Mon corps m’appartient, il est à moi

39_klein
S’il y a bien une chose à laquelle nous tenons dans l’éducation de notre fille, et de notre petit garçon, c’est bien cela : leur apprendre que leur corps tout entier leur appartient.

Que seuls leurs parents ont le droit de toucher leur sexe, et ce uniquement si c’est vraiment nécessaire. A partir du moment où ma Zouzou a été en âge de se laver seule, on l’a laissé faire. Elle apprend son corps, et qu’il lui appartient.

Car la main qui nous câline peut parfois être intrusive.
Depuis qu’elle est née je ne l’ai jamais forcé à un câlin. Parfois je me suis presque trop retenue, tellement la peur de l’étouffer me hanter littéralement.
Car la main qui nous aime peut parfois mal nous aimer.
Trop de personnes ont été dépossédées de leur corps. Elevées comme des objets.
Nos générations ont beaucoup à faire pour changer les mentalités.
Trop d’adultes « disposent » du corps de leur enfant.
Du simple câlin un peu (beaucoup ?) forcé, à la main glissée sous le tee-shirt parce que « passer la main dans le dos ça fait du bien, les enfants aiment bien ».

Non, ta main tu la remballes et fissa sinon c’est la mienne que tu vas prendre et pas pour une caresse.

Il y a la main qui frappe, qui serre toujours trop fort, froide et dure. Et cette main plus invisible, avec une violence non affichée.

Ou ce bisous qu’on vole à l’enfant.
Pour quoi faire ?
Pour se faire du bien à soi…
Ne pas imposer ce que l’enfant ne demande pas sous prétexte qu’il est enfant.

Il y a aussi ces regards insistants. Respecter la nudité et l’intimité de l’enfant.
A partir du moment où il peut être autonome, et même avant.
Non je n’ai jamais mis le pot au milieu du salon.
J’exhorte ma Zouzou à aller aux toilettes la porte fermée.
Mais aussi à respecter notre intimité.
Et celle de son tout petit frère.

Pour que plus tard, elle sache dire non.
Non aux adultes intrusifs.
Non à des petits copains qui sont durs de la feuille.
Oui à son corps, quand il lui dit qu’il a mal, qu’il n’est pas bien.

Ceci étant dit, il faut croire que l’on a un peu réussi de ce côté-là.
La preuve en est : un soir ma toute petite grande arrive dans la cuisine, après le bain donné par l’Ours. Elle me dit : « Je me suis mis de la crème au « kiki » toute seule, mon corps m’appartient, il est à moi » en posant solennellement sa main sur son torse.

Maintenant il ne reste plus qu’à ce que je sois convaincue de la même chose.
Que j’efface les démons du passé.
Ceux qui hantent le quotidien parfois.
Que non, quand on n’a pas envie de faire la bise, on la fait pas.
Que les normes pourries de la société on s’en contrefout.
Du moment où les mots prennent la place des gestes par un simple « bonjour ».
Je suis une femme de 32 ans et mon corps m’appartient, il n’est plus à toi, à eux.
Si je veux, je le tatoue de la tête aux pieds.
Si je veux, je le cache.
Si je veux, je peux l’aimer rond.
Si je veux, je le fais enfin mien.

 

Publicités

5 réflexions sur “Mon corps m’appartient, il est à moi

  1. Ton article me parle et je le trouve très bien écrit. Quand je n’ai pas envie de faire la bise, je ne la fais pas, comme tu le dis mon corps m’appartient et j’emmerde la société et ses règles débiles. Ma fille n’a que un an mais je ne compte pas la forcer à faire la bise plus tard. Dire bonjour, oui, mais pas faire la bise si elle ne veut pas. J’ai le souvenir que mes parents me forçaient à faire la bise à leurs « amis » et je détestais ça car pour moi ils étaient des inconnus. Je ne veux pas imposer ça à mon enfant. Je sens cependant que cela va poser problème avec ma mère qui commence déjà à forcer ma fille de un an à faire des câlins « étouffants ». Je compte aussi apprendre à ma fille que son corps lui appartient et que personne n’a le droit d’y toucher. Je suis même assez mal à l’aise de changer mon bébé devant ma mère et ma grand-mère car elles regardent le sexe de ma fille en faisant des commentaires et ça me gêne.

    J'aime

  2. Ton article me touche particulièrement. Je suis cette mère qui câline dès qu’un de mes enfants passent à portée de main. Je n’y peux rien. J’ai manqué de tendresse, je le regrette aujourd’hui alors je câline et je n’oublie jamais de leur dire que je suis fière d’eux et que je les aime.
    Mais je suis aussi cette mère qui a subit des violences sexuelles enfant et qui a peur chaque jour que ça arrive à mes enfants et comment leur en parler, les avertir, les protéger ?

    J'aime

  3. Ton article me parle tellement. J’ai deux garçons à qui j’apprends depuis toujours que leur corps est à eux.
    C’est tellement difficile pour certains de comprendre que ne pas vouloir faire de bisous et en recevoir est un droit pour un enfant et que ne pas forcer à ça est la 1ère prévention contre la pédophilie (la 2nde étant d’apprendre à l’enfant qu’on ne fait pas de secret avec un adulte… pour éviter les « c’est notre petit secret ne le dis pas à maman »).

    J’ai imprimé cette petite histoire, mise en ligne par le Conseil de l’Europe http://www.onnetouchepasici.org/Default_fr.asp à mon grand dès ses 3 ans. C’est simpliste mais il aime bien.
    Il y a aussi le livre de Catherine Dolto « respecte mon corps » qui est très bien.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s