Questions existentielles sur Noël

Oh quand j’entends chanter No-eeeeeël, j’aime à revoir mes joies d’enfaaaaaaant, la neigeuhhh d’argent, le sapin scintillaaaaaaant, Noël, mon beau rêveuhhh blaaaaanc !

Noël c’est un peu mon moment schizophrénique de l’année. J’adore cette période autant que je la déteste.
J’adore Noël pour les enfants, les décorations qui brillent de mille feux, le sapin à faire (HHHHHHHHhhhhiiiiiiiiiiiIIIIIIIIII) (et en plus je le fais deux fois cette année, vu que mon premier s’est cassé le pied hu hu), les cadeaux à acheter, le sourire des enfants qui regardent les belles boules (du sapin) et qui manquent de les arracher, le plaisir de les voir déballer leurs cadeaux choisis en cachette et avec délectation… Les bons repas, les douceurs (les chocolaaaaaaaaaaats), les bons moments à 4, les petites vacances. Une parenthèse magique dans l’année.

Mais je déteste aussi Noël, à cause de cette gabegie consumériste alors que d’autres n’ont rien à manger ; cette obligation d’être heureux ; ces enfants qui n’auront pas de cadeaux ; ces personnes qui seront seules alors que tout est joie et allégresse apparente ; cet argent qui manque souvent qu’on dilapide pour une fête dénaturée par une société malade ; parce que qui dit Noël, dit famille et ses prises de tête avec mon père d’un côté, ma mère de l’autre, mes BP, ma mamie en maison de retraite ; c’est se rappeler les noëls de mon enfance pas toujours très funky où je tenais absolument à ce que ma famille soit réunie et heureuse, faire semblant au moins ce jour-là ; une course pas reposante de visite en visite ; c’est se dire que les enfants ont eu trop de cadeaux, jusqu’à s’en écœurer ; devoir faire des cadeaux par obligation, parce qu’il faut ; c’est devoir se gaver manger alors que tu as le cœur au bord des lèvres ; c’est se dire que ce n’est pas servir ses enfants de les couvrir de cadeaux, ceux que je n’ai pas beaucoup eu petite, les couvrir autant que je les aime ; c’est se dire que l’année est finie et qu’on n’a pas réussi à changer certaines choses…

Pourtant, chaque année, depuis que ma Zouzou est née, Noël prend tout son sens pour moi. Je me plais à lui raconter des histoires imaginaires sur les lutins du Père Noël et ce grand bonhomme à barbe blanche, à la voir faire consciencieusement les catalogues, page par page, jusqu’à les user, s’imaginant les cadeaux qu’elle va demander. Même si c’est mal de ne pas raconter la vérité, que non, le Père Noël n’existe pas et que tu ne peux pas demander tout ce que tu veux, que en vrai la vie elle est toute pourrie, moi j’adore entretenir ce mythe, parce que l’imaginaire, c’est juste magique. Parce que finalement, Noël c’était le plus doux geste d’amour, peut-être le seul, que mes parents ont eu dans mon enfance, celui de me faire croire au Père Noël, même si je savais qu’ils se relevaient une fois qu’on était couché pour descendre les cadeaux en bas, au pied du sapin. Cela me touchait de les voir faire ce cirque. Parce que c’est à ce seul moment que j’arrivais à voir vraiment l’amour qu’ils avaient pour moi, parce que pour une fois ils m’autorisaient à être enfant.

Cette année, Noël ça sera sans mes parents, du moins pour le 25. Cette année, on ne sera pas chez nous, on va chez une de mes belles-sœurs. Cette année, je vais arrêter d’espérer que la magie opère dans ma famille définitivement désunie, je pourrai être en paix pour juste regarder briller les étoiles dans les yeux de mes enfants.

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5 réflexions sur “Questions existentielles sur Noël

  1. Ici ce sera le premier vrai noël de la mistouflette elle a eu 15 mois encore trop petite pour comprendre ce qu’est noël mais j’ai hâte de la voir déballer tous ses cadeaux. Comme toi j’aime et je déteste cette période. Je l’aime.pour tous les moments passés en famille et je la déteste parce que le 25 décembre est la date de décès de papa et cette année est le premier noël sans lui. Mais heureusement mes enfants mon mari et ma famille sont là.
    bon courage à toi et passe de belles fêtes quand même

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    • Bon courage à toi aussi… Parfois je me dis que mes parents et moi on gâche ce temps où ils sont encore là, mais je dois me résoudre à ne pas trop m’en vouloir et me dire qu’après tout, tout cela n’est pas uniquement de mon fait. Pensons à nos enfants, en espérant que cela allège les peines <3

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  2. Vivre une journée à la fois… à force de vouloir tout anticiper pour Noël ne gache-t-on pas nous même notre plaisir ?

    Tout comme vous, j’aime et je déteste cette période de l’année. L’arbre à faire mais en même temps tellement beau à regarder tous les soirs quand il s’illumine… Le repos qui arrive avec joie mais aussi la culpabilité de laisser ma mère seule parce qu’elle vit à six heures de route et ne veut pas se déplacer et que moi bien je suis sacrément fatiguée et aurait plus le goût de la recevoir que de me taper 12 heures de route en plein hiver aller et retour inclus.

    Bref, la vie est faite de pours et de contres, de bonheurs et de malheures… un balancier qui jamais ne s’arrête…

    Enjoy your Fêtes !

    Nathalie

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  3. Je suis comme toi, partagée, énormément partagée, c’est le premier Noel de mon bébé, le 3ème de ma grande qui comprends, qui s’émerveille, qui croit au père Noel, à toute cette magie, j’ai envie d’être heureuse et de sauter dans cette magie à pieds joints pour les rejoindre et puis, il y a les soucis de grands à côté, la famille, et tous ces gens qui n’ont pas cette chance dans la vie, ceux qui nous ont quitté …
    C’est dur, d’être adulte :P

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