Le temps d' »étais »

27 juillet.

Le temps file.

Comme le sable entre les doigts.
Il s’écoule, insaisissable.
Inexorablement, il nous échappe.

Pour nous mener sur des chemins inattendus, jonchés de joie, de doutes, de questions…

Cet été, il a un goût particulier. Le deuxième que l’on passe dans notre nouvelle ville, dans ma nouvelle vie.
Un été fait de soleil – un peu – et de bonheurs – beaucoup.

12 ans que nos regards se sont croisés l’Ours et moi.
12 ans de questions, de doutes, d’amour, 12 ans que l’on persiste et signe pour s’aimer, s’accompagner, s’aider.
12 ans que l’on n’a même pas fêté, mais c’est une question de temps.
Le dernier été qui ne signifie pas « vacances scolaires ».
Et donc bouchon pour partir en vacances.
Remarque, on part pas en vacances…
Je m’en fous, j’habite au bord de la mer (oui, je t’autorise à me détester).

Financièrement, c’est pas évident. Comme beaucoup de gens en ce moment… Et les perspectives sont incertaines…
Étonnant, j’arrive pourtant à dormir la nuit… Enfin, quand il ne fait pas 27 °C dans l’appartement comme hier soir.
Si je suis toujours dans le flou professionnellement – les contrats sont durs à trouver, plus que les stages qui semblent faire fonctionner les boîtes de com’ qui n’hésitent pas à casser les prix du feuillet rédigé sans pour autant baisser en exigence rédactionnelle… on marche sur la tête – j’essaie de profiter de la vie. De ma fille surtout.

Fini le stress, les prises de tête, ça c’était avant. Maintenant, j’essaie de me la jouer dé-ten-due.

Ma petite Zouzou, je la découvre comme jamais. Peut-être parce qu’aujourd’hui je me sens vraiment maman. Plus qu’hier. Complètement. Légitimement.
Ma Zouzou, c’est un sacré (bon) numéro. Un vrai clown qui fait des farces et ne sait pas être sérieuse, sauf quand elle dessine, là, faut pas la déranger. En vrac : je me fais la barbichette en mettant du yaourt sur le menton, je fais le morse à trois dents avec les haricots verts, je fais des têtes pas possibles pour faire rire papa et maman. Tout ça pour compenser le fait qu’elle a la tête dure comme de la pierre : je sais aujourd’hui qu’elle arrivera à tout dans la vie. Il suffira qu’elle le décide. Pour les trucs qui la soulent : « J’y arrive pas maman, c’est trop dur ».
Parce qu’elle est très très maligne. Je ne dis pas ça parce que c’est ma fille. Mais je pense qu’elle réfléchit plutôt bien. Surtout pour arriver à ses fins.
Elle attrape des expressions d’adulte au vol : « Tu peux t’asseoir un peu quand même. » Et sort des mots que je ne m’imaginais pas l’entendre dire. « crête, square, saperlipopette ». Bon, et « caca-boudin ».

Elle ravit nos jours à moi et l’Ours, même si il y a des soirs qui sont difficiles. Cela ne nous empêche pas de parler d’elle, alors qu’elle vocifère depuis sa chambre, chantant et parlant à ses doudous, fermement décidée à ne pas dormir. Non mais !

Je profite du temps que je passe avec elle, pour la découvrir encore et encore, pour voir grandir ce bout de vie qui a si vite poussé. Et pas trop mal.
Je commence à me dire que finalement, on s’en sort bien, que nos choix de ne pas taper, d’expliquer, de tenter de la respecter le plus possible, choix critiqués, finit par payer.

Ma Zouzou est heureuse de vivre. Et elle est heureuse de voir les autres heureux : l’autre jour je l’ai surprise en train de regarder une maman et son enfant rigolant dans leur partie de chatouillis. Là, j’ai bien cru que j’allais la croquer.
Et elle devient avec le temps de plus en plus choubidou.
En ce moment, son surnom c’est « miss Bisous ».

Ma fille je l’aime plus que tout.
Il m’a juste fallu du temps, de l’apaisement, pour voir cet amour, pour être la maman que je veux être.

Et je me sens étrangement sereine en ce moment. Étrangement, parce que je n’ai jamais été habitué à ressentir le calme en moi. Plutôt habituée aux tumultes. A la colère. La peur. La tristesse.
Les flots d’émotions semblent s’être transformés en petit ruisseau paisible, inoffensif.
Même si les vieux démons ressortent parfois du placard.
Le chemin est long mais je suis sûre que j’ai emprunté le bon.

Voilà où j’en suis pêle-mêle.

Et j’avoue que je suis assez fière de pouvoir écrire tout cela avec recul. Paisiblement.
Comme cette ville où l’on habite, où après une journée de chaleur, le vent frais venu du lac et de la mer apaise les pensées, pour retrouver le calme, tout à fait.

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