tétée. Il se « nourrit » également de tes paroles, et de ton amour pour devenir quelqu’un, et pour un jour être capable de transmettre à sa descendance, la nourrir. C’est quand même fou quand on y pense ! :)

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  2. Roh punaise comme je me retrouve dans ton billet… J’aurais pû l’écrire avec les même mots…

    Non, elle va pas mourir………. et oui faudrait aussi que j’arrête de me/lui prendre la tête avec ce qu’elle mange (même si je suis totalement en extase quand elle finit une assiette……)

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  3. T’as réaction est tout à fait normale je pense, voir son enfant bien manger signifie qu’il est en bonne santé et en plein forme. Cependant c’est vrai qu’il ne faut pas angoisser si un jour il ne veut pas manger son gâteau ou s’il ne veut pas de sa soupe. Mais je sais que c’est pas facile. :)
    L’assiette Avent est trop mimi, soit dit en passant. ^^

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