Les réfugiés : et si c’était vous ?

Comme beaucoup de monde, je me suis endormie hier soir avec l’image d’un petit corps inerte rejeté par la mer sur une plage turque bien loin d’être ensoleillée. Je n’en finis plus de pleurer. La nausée ne me lâche pas. Mes boyaux se tordent. Le petit Aylan Kurdi, son frère et sa mère se sont endormis pour toujours. Sur une plage turque. Sur le sable mouillé et froid. Aylan ne verra jamais le pays libre où ses parents avaient décidé de fuir.

Parce que l’atrocité de leur (sur)vie en Syrie valait le coup de tenter la mort pour avoir la liberté. Ce petit Aylan n’ira pas à l’école, il n’apprendra pas à lire. Il ne tapera plus dans un ballon et n’enlacera plus avec amour le cou de sa mère. Il gît, froid, inerte. Parce que nous laissons faire. Parce que nous nous voilons la face. Nous laissons mourir ces frères, ces sœurs, ces pères et ces mères de ce pays qu’est la Terre. Les frontières sont une inventions de l’homme pour détruire la paix entre les humains.

Je suis fille d’immigrée. Ma mère est arrivée en Espagne à l’âge de 8 ans, en 1959. 1 an avant mon grand-père a quitté l’Espagne et son andalousie natale pour trouver du travail. Pendant 1 an, il est resté loin de sa famille. Pour les sauver d’une Espagne exsangue, sous la coupe du régime dictatorial du Caudillo, Franco pour ne pas le nommer. Dans ma famille, il y a eu des terres d’oliviers brûlées, des troupeaux de taureaux tués. Voilà ce que je sais de ma famille, floue, diffuse pourtant si douloureuse. Je ne connais pas les détails, je sais mal cette histoire… Un tabou. Une histoire qui se dit parfois, du bout des lèvres. La douleur de quitter leur pays, leurs racines. Tout laisser pour ne pas mourir, crever de faim. Puis la famille a été réunie. Ils ont vécu dans des barres, à la ZUP de Bayonne.
Je suis fille d’immigrée et je suis fière de l’être. Car cela m’a appris la tolérance, l’amour des autres, l’amour de l’inconnu venu d’un pays plus ou moins lointain sans valises mais avec une richesse, celle d’une culture, d’une différence. La famille de ma mère s’est intégrée comme elle a pu. Parler français, surtout. Et faire profil bas. L’accueil en France a plutôt été glacial. Plus de 10 plus tard, ma mère rencontre mon père. Mes grands-parents repartiront en Espagne. Ma sœur et moi naîtront, sans entendre parler un mot d’espagnol si ce n’est pendant nos vacances barcelonnaises… Surtout ne pas parler espagnol pour ne pas avoir honte et ne pas se faire remarquer. J’ai gardé en moi cette pudeur, je ne parle espagnol qu’en famille, ou si je suis obligée, comme un secret.
Alors ma mère n’a pas pris le bateau pour venir en France car c’était un pays frontalier. Mais elle aurait pu. Elle aurait pu être ce petit Aylan qui fuyait aussi un pays en cendre… Comment pouvons-nous refuser d’offrir une terre d’asile ? Comment osons-nous refuser de partager ce qui ne nous appartient même pas ?
Les mots me manquent pour décrire l’horreur. Mais les écrits restent.
Alors pour qu’il n’y ait plus d’autres Aylan, que l’on n’oublie pas qu’avant lui d’autres sont morts (environ 2000) mais que nous pouvons faire en sorte qu’il n’y en ait plus après, voici quelques liens utiles si vous voulez aider, sans savoir comment. Les dons sont défiscalisables : on aurait tort de s’en priver non ?

La cagnotte créée par Serena (Wondermum en a ras la cape), au profit de l’Unicef.
– Et cet article de Slate.fr qui est une mine d’or avec tous les liens utiles pour venir en aide aux réfugiés http://www.slate.fr/story/106391/que-faire-pour-aider-les-refugies. Petit résumé pour verser des dons aux associations internationales :

► L’agence des Nations Unies pour les réfugiés : avec le lien pour faire un don.

► The International Rescue Comittee travaille à améliorer les conditions de vie des réfugiés dans le camps de transit des îles grecques. Pour faire un don, c’est ici.

► L’organisation Save the Children, présente dans 120 pays, apporte son aide aux réfugiés. Pour donner c’est ici.

Médecins Sans Frontières « a dépensé 3,5 millions d’euros en Syrie en 2014. Les équipes ne peuvent plus intervenir dans les zones détenues par l’État islamique, et ont dû quitter l’hôpital général, mais elles viennent en aide à un réseau de médecins locaux et s’occupent des populations déplacées dans des camps de fortune. MSF a également lancé des opérations de recherche et de sauvetage en mer des migrants en Méditerranée. » Pour faire un don, tu cliques .

L’Unicef « défend la cause des enfants dans 190 pays du monde, dont la Macédoine, pays de passage des migrants en transit par la route des Balkans, où l’association met en place des tanks à eau pour les familles qui arrivent déshydratées, et travaille sur le terrain avec les autorités locales. » Pour donner, une fois, ou chaque mois, avec un montant libre ou défini, c’est par là : https://www.unicef.fr/article/faire-un-don-l-unicef-france

Médecins du Monde « a fait une de ses priorités d’agir dans les pays d’origine des migrants (Afghanistan, Afrique subsaharienne…) mais aussi tout au long du parcours migratoire (Turquie, Algérie, Sahel…) pour leur apporter des soins. » C’est ici pour faire un don.

Singa, une association française qui oeuvre aussi à l’internationale et qui permet de venir en aide au réfugié en mettant en lien les habitants qui ont un lit disponible et les réfugiés sans domicile.

– Pour reverser des dons aux associations de votre choix tout simplement en faisant vos achats sur Internet : Solimoov. 444 sites partenaires (donc la Fnac, Rue du Commerce, LaRedoute…) pour soutenir 128 associations sans nous coûter un centime.

N’hésitez pas à poster en commentaire un lien vers d’autres cagnottes. Et surtout faites tourner les pages de dons des associations internationales. Plein d’amour sur vous, et serrez fort vos enfants <3

mathou alan kurdi
Merci à <3 Mathou <3 qui a eu l’amabilité de me laisser utiliser son dessin pour illustrer ce billet. La beauté de tes dessins n’a d’égale que ton grand cœur.

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3 réflexions sur “Les réfugiés : et si c’était vous ?

  1. Pingback: Revue de web n°30 | Maman à Paris

  2. Merci pour ton article sur ce dur sujet… Je dois dire que moi justement je ferme un peu les yeux en ce moment.J’attends mon premier enfant, un petit mec, et c’est juste trop horrible, trop inconcevable. Cette angoisse je ne l’avais jamais éprouvée avant, mais là je me dis vraiment ce que j’ai déjà entendu dans la bouche d’autres, que ce monde est trop moche pour y faire naître mon petit garçon à moi. Et que lui aura la chance de naître ici et pas là-bas et que c’est trop injuste. Mais en tout cas j’ai l’impression de n’entendre que des mots de haine (qui se sont calmés un peu c’est vrai depuis cette image terrible qui rend l’horreur plus palpable sans doute…) et donc ça me fait du bien de lire ici cette chaleur et cette compassion. Cette humanité, tout simplement !

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    • Je pense que ces mots de haine font le régal des médias et du gouvernement qui préfère un peu peuple désuni plus facile à contrôler..; Après je me rappelle qu’enceinte je fermais les yeux sur toutes les choses trop dures qui m’atteignait trop…Alors fais de même. Tu es dans une période particulière, personne ne t’en voudra de te préserver et de préserver ce petit trésor à naître ;) Au plaisir de te revoir par ici :) Et bonne continuation pour ta grossesse.

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