Et si je m’écoutais ?

Cela peut paraître une évidence que je m’écoute : mes réflexions personnelles tiennent une grande place sur mon blog. Et pourtant, comme beaucoup de maman, je suppose, je ne m’écoute pas. Ces temps d’écriture ici sont en fait les seuls moments où je me pose vraiment pour réfléchir sur ce que je vis et je ressens. Si ce que je fais est en adéquation avec ce que me dit mon corps. Si je prends les bonnes décisions ou je prends le bon chemin professionnellement ou personnellement.

J’ai travaillé d’arrache-pied depuis plusieurs mois, à trouver des clients, à bosser pour pas un rond, puis LE boulot divin est arrivé. Un super dossier pour Le Parisien. Je ne sais pas faire ? Pas grave je vais apprendre. Je suis de celle qui veut relever tous les défis qui ne sont pas dans leurs compétences à la base. Mon credo : sortir de ma zone de confort pour apprendre de nouvelles choses. Je suis une warrior de l’écriture non ?

La fatigue ? Pas grave, j’ai l’habitude. Je sais bosser en étant épuisée. Je dormirai quand je serais morte.

Sauf que cela demande de l’énergie de relever des petits défis. Mes vacances d’août sont bien loin. Trop loin. Ce gros boulot je l’ai accepté, sachant que cela signifierait pas de vacances de Noël. Pas grave, je peux le faire. Et j’y suis arrivée. Mais à quel prix ? Tout accorder, vie pro et familiale, avec les nuits pourries, les journées pleines, les soirées bien occupées…

La semaine dernière, avec l’affluence de travail, j’ai dû mettre mon Presque-Troizans chez la nounou toute la semaine, au lieu de 3 jours, ainsi que ma grande au centre de loisirs le mercredi. Là j’ai eu un premier déclic : est-ce ce que je veux vraiment ? Récupérer mes enfants, les voir une ou deux heures ? Passer les mercredis à la trappe ? Certainement pas. Pourtant, je me suis toujours dit que jamais je ne sacrifierai mon travail, que je ne serai pas comme ma mère, à n’être que mère et à me nourrir que de mes enfants. Que quand ils partiront de la maison, je dois aussi avoir une existence autre que celle de maman. Que c’est sain qu’ils me voient travailler. Autant ? Tout le temps ? Je me plains d’eux mais ils sont si essentiels dans ma vie. Je les ai mis au monde, et je veux les accompagner jusqu’à leur vie d’adulte. Avoir du temps pour faire les devoirs. Pour rire. Même pour se fâcher. Ces moments sont précieux, tellement précieux. Pour moi, mais pour eux ? Et si je me disais qu’en février, leur semaine de vacances je la passais sans travailler ? Sans stress ? Sans tout à gérer ? J’aimerais tant. Utopie.

Puis cette nuit a été la nuit de trop. Hachée, inexistante, marquée par les réveils du Presque-Troizans, juste assez pour ne plus pouvoir me rendormir tant j’étais fatiguée. Celles qui sont crevées le savent : trop de fatigue tue le sommeil. On reste branchée sur 200 volts pour ne pas céder. Et là, cherchant désespérément les bras de Morphée,, je me suis dit que c’était peut-être le signe. Qu’il fallait que je me repose un peu. Que j’allais griller du ciboulot à cause du boulot. Bosser le soir, la semaine, le week-end, ce n’est plus possible. Pour moi, pour la vie de famille, pour les enfants.

Sauf que cet argent j’en ai besoin. On en a besoin. Je ne parle pas de superflu. Je parle de manger et de payer les factures. Mais là, ce matin, j’ai décidé de renoncer à un juteux projet. Très intense et court. C’était trop pour moi. Trop. Trop après une nuit de 4h30 de sommeil à tout casser. Trop d’un coup. Trop longtemps sans me reposer. Trop d’années. J’ai réfléchi à tout cela cette nuit et donc j’ai décidé de renoncer au projet. Je devrais me sentir soulagée non ? Pourtant, je ressens un fort sentiment de culpabilité. D’avoir baissé les bras. Parce qu’on a besoin d’argent, parce que je n’ai pas été assez forte. M’écouter est pour moi synonyme de faiblesse. « Quand on veut on peut » c’est mon leitmotiv dans la vie. On peut tout apprendre, même à bosser caféinée à moitié endormie. Mes grands-parents ont bossé toute leur vie. Sans vacances. Mon père ne s’est jamais plaint de faire les deux 8. Et moi je fais quoi ? Je fais ma précieuse sur quelques heures de sommeil manquantes depuis soit disant un peu trop longtemps ? Pour moi, m’écouter c’est écouter son petit nombril au détriment des autres. Soliloquer ne fait pas progresser.

Et des fois je me dis, comment je peux penser ça ? Je sais où cela m’a menée de ne pas m’écouter : au burn out. Je n’ai donc pas appris de ça ? Moi oui, mais mon inconscient, ma petite voix intérieure pas vraiment… Pourquoi je me dis qu’il faut que je progresse tout le temps, faire mieux, faire plus ?

Alors en attendant que ça passe, les nuits pourries ou l’épuisement, je vais rester dans ma zone de confort, écrire des textes sur les mamans, sur la puériculture, sur la psychologie, sur les mets, sur la culture, sur ce que j’aime finalement. M’occuper de mes petits clients que j’aime et avec qui c’est agréable de travailler. Me gorger du temps que j’ai l’immense chance de passer avec mes deux monstres d’amour. Les gros challenges, je les garde pour plus tard, quand mon petit sera à l’école. Quand j’aurais récupéré un peu d’énergie. L’envie est là, derrière cette tonne d’heures de fatigue. Je dois juste la faire patienter. Et m’écouter. Juste ce qu’il faut.

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Mes amours, mon booster de moral <3 

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4 réflexions sur “Et si je m’écoutais ?

  1. et bien je trouve que ta conclusion est la meilleure … c’est-à-dire chaque chose en son temps ! tu es à un moment où tes enfants sont petits et où ils sont ta priorité … dans quelques années, ados ils auront besoin de plus d’autonomie et là tu pourras t’éclater à gérer les plus gros dossiers de la terre ! ex-journaliste j’ai abandonné la radio car les réveils à 4h du mat pr aller faire les matinales juste impensable pour moi avec les gosses à l’année (je passais de toute façon mon temps dans les vappes car ce rythme je ne l’ai jms pris et les insomnies à cause de la trop grde fatigue je connais !). Maintenant je suis saisonnière et je ne vois pas mes enfants 1 mois 1/2 l’hiver et très peu en juillet/août mais … mais … tout le reste de l’année je suis super présente ! l’an passé j’avais repris un boulot « normal » dans la com’ à 40H/sem et le filles ne supportaient pas que je ne les emmène plus le matin à l’école, rentrer tard le soir etc. Bref elles qui râlaient de nos séparations annuelles ont vite fait leur choix et moi aussi ! et de tte façon si on veut bosser (j’en ai besoin viscéralement sinon je me morfonds), le rythme parfait qui conciliera vie perso et pro n’existe pas … quand on l’admet tout va mieux ;) bon courage !

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  2. Je voulais juste dire, t’es pas ta mère. Arrêtes de vouloir faire mieux ou différent, et si, écoutes toi justement. courage ma kiki <3

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