Un chouette mercredi

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Le réveil a sonné ce matin. On était encore tous en retard. Comme d’habitude depuis quelques semaines. Je travaille tard tous les soirs, les enfants s’endorment vraiment tardivement. Décidément le changement d’heure fait des ravages. Le ciel rougeoie à l’heure où je devrais presque me coucher.
Des céréales avalées à la vitesse d’un escargot pour le petit, des tartines pour la grande « avec du miel s’il te plaît maman ».
On nettoie les museaux, on habille leurs corps encore tout chaud de leur sommeil et on essaie de ne partir pas trop en retard. A 8h57 très exactement.
Un gros bisous sur la joue de ma Zouzou et la porte de l’école se referme sur nous.

Je prends mon bout de chou déjà grand sous le bras.
On discute pendant qu’il me fait des doudous dans les cheveux.
On retourne à la voiture. « Sous l’Océan maman !! »
L’air entraînant de la Petite Sirène nous caresse les oreilles et les mots s’échappent de nos bouches.
Il répète, le sourire aux lèvres, « sous l’Océan ». Avec l’accent.
On file acheter de la brioche « au magasin maman ? » et une bricole.

On reprend la route pour aller au garagiste.
« Tu vois c’est son métier au monsieur de réparer les voitures.
– Il va réparer ta fenêtre maman ?
– Pas cette fois.
– Mais elle marche pas.
– Tu sais mon chéri, ce qui compte c’est que la voiture elle roule. La fenêtre ce n’est pas très grave. »
Tu sais mon tout-petit, ce qui compte c’est l’amour. Le reste ce n’est pas très important.

Puis on est rentré, bricoler ses tracteurs, les décortiquer, les faire rouler sur l’asphalte de notre salon.
On a appelé papi. Grand-père et petits-fils ont échangé des mots, des mots banals qui étaient chargés de bien d’émotions à bien y penser.
On a appelé mamie. Ces rires et ces sourires réveillés par quelques paroles ont tapé fort dans mon cœur.
Une relation de grands-parents avec leur petit enfant, réparant par là même une relation déchue de parent à enfant.
Vivre ce bonheur et cet amour un peu par procuration.
Il a la chance d’avoir des grands-parents présents, plus soucieux de leur rôle que les parents qu’ils étaient.

Puis j’ai préparé à manger. Mon petit assistant insistant m’a aidé.
Plouf ! le bouillon de légume dans l’eau !
Oui mon ange, à midi il y aura du poulet.
Préparer un repas si commun qui porte pourtant tout l’amour d’une mère à ses enfants, d’un enfant à sa mère.
Si quotidien et si exceptionnel à la fois.

Retrouver la figurine du chevalier à l’arbalète, puis au « couteau » comme il le dit.
Un jouet qui restera peut-être dans sa mémoire jusqu’à l’âge adulte.
Un souvenir parmi tant d’autres qui fera son bonheur, sa petite madeleine.

Enfiler les chaussures qui court vite et repartir chercher la grande sœur.
L’accueillir avec un sourire, toujours, avec un bisous, forcément.
S’assurer que sa journée a été plus lumineuse que sombre.
Plus amusante que studieuse.
Et filer pour manger ce repas réalisé à 4 mains.

Rire, rigoler, savourer ce mets mais aussi le temps partagé.
La préparation d’un gâteau, au chocolat s’il vous plaît, mi-moelleux mi-fondant, pour contenter toutes les petites dents et qui porte en lui la promesse d’une après-midi heureuse.
Des œufs cassés, du chocolat mélangé, tout le monde a participé.
Attraper quelques gouttes de ce nectar, les voir sourire de gourmandise.

Attendre impatiemment que le temps de cuisson soit écoulé et voir dans leurs yeux l’envie.
La musique pour danser, pour les occuper, toute l’après-midi résonne de leur voix et de leurs pas.
« Oh maman c’est ma chanson préférée », c’est sans doute aussi la mienne juste parce que je vous aime.

Puis partir en mission cadeau pour l’anniversaire de l’amie de son enfant.
La laisser choisir avec merveille et la voir rêver devant ces autres jeux et jouets de cette boutique adorée.
Avoir envie de tout leur acheter.
Et se raisonner.

Finir à la bibliothèque pour ramener des livres et charger notre escarcelle de tant d’autres pour le pays des songes.
Mais avant cela, lire et lire encore 15 histoires, pour échanger avec les mots des autres ce que l’on manque de dire avec les nôtres.
Des histoires de loup pour se faire peur, de souris qui se marie, de pourquoi sans réponses.
Partager et se câliner.

Puis rentrer, tranquillement, et profiter de la fin de la journée pour flâner dans la cour.
S’amuser.
Les entendre rigoler.
Faire voler la platitude de la vie de ces rires éclatants.
Faire fuir la mort en habitant cette vie.

C’était un mercredi comme les autres mais à la saveur toute particulière.
Aujourd’hui, chaque moment s’est écoulé doucement avec délectation.
Je n’avais pas envie d’être ailleurs, ni que ça passe plus vite, ni même d’être vite à ce soir.
Aujourd’hui, j’ai aimé mes enfants comme j’aimerais le faire chaque jour.
Patiemment.
Aveuglément.
En pleine conscience.

Consciente que ce qui dure un jour ne dure pas toujours.

 

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2 réflexions sur “Un chouette mercredi

  1. Juste merci <3 Lecture très très tardive tandis que je travaille, … Je me retrouve souvent dans ce que tu écris, et nous faisons le même métier ;-)
    merci pour cette belle belle tranche de journée et d'amour juste avant que je n'aille me coucher. Je dormirai peut-être bien, cette fois <3

    J'aime

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