Ecrire pour de vrai

Dans la vie, j’avais deux rêves : travailler dans la mode et écrire un livre.
Bon, pour le premier, c’est raté. Je n’ai pas eu les moyens de me payer une école ni eu un accompagnement pour prendre le bon chemin.
Souvenirs d’une adolescence écorchée.

Pour le livre, c’est une autre histoire.
J’ai toujours eu en tête un dicton me venant de ne je sais où et qui dit que tout homme pour s’accomplir se doit dans la vie de planter un arbre, d’avoir un enfant et d’écrire un livre. Je ne sais pourquoi, ces mots ont toujours résonné en moi aussi loin que je m’en souvienne.

J’ai toujours aimé lire, même si je nourris trop peu cette passion depuis que je suis maman et que mes nuits paisibles ne sont qu’un souvenir. Les mots, leur mélodie, leur force d’émouvoir ou de bouleverser, m’ont toujours fascinée. J’ai trouvé dans la lecture un refuge doux et rassurant quand dans ma vie je traversais des tempêtes. Il y a des livres qui m’ont changée, qui ont bouleversé ma vie. Cyrano de Bergerac, Le poney Rouge, Lullaby, Le monde de Sophie, Les contes de Grimm, Le rouge et le Noir, Une vie de Maupassant, Judy Blume, Alexandre Jollien, Jean-Baptiste del Amo, Baudelaire, Rousseau, des livres sans aucun lien qui me représentent pourtant. Leurs auteurs ne savent pas à quel point leurs phrases m’ont emportée…

J’ai une admiration sans bornes pour celles et ceux qui parviennent à avoir en couverture leur nom en toutes lettres. Comme s’ils avaient accompli un tour de magie.

J’aime lire et j’aime écrire. C’est mon travail. Et ma passion depuis longtemps. Mais de là à pondre une oeuvre, il y a un monde. Un monde que je ne parviens pas à atteindre. On peut se dire qu’il n’y a rien de plus simple qu’écrire un livre. On prend son ordinateur, on ouvre un document Word et puis c’est tout. Il suffit de se motiver un peu.
Sauf que je suis bloquée.
J’ai peur.
Ecrire me fait peur.
Peur de réussir, d’échouer, de ne pas y parvenir.
Découvrir que je suis encore plus médiocre en écriture que je le pensais.
Que finalement, je ne suis pas faite pour ça.
Qu’il faut que je laisse cela aux vrais, à ceux qui savent manier les mots.
Et si je m’étais menti ?

Je suis comme figée.
Parce que si j’écris ce livre, ou ses livres, que j’essaie de les faire éditer, que je me vois refuser encore et encore, que j’échoue dans ce dessein, il me reste quoi, dans ma vie pour rêver ? Quel projet me reste-t-il pour avancer ?
Non et puis si j’étais douée, ça se saurait. Le destin aurait déjà mis quelqu’un sur mon chemin.
Je percevrais des signes.
A part un concours de poésie en primaire, je n’ai jamais brillé pour mes écrits.
Et si tout cela n’était qu’un fantasme qui devrait le rester ?
Et si j’étais prédestinée à n’écrire que pour les autres mes petits textes mignonnets ?

Je voudrais écrire du Maupassant, mais je suis tout au mieux capable d’écrire du mauvais Marc Lévy.
Et si j’étais moyenne ? Comme tout le reste dans ma vie, dans mon enfance, bercée par les « peut mieux faire ».
Je ne supporte pas de me dire que je ne suis pas exceptionnelle et qu’à l’aube de ma mort je n’aurai rien accompli d’ « extra-ordinaire ».
Que ma vie n’aura été qu’une succession de journées, de tâches, de devoirs.
Et que mes rêves se sont envolés avec ma jeunesse.

Cela peut paraître très présomptueux de dire ça, mais j’assume. Le fait de me dire qu’un jour, j’écrirai un livre, cela me rassure, comme on prend un bateau pour une destination prévue, si proche et si lointaine, à portée de main et si impalpable, vers un nouvel ailleurs.

Alors en attendant quoi ou qui, nul ne le sait, je rêve.
J’ouvre mon fichier Word, puis un autre, j’en crée et je n’écris pas.
Je les ouvre, écris deux mots, et les referme… pour atterrir à nouveau dans la vie réelle, celle où je ne suis l’héroïne que de mes enfants.
Et de laquelle j’ai besoin de m’évader en écrivant ici ou ailleurs.

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10 réflexions sur “Ecrire pour de vrai

  1. Je crois que le dicton est d’Hemingway :-) Et moi aussi il m’a toujours beaucoup plu. Juste ce qu’il me fallait, ce qui me correspondait en termes d’ambitions.
    Je ressens (mais tu le sais) très exactement la même chose que toi, y compris cette peur de réaliser que je ne suis et ne serai finalement jamais exceptionnelle (même si ça peut aussi paraître présomptueux et que c’est parfaitement contradictoire avec mon syndrome de l’imposteur quand je réussis finalement quelque chose).
    Il faut prendre tout ça en main ! Faisons-le, soyons des coachs réciproques !

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  2. Je crois que ce livre, il faut d’abord l’écrire pour toi, sans penser à qui il plaira.
    Tu pourras toujours l’auto-publier.
    Regarde, y a un mec qui a écrit un porno gay avec Trump comme personnage principal, il a écrit son torchon en 1 nuit, l’a balancé sur amazon et il a réussi à le vendre à pleins d’idiots

    Comme toi, j’aimerai écrire un roman un jour, trouver la motivation pour le terminer, aller jusqu’au bout sans abandonner. Par contre, je n’ai pas forcément envie de faire quelque chose d’extra-ordinaire dans ma vie ;)

    Aimé par 1 personne

  3. Comme dis dans un commentaire, écris le déjà pour toi le livre ou les livres, voir ta famille et amis. Puis ensuite tu verras…
    Peut être un jour tu le publieras…
    Faut se lancer, si ta vie dans ta tête est déjà très riche, au pire tu trouveras toujours d’autres rêves.
    D’abord fais toi plaisir, lance toi écris ces livres dont tu rêves, un jour tu croiseras peut être quelqu’un qui t’aidera à publier.
    Et puis tu sais beaucoup de gens sont doués dans des domaines et ne sont pas forcément connu.

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    • C’est pas être connu qui me fait rêver, c’est donner aux gens des moments d’évasion à travers les mots. J’aimerais pouvoir apporter ça, comme ici parfois sur le blog. Et parce que je dois absolument trouver un exutoire à tant d’imagination… ;)

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