Ma mère, ma maman

J’ai toujours pensé que l’on pouvait connaître la nature de la relation de notre interlocuteur avec sa mère à la façon dont il en parlait. Certains disent « maman » et l’on sent l’affection qu’il y a derrière, une relation fusionnelle, une complicité… Et il y a ceux qui disent « ma mère », plein de rancœur, de dureté ou d’une distance nécessaire.
J’ai toujours rêvé de dire « maman ».
J’essaie aujourd’hui de construire une autre relation. Elle a fait ce qu’elle a pu comme mère. Comme nous toutes. Elle s’en est pas si mal sortie si l’on considère sa propre histoire.

J’aurais bien accepté qu’elle vienne cette fois. Pas trop longtemps. Le temps de ne pas stresser. Pas toute la journée pour avoir un sas de sécurité.
Elle ne m’a pas entendu. S’est vexé. Je l’ai appelé pour lui dire ce que je ressentais. Ça n’a pas marché. Encore les mêmes couplets, les mêmes maux de ventre. Les mêmes « j’aurais mieux fait de mourir ».
Je l’ai prévenue que j’allais raccrocher. Que je ne pouvais pas entendre ça.

J’ai couché quelques mots sur un texto… Me demandant si elle n’était pas en train de mettre fin à ses jours, comme à chaque fois où ses mots dépassent ses pensées et où les émotions me submergent tout à fait…

« J’avais juste besoin de te dire ce que je ressentais. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça au téléphone. J’espère qu’un jour je pourrai discuter avec toi sans qu’on parle du passé et passer un moment sans que je ressente de la colère envers moi venant de toi et sans que j’ai peur de toi. Je reste ta fille, tu es ma mère à nous deux de construire une relation paisible. Bisous. »

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21 réflexions sur “Ma mère, ma maman

  1. Tu es bien courageuse! Je suis de ces personnes qui disent « ma mère », je n’ai pas envie d’avoir une relation avec elle, pas envie de la connaitre et construire quelque chose avec cette personne.
    C’est pour ça que je te souhaite du courage, courage d’essayer de construire quelque chose de sain avec quelqu’un qui ne l’est apparemment pas, courage de cotoyer quelqu’un qui prend tout ton positif quand tu penses qu’il y a espoir.
    Des bisous ♥

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  2. Ça a l’air compliqué entre vous… C’est dur de « juger » cette relation sans en connaître l’histoire… Mais j’ai une façon de penser; quand on ne se comprend pas, il faut recentrer la relation sur l’amour (il est rare qu’il n’y en ait pas entré une mère et son enfant…) et peser les intentions plus que les mots et les actions.

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  3. Tu es bien courageuse de maintenir le cap et de continuer de créer cette ébauche, que tu peaufine avec le temps, de relation avec ta mère.
    J’ai la chance d’en avoir une excellente avec la mienne et j’espère que j’arriverais à en construire une aussi forte avec ma propre fille.
    Tout plein de courage et de force à toi pour ce difficile combat :)
    des bisous Kiki

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  4. J’ai toujours les larmes au yeux quand je te lis tes textes sont bouleversant ils me touchent et me font réfléchir
    Merci de les partager marine

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  5. Bon courage… Je sais comme ça fait mal
    J’espère qu’on réussira à créer une belle relation avec notre fils et ensuite nos autres enfants si on a la chance d’en avoir d’autres.
    J’espère ne jamais lui causer autant de chagrin et ne pas faire porter de choses aussi lourdes.

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  6. Tu sais, moi aussi, j’ai une maman qui est bien en vie (ça c’est clair) et depuis l’âge de 9 ans environs (si mes souvenirs sont bons) il y a plus de bisous et de calins ! Elle me dégoute physiquement et psychologiquement !!! et encore maintenant à 36 ans je ne lui fais toujours pas la bise !!!
    J’aurai aimé avoir une maman comme mes enfants ont leur maman !!!

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    • Tu te l’expliques comment ?? C’est dur… Moi aussi ses câlins et bisous m’insupportent depuis toujours… Donnés après une gifle ou une insulte quand j’étais petite, cette tendresse je n’en ai jamais voulu…

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  7. Bonsoir,
    Ton article m’a également parlé… J’aurais tellement aimé avoir une « maman ». Avec ces dernières années, elle a gravement sombré au niveau psychologique, et je n’étais qu’une béquille pour elle (qui plus est, enfant « non désirée », précisé à plusieurs reprises…). Mais tant pis pour elle, son choix a fait que je suis pourtant là aujourd’hui, et j’entends bien ne pas donner la même « éducation » psychologique à mon fils.
    J’ai fait le deuil de mes parents, pour moi c’est comme s’ils étaient morts dans un accident de voiture. C’est terrible de dire cela mais quand on a absolument aucun soutien parental et qu’on ne sait même pas à quoi ça ressemble, je crois qu’on peut se dire ce genre de choses.
    J’espère juste que mon fils dira de moi que je suis sa maman, quand il aura mon âge aujourd’hui…

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  8. Ton témoignage est super touchant, quel beau texto. Par contre tu vois je dis ma mère quand je parle de la mienne et pourtant nous sommes très proches. Dire ma maman ou maman, je trouverais ça infantilisant.

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