La famille

J’ai mal à la famille.
J’ai vécu en ne comptant pas sur elle. En gardant tout pour moi. En comprenant tout le monde au détriment de mes besoins, même primaires.
Je n’ai jamais eu de soutien, de compréhension, de compassion durant mon enfance.
A part de mes oncles d’Espagne, ceux qui avaient gardé une âme d’enfant.
Ceux qui respectaient l’autre.

Le respect.
Un mot étranger à ma famille.
Le respect de moi ?
Il passait par me donner à manger (trop), à me questionner pour obtenir des informations ou pour me juger et critiquer.
Le respect n’avait pas droit de cité.
Respect de mon corps.
De mon esprit.
De ma vie.

J’étais une chose, un pantin.
Contrôlée, manipulée.

La famille, ce poison.
Comme le sel, chaque jour il me mettait un peu plus un pied sous terre.
Pour m’étouffer complètement.

Alors aujourd’hui que j’ai 31 ans, j’ai décidé de vivre ma vie comme je le sens.
D’écouter MES besoins avant les leurs.
De dire non.
D’avoir le choix.
De ne rien leur donner de ma vie.
De plus leur donner de mon énergie.
De ne plus être là pour eux si cela me fait du mal.
De ne plus être celle qui écoute, encore et toujours.
De ne plus être celle qui se fait passer en dernier, qui ramasse les miettes et qui doit remercier.

Aujourd’hui, je suis libre.
A ce qu’il paraît…
Même si ma famille me pèse encore sur l’estomac, sur le cœur.
Même si des fois c’est dur de dire non.
De ne pas réussir à renoncer aux liens de sang, aussi toxiques qu’ils soient.

Le passé est le passé, mais je ne peux pas gommer tout ce qui est arrivé.
Tout ce qui peut arriver et encore me briser.
Je répare les blessures, encore à fleur de peau.
Je ne laisserai personne les rouvrir.
Jamais.

Alors je réagis sûrement trop pour eux.
Pour ma belle-famille aussi.
Mais j’étouffe, je suffoque, j’ai le cœur qui se soulève et la nausée quand quiconque m’oublie, oublie que j’existe, que je peux avoir des émotions, des sentiments.
Comme quand j’étais petite, que je pleurais de colère et de tristesse, me consolant seule dans mon lit sans vie et froid.

Mon attitude choque, est incomprise, dérange.
Même celui qui est le plus proche de moi.
Comment expliquer ce cri de douleur que j’ai en moi.
Ce déchirement.
Ce trop-plein d’eux.
Ce trop-plein de non existence, de concession, de plaisir fait aux autres, de blessures que je me suis auo-infligées pour ne pas sombrer, pour plaire à mes parents. A ma famille.
Me brimer jusqu’à m’annihiler.
Plaire avant tout.
Pour survivre, pour exister.
Plaire à mon bourreau.
A ma mère.
Je n’avais pas le choix.
Une branche pourrie, quand on est enfant, vaut mieux que le vide angoissant du néant.

Aujourd’hui, je suis marquée par tout ça.
Je suis faite comme ça.
Je travaille sur moi.
Encore et toujours.
Pour mieux vivre.
Et avoir moins mal à la famille.

Mais parfois, s’il n’en tenait qu’à moi… Je mettrais une croix sur eux, sur tout ça.
Et vivre ma vie, en toute liberté, avec mes idées, hors de tout jugement, de tout sentiment de culpabilité…
Coupable de ne pas être comme ils veulent.
Coupable de vivre ma vie sans eux.
Coupable de ne pas leur donner autant de temps qu’ils veulent.
Coupable de ne plus me laisser faire après n’avoir rien dit pendant tant d’années.

Aujourd’hui, je construis ma famille.
Avec mon Ours, ma fille et mon petit à naître.
Aujourd’hui, j’ai assez de défits à relever pour construire mon bonheur pour ne plus devoir construire celui de la famille.
Je n’ai plus à avoir sur mes épaules que les soucis des miens. Ceux que j’ai choisis.
Je n’ai plus à me sentir redevable de la vie qu’on m’a donnée.
Je ne veux plus devoir me justifier d’exister.
Je veux dire non si je ne veux pas de visites à la maternité, dire non si je n’ai pas envie d’aller manger, dire non si je n’ai pas envie de me sacrifier, dire non, et considérer enfin, mes besoins, mes priorités.

Être libre, pour de vrai.

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4 réflexions sur “La famille

  1. De famille, je n’ai que ma mère…j’ai viré tout le reste, trop toxique. Je préfère construire la mienne qui me serait propre (même si c’est mal barré pour le moment). Donc je comprends

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    • J’ai été incapable de couper les ponts et je ne sais pas si c’est si simple que ça à vivre… je ne sais pas si je suis optimiste ou juste conne, mais je me suis toujours dis que les choses pouvaient changer… Aujourd’hui, j’essaie de me préserver au maximum. Mais ce n’est pas simple. Un jour toi aussi tu auras ta famille ;)

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  2. J’ai eu la chance d’avoir une famille exigeante, des parents qui ne savaient pas montrer leur amour éventuel pour leurs enfants, mais pas une famille toxique. J’en connais une et j’espère que quand elle sera grande, ma filleule saura agir comme toi. Bon courage. Si tu veux parler avec une jeune grand-mère qui commence à avoir pas mal d’expériences de la VIE n’hésite pas à m’envoyer un mail.

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  3. Salut,

    Moi, pour me déculpabiliser et me libérer de tous ces fardeaux, je me dis:  » et quand tu seras vieille, tu te diras quoi quand tu repenseras à tout ça? », et c est fou comme ça m aide à suivre ma vraie v(o)ie!!

    Tu as raison, libère-toi et vis selon, et pour, ta petite famille qui s’agrandit.

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