Comment j’ai failli péter les plombs

Ces mots claquent.
Tapent dans ma tête.
J’avais besoin de lâcher tout ça, là.
Sur mon blog.
Pour moi, pour elles, pour toutes les mamans à bout.
Au bout d’elles, de leur force.

Péter les plombs, fondre un fusible, faire un burn-out, devenir folle… C’est ce que j’ai failli vivre cet été.
Pourquoi dire « failli » ?
Je pense que j’ai pété un boulon cet été.
Pour de vrai.
J’ai encore du mal à le dire.
J’ai craqué cet été.
J’ai été au bout de moi-même.
A ne pas m’écouter.
A dire que ça allait.
Juste crevée.

L’été que j’aimais tant s’est transformé en enfer sur terre.

Pourtant j’étais au courant des risques du burn out.
Que j’étais fatiguée. A l’extrême.
Comment dit-on ? Épuisée ?
Je dirais exsangue.
Vidée.
J’ai erré telle l’ombre de moi-même.
Un robot.
Faire les choses.
Le minimum.
Le vital.

Et le reste, du temps, avoir envie de dormir.
Dormir.
Dormir.
Fuir.

Loin.
Loin d’eux, de moi.
De tout ça.

L’injustice d’avoir un bébé en pleine santé – chance inestimable – collé à moi H24.
Le porter, jusqu’à en crever.
Le porter encore et encore.
Pas par choix, par contrainte.
Oui je n’avais pas choisi de le porter autant.
Sans repos ni la nuit ni le jour,
Je pensais pouvoir tenir, naïvement, ce rythme.

La colère d’avoir ce bébé qui ne dormait pas dans son lit.
Avec des nuits hachées.
J’avais envie de crier, de pleurer.
D’hurler.
Sans me l’autoriser.

Assumer.
Je l’avais voulu cet enfant, tant désiré.
Ne pas trop demander à l’Ours qui travaillait.
Ne pas le fatiguer.
Le préserver.
Lui.
Et moi ?

Travailler.
J’avais imaginer pouvoir bosser pendant qu’il dormait.
Avant d’accoucher.
Reprendre le travail à 2 mois.

Puis lâcher un, deux clients.

Puis ne garder que le travail du soir, le minimum vital.
Financièrement.
Et continuer à se coucher à pas d’heure.

Entrevoir le soleil,
Puis replonger.

Puis la prise de conscience, une nuit.
De moi, de lui.
Perdue, désorientée.
Je n’ai pas pu dormir.
A chaque endormissement je me réveillais.
J’étais en train de griller.
De griller mes dernières cartouches.
J’étais en surmenage.
Moi.

J’ai pleuré comme une enfant, blottie dans ses bras forts.
J’ai appelé à l’aide,
J’ai crié au secours.

Je n’ai pas su demander de l’aide et lui l’entendre.
7 mois, il m’a fallu pas loin de 7 mois pour me dire que je ne pouvais plus.
Je ne pouvais plus le bercer nuit et jour.
Le nourrir et l’endormir.
Seule.
Dire stop.
Poser mes limites.
Les écouter au moins.
Les dire.

7 mois.
7 putain de mois.
Un enfer doux et chaud.
Un enfer sur terre, d’amour et de sourires.

7 mois à faire souffrir tout le monde.
A être une autre.
Celle qui se met la pression pour être partout,
Être une super maman,
Une super amoureuse,
Une super « tout ».
Tenir,
Être présente.
Bienveillante.
Et n’arriver qu’à être tout le contraire.
Et s’en vouloir, en plus du reste.

Aujourd’hui, je pense que mon Zebulon a souffert d’un RGO.
Je pense que c’est un BABI.
Je pense que je ne suis pas totalement sortie du tunnel.
Les nuits sont toujours hachées.
Je pense que j’ai dit stop et que c’était le bon moment.

Mon Zebulon mignon dort désormais seul en journée.
Parfois 30 minutes.
Parfois deux heures.
Je m’autorise des siestes chaque jour. Pour me préserver.
Un peu.

Aujourd’hui, je reste vigilante.
Je ne suis pas sortie d’affaire.

S’écouter, se respecter.
Et être entourée.
Merci à celle qui m’ont écoutée, celle qui m’ont prévenu mais que je n’ai pas pu entendre, merci à tous vos mots.
Merci au soutien de toi, là, par texto, jour et nuit.
Toi, qui est là pour me dire de lâcher prise.
Toi aussi qui a vécu la même chose.
Toutes.
Je sais que vous êtes là.
Et pour celles qui vivent la même chose que moi
Qui n’en peuvent plus,
Je suis là.

De l’obscurité naît la lumière…
2013-04-14 02.27.45Mon mail pour celles qui veulent : contact@lavisdemamaman.com

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19 réflexions sur “Comment j’ai failli péter les plombs

  1. Comme je te comprends…
    Olivia ma troisième n’a pour ainsi dire pas dormi sa première année. A peine couchée elle hurlait. L’horreur. Je pense aussi « après coup » qu’elel pu souffrir d’un RGO (parce que j’essaie même maintenant qu’elle a 3 ans &:é de trouver une justification à l’enfer que j’ai vécu)…
    Je te souhaite du courage et plein d’amour autour de toi <3 sincèrement.

    J'avais écrit ce que j'vais ressenti par ici…
    http://blablapipelettes.canalblog.com/archives/2013/10/02/28127201.html

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  2. J’ai les larmes aux yeux…J’ai vécu la même chose…2 filles adorables, désirées, demandeuses…et rapprochées.
    J’ai donné TOUT ce que je pouvais : mon sommeil, ma vitalité, ma joie de vivre, mon lait, mon corps…et j’ai été malade pendant tout l’hiver dernier tellement mon système immunitaire était affaibli par l’absence de sommeil. J’ai fini par admettre que j’étais à bout, peut être dépressive..J’ai consulté mon médecin homéopathe, mère de 3 enfants, pro-allaitement qui m’a dit que j’étais JUSTE surmenée, que j’avais besoin de DORMIR et de prendre du temps pour moi…
    Un rdv médical d’une bonne heure, ça m’a fait un bien fou.

    Je te souhaite de poursuivre vers la lumière qui se rapproche de jour en jour, c’est mon cas. C’est long, c’est dur mais ça arrive.

    Des pensées à toi et à toutes les autres, des bisous aussi parce qu’en donner beaucoup n’empêche pas d’en recevoir.

    Caroline

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  3. Je compatis, je comprends, j’ai vécu … peut-être pas au point de non retour j’ai peut-être su dire stop et me tourner vers le peut d’aide à disposition…
    Il avait 8 mois ce n’était pas à cause de souffrance de RGO mais de poussées dentaires infiniment difficile 1 mois, de toux, rhume, pic de fièvre, bébé infiniment grognon, pleurs la nuit, 1 dent et rebelote le mois suivant …
    Des nuits trop courtes des journées de boulot bien chargées avec 2 enfants que je gardais en plus de mon bébé, un rythme à tenir ma grande à chercher à l’école, une formation à terminer, et mon homme que je préservais, et qui devenait sourd la nuit aussi, parce que lui il travaille pour de vrai dans un bureau …
    Bref un matin j’ai dis stop, mon corps, ma raison, mes nerfs, ont dis stop … je suis passée par d’autres phases pas simple mais depuis ces mois de juin et juillet 2011 j’ai essayé de faire les choses différement !
    En ce moment c’est autre chose il a 3 ans un caractère et une phase d’opposition pas simple tous les jours à chaque âge ses petits « plaisirs » …
    Bonne reconstruction à toi et merci pour ce texte si criant de vérités dont les mères sont hélas trop souvent victimes…
    Maudit culte de la super maman :(

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  4. La mienne a 10 mois et j’en suis encore là… je ne dors pas, je mange peu, je grossis et je suis épuisée….
    C’est dur, mais qu’est ce que je l’aime… pour rien au monde je ne dormirai sans elle… pas encore, je ne peux pas. Fichu amour maternel!
    Cinadiane

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  5. Comme je me reconnais dans ton récit…
    Quelles nuits nous avons passées avec Jean, le deuxième. Des nuits à en devenir fous.
    Le manque de sommeil est la pire des tortures, heureusement le soleil finit toujours par se lever.

    Mes voisines du-dessus et du-dessous ont eu des bébés, il y a respectivement presque un an et deux mois et demi … Quand j’entendais pleurer l’adorable bébé du-dessus, je ressentais un malaise terrible, je détestais ces pleurs nocturnes.
    Et puis le temps est passé, maintenant j’entends celui du-dessous et ça ne me réveille plus… que quelque fois de temps en temps.

    Je te souhaite plein de courage.
    Anne-Hélène.

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  6. Je viens de découvrir le blog grace a une copinaute qui a partagé cet article et je l’en remercie. Je sais que très bien ce que vous vivez puisque je vis la même chose.
    Je viens de peter les plombs au bout de 2ans et demi.
    Vouloir être parfaite a mis ma santé a rude épreuve et mini dans sa période de rébellion a appuyer sur le bouton « craquage »
    Je me remet doucement mais sûrement, je montre a mon entourage que tout va bien mais j’ose petit a petit demander de l’aide quand mon ami n’est pas là (la semaine), entre le boulot et la puce, la gestion de la maison et tout ce qui peut se rajouter…
    Dans mon comm, j’ai indiqué mon adresse mail ainsi que mon blog si vous arrivez pas a voir l’adresse mail. Mais sachez que si besoin de vider votre sac, n’hésitez pas.
    Mais en tout cas merci de votre article qui permet de savoir qu’on est pas seule. On a beau se le dire mais c’est plus dur de le dire haut et fort.

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  7. Merci de votre témoignage, je ne pensais pas me retrouver autant à travers un texte et pourtant c’est ce qu’il se passe. J’ai vécu à peu de chose près la même chose que vous. Je n’ai pas demandé d’aide et de toute manière je n’en aurais pas eu, ma famille et mes amis sont à plus de 800km de chez moi. Après la naissance de mon fils aucun d’eux n’était là. J’ai voulu tout faire tout gérer jour et nuit sans prendre le temps d’écouter ce qu’il y avait autour. J’ai perdu 12kg en 5mois, je ne savais plus quoi faire.
    Je bénie cette gentille puéricultrice qui est venue à la maison peser le petit (qui ne retrouvais pas son poids de naissance) et me soutenir dans mon nouveau rôle. Il m’a fallu 2mois pour demander qu’on m’aide et 10 mois pour sortir du sac. Maintenant, j’ai par moment l’impression que ça va mieux. Je continue parfois à me mettre une pression énorme et j’ai toujours l’impression que mon cerveau est en réflexion. Je dors un peu mieux parfois et je travaille avec un peu plus d’entrain.

    Pas évident de demander

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  8. wahouu ton texte touche car je me suis dis à certains moments que personne ne m’a dit que c’était si dur… en pourtant j’ai pas encore repris le bulot, j’en ai qu’une etc… la fatigue le pire ennemi!! bravo pour la prise de conscience, preuve que t’es en bonne voie!! (PS: j’ai fait des siestes tous les jours jusqu’à ses un an)

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  9. C’est clair que c’est difficile parfois.. Pour ma part ca depend des jours.. Je pense que c’est normal d’etre depassé par moments, et sincerement j’accepte ca et je garde en tete que tout n’est que passade.. Qd ca va pas trop je regarde le bout du tunnel, et… Ben ca m’apaise!!! Ce que je trouve difficile c’est le jugement des « gens » pour ma part comme c’est qq chose que j’accepte j’en parle facilement, « oui je fais une sieste quasi tous les jours et oui je suis qd meme encore fatiguée parfois » j’ai pas peur de le dire ms je sens bien qu' »ils » (les gens) ne comprennent pas (« attends elle bosse pas, elle est tout le tps crevee… ») ms ce qui m’aide à tenir aussi c’est qd je pense à ces memes personnes ds qq années qd eux memes auront des enfants ahahahah j’aurai ma vengeance!!!!!! Enfin ca se fera tt seul ils comprendront vraiment que meme si on ne travaille pas 2 enfants de 2ans d’ecart c’est Chaaaaudddd…

    En tout cas merci à toi de verbaliser tout ceci!!!!

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  10. En effet on est bcp à ne parler que du positif. A ne laisser voir que le positif. Ce rythme là j’ai tenu deux mois et demi. Et j’ai pris mon parti de me dire qu’il fallaot faire autrement pour Lui ! On a trouvé notre solution. Vous trouverez la vôtre ! Courage ♥

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