Le club VIP des mamans

Il y a un endroit où les langues se délient souvent.
Loin des oreilles des papas : au square.
J’adore y aller avec mes deux zazous. (Oui j’y vais même pas sous la torture.)
Pour eux, mais soyons honnête, pour moi aussi.
Souvent, au détour d’un soupir, d’une énième crise qui a lieu au toboggan, on se livre, on se confie.
Et on vide son sac.
Et là, on se rend compte qu’on n’est pas seule à ressentir des choses au-delà du réel pour la plupart des gens.
Surtout ceux qui n’ont pas d’enfant.
Et je me disais en mon for intérieur qu’entre mamans, on partage des secrets.
Des secrets uniques.

Et puis ceux plus universels.
Tu sais, ces secrets dont on ne parle jamais.
Ces secrets que je sais que tu sais que je connais aussi.
Ceux qui te font pencher la tête sur le côté avec un regard qui dit « je sais par où t’es passée » quand tu croises une autre jeune maman (ou moins jeune).
Ces secrets d’ancienne parturiente.

Ces petits désagréments de grossesse.
Les poils qui poussent.
Le nez tout sec.
Les ronflements qui empêchent tout le monde de dormir : les tiens, pas celui de ton mec.
Les gaz. Tu te transformes en usine à gaz, pour de vrai.
Les crises limite boulimiques quand tu as la dalle.
(Ou de nymphomanie, c’est selon.)
Les décharges d’électricité dans le col de l’utérus qui te font hurler en pleine rue.
Les lubies complètement venues d’un autre monde : une envie de carré plongeant alors que tu as les cheveux longs depuis tes 14 ans ou alors une envie de tee-shirt Audigier alors que t’es du genre noir uni de la tête aux pieds.
Ces coups de Stromboli où toi, la douce colombe, tu serais capable de décapiter un chaton mignon avec tes ongles s’il te regarde un peu en biais. Juste deux millisecondes.
Ou ce bœuf tartare que tu envisages carrément alors que tu es végétarienne convaincue de longue date.
Tes entrailles que tu ressens grâce aux coups de bébé. Trop mignon. Ou pas.
Ce ventre rond qui te fascine et te fait complètement flipper quand il devient carré. Ou hexagonal.
Ces peurs débiles comme avoir peur de pousser bébé en même temps qu’aller aux toilettes.
D’ailleurs en parlant de faire caca, tu le sais qu’elle aussi à fait popo au moins une fois devant tout le monde, ce jour le plus beau de sa vie : à la naissance de son enfant. Et oui on ne pousse pas que bébé. A la limite sur bébé.
Et puis cette phobie de la toxoplasmose. LE truc qui te fait flipper pendant 9 mois. Et que personne ne connaît.
De la listériose.
Et tout plein d’autres trucs dont tu as peur de crever enceinte.
Comme mourir écrasée par ton ventre. Ou tes seins. Voire les deux.

Et une fois le mouflet né, ce n’est que le début.
Ce sphincter, qui te fait défaut. Rohhh, dis-donc bébé, t’as fait un pétou ! Hum…
Ou ces points de l’épisiotomie qui te fait marcher tel un cow-boy.
Ces jeans de grossesse qui restent tes meilleurs amis les premières semaines. Ou les premiers mois.
Cette monomanie du bébé qui se met en place insidieusement : tu vis bébé, tu parles bébé, tu dors bébé, tu manges bébé, tu fais caca bébé.
Ta vie était un vide intersidéral avant ton BÉBÉ. (Enfin, c’est la conclusion qui te vient à l’esprit.)
Tu as des images HORRIBLES qui te traversent la tête, la fatigue aidant, version La main sur le berceau : tu te vois tomber le bébé dans les bras, ou pire, pour une fois qu’il dort 45 minutes d’affilée… tu cours dans la chambre car tu es persuadée qu’il ne respire plus.
Tu pleures… devant son tout petit body taille 1 mois qu’il a porté à la sortie de la maternité.
Tu pourrais même chialer devant une bouteille de liniment vide d’ailleurs. Les hormones qu’ils disent.
D’ailleurs au final, tu préfères pleurer que rire, car au moins tu ne mouilles pas ta petite culotte. (A moins de vraiment pleurer beaucoup beaucoup.)
Oui culotte, parce que les strings, ce n’est plus pour toi : entre les hémorroïdes, la bouée post-grossesse… comment dire, je te fais pas de dessin hein.
D’ailleurs tu t’en fiches de comment tu t’habilles, car tu sais qu’avant la fin de la journée tu auras écumé 27 bavouilles, 12 vomitos voire un essuyage de nez ou de bouche au chocolat de ton aîné. Alors autant que ça soit pas sur ton pull en cachemire Zadig et Voltaire payée en soldes avec tes économies, lesquelles servent uniquement aujourd’hui à engraisser le marché de la puériculture et des vêtements pour enfants.

Puis il y a ces secrets que l’on ne partagerait pour rien au monde.
Ces instants fragiles, comme suspendus.
Un câlin au milieu de la nuit de ton tout-petit épuisé de pleurer.
Un « je t’aime » de ton aînée accompagné d’un baiser.
Des éclats de rire qui résonnent à tes oreilles et jusqu’au fond de ton cœur.
Ces milliers de pâquerettes cueillies par leurs soins.
Et tout le bonheur qui entrecoupe les chagrins, les bobos, le quotidien.

Ouais, je suis dans le club VIP des mamans, l’accès coûte cher mais je suis heureuse d’être dedans.

20140708-235823.jpgDonc ces petits pieds, quand t’es maman, t’as juste envie de les BOUFFER

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7 réflexions sur “Le club VIP des mamans

  1. Moi aussi je suis hyper fière d’être dans le club :o je te signe une troisième fois demain si c’était aussi simple pour moi :o
    Et je rigole quand je lis : ah ou je me croyais seule à vivre ça !!

    C’est beau la maternité/parentalité !
    Qu’est ce qu’on se marre ! ><'

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  2. Hémorroïdes …. ça me parle tellement en ce moment >.<

    Mais oui , ces micros instants de calins avec l'ainé alors que le nourrisson a "envahis" les bras toute la journée… c'est top moumoutte…

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