« Ah bon, tu l’allaites encore ? »

Allaiter mon deuxième était incontournable. Après l’échec cuisant de ma première expérience, je voulais atteindre cet objectif si important à mes yeux. Donner un biberon m’était tout simplement anti-naturel. Je suis faite pour donner du lait à mon bébé. C’est juste ce qu’il y a de plus normal au monde. Et de plus simple. Car je l’avoue : je suis une grande feignante, alors préparer des biberons en pleine nuit, trouver le bon lait vendu dans une pharmacie particulière – et qui accessoirement coûte un rein – très peu pour moi.

Puis mon Zebulon est né. Glouton jouflu. Il m’a bien aidé à atteindre mon objectif. Heureusement les copines étaient là. Marion, Baby, et toutes les autres : celles qui avaient allaité… longuement. Nas, Virginie, vous toutes vous avez fait la réussite de cet allaitement.
Et puis j’y suis aussi pour quelque chose. J’ai tenu bon. Face à la facilité de donner le biberon. J’ai résisté malgré les petits bobos. Malgré les envies de sevrer et d’être libre.
Et nous voilà, aujourd’hui, avec 25 mois d’allaitement.
Ce n’était pas un objectif l’allaitement long.
Mais nous y sommes. J’allaite un enfant de deux ans.
Ce lien lacté s’amenuise. Les tétées du matin se font rares, celles de la sieste sont systématiques quand il est à la maison, et celles du soir parfois courtes mais indispensables qu’il appelle d’un cri d’un seul « tétéééeee ». Ainsi on jongle entre 1 et 3 tétées par jour.
C’est notre moment à nous. Pas toujours zen. Pas toujours aussi doux qu’avec un nourrisson. Car à deux ans, il teste parfois – tiens elle va dire quoi maman si je mords un peu -, il joue – à me pincer le nez, à faire tourner son doudou comme dans « on fait tourner les serviettes », à téter (trop) longuement en faisant des pauses pour voir ce que j’en dis. Mais il y a encore ces moments magiques, où il est lové contre moi, au creux de mon bras – oui il tète toujours en madone comme un petit bébé, mais chuut, ne lui dites pas qu’il a grandi – où sa main se pose sur mon sein et il dit « chaud maman », où ses grands yeux bleus plongent dans les miens.
Notre allaitement long, il est comme n’importe quelle relation de mère avec son enfant de deux ans, avec des hauts et des bas, des biens et des moins biens, des moments chouettes et d’autres plus coriaces.
Il est à l’image de notre histoire : instinctif et entier.

Alors quand on m’entend dire que je l’allaites toujours, les gens, je les regarde amusée avec leurs grands yeux ronds et leur phrase toute faite en bouche « ah bon, tu l’allaites encore ? » et je repense à tous ces moments qui me donnent raison sur mon choix.

Bien sûr je pourrais le sevrer. J’en ai eu maintes fois envie. Mais lui donner du lait de vache me répugne, et nous priver de ces moments encore plus !
A lui de décider quand il sera assez grand pour ne plus téter. Avant 6 ans tout de même.

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6 réflexions sur “« Ah bon, tu l’allaites encore ? »

  1. Et moi de leur répondre comme une évidence : ha mais oui !! Bien sur que je l’allaite encore !
    Comme si c’était leur question qui est contre nature.

    <3 <3

    J'aime

  2. Pingback: Pied de nez à mon sein |

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