Une journée comme tant d’autres

WP_20160706_001Premier jour des vacances : chouette.
Quelle veine en plus, ça tombe un mercredi.
Je me suis dit que j’allais pouvoir profiter de mes petits.
Jouer un peu.
Allez à la plage.
PRO-FI-TER.

Du travail certes, mais pas de quoi fouetter un chat.
Un détail en somme.

Puis la journée démarre mal.
Force est de constater que dormir pose un problème dans l’emploi du temps.
Déjeuner.
Débarrasser.
Travailler.
Préparer leurs vêtements avec eux pour qu’ils choisissent ce qu’ils veulent.
Me doucher.
Filer à la pharmacie avec eux.
Rentrer et préparer à manger.

A ce moment-là de la journée, je me dis que ça va, je gère.

Puis le temps s’accélère.
Quoi ? Il est déjà 13h30 !
« Les enfants, on mange ! »
Jouer un peu aux mini-raquettes.
Préparer la machine à laver pour ne pas se retrouver à faire 6 machines le week-end.
13h45.
Il se passe quoi là exactement ? Dans la journée, passée midi, le temps passe deux fois plus vite ? C’est ça ?

Le repas se passe tant bien que mal mais moins mal que d’habitude.
Puis après, je leur mets l’ampoule qui fait de la lumière et pendant qu’il danse
J’organise celle des mots pour mes clients.
J’ai mille choses à ranger mais je profite du calme pour le moins fugace pour me concentrer.

Toujours faire ce que l’on dit
Surtout quand on y pense
Avec que cela ne tombe dans l’oubli.

Deux minutes plus tard me voilà en train de faire une partie de dominos, histoire de jouer un peu avec eux.
Je leur mets un dessin animé pour travailler devant leur insistance
Et ma faiblesse patentée.
Je ne suis ni libérée ni délivrée de mes tâches professionnelles difficiles à organiser avec eux et la bande son en fond.

Puis l’heure du goûter approche.
Lentement, mon petit mange pendant que ma grande est déjà passée à autre chose.
Il met tellement de temps que ce dernier pourrait remonter.

Puis enfin, préparer les affaires pour la plage.
Faire accepter à la grande de se faire coiffer.
Une de ces 46 luttes quotidiennes auxquelles je dois faire face.
Usantes.
Et légitimes de leur part.

Arriver enfin à décoller.
Puis la plage, un petit moment en suspens… de plaisir.
De sourires.
Le petit fait le clown.
La grande est dans son bateau gonflable.
Ils s’amusent tous les deux, complices, la grande heureuse et le petit qui chantonne.
Le soleil tape mais la légère brise le transforme en caresse.
L’eau chatouille mes genoux.
La plage est paisible, presque calme.
Pourtant, il me semble que je suis plus agitée que l’eau du lac…
Puis repartir : le manger à faire, la route, le boulot du soir, la lessive à dépendre et celle à étendre.

Et arriver à 19h20 à bout de patience.
Et déléguer à mon binôme parental.
Comme d’habitude, j’arrive à bout de mon joli petit rêve du matin.
Qui s’est vite transformé en une succession d’actions.

J’arrive au bout de cette journée en me disant qu’encore une fois, j’ai échoué.
Je n’ai pas su rester patiente.
Rester à leur hauteur toute la journée.
Le stress m’a gagné et a fini de saboter le peu d’organisation que j’ai pu envisager.
Et la culpabilité, celle qui me fait dire que les autres font mieux que moi.
J’en suis persuadée.

Le stress me poursuit au quotidien
Et avec l’obsession de la montre.
Les journées durent seulement 24h et pourtant j’ai l’impression chaque jour de devoir en faire autant qu’en 72.

Le pire dans tout ça c’est que tout ce que je fais dans une journée me plaît.
Au-delà de tout.
Mes enfants.
Jouer avec eux.
Les amener à la plage.
Faire à manger.
Faire en sorte que la maison tourne.
Travailler pour des clients que j’adore.
Ecrire, animer des pages.
Vraiment, j’adore tout ce que j’ai fait aujourd’hui.
Mais pas vraiment tout ce que j’ai ressenti.
C’est comme si tout ça réunit dans une journée, c’était trop.
Toutes ces petites choses dont je n’ai pas cité la plupart qui font que ma journée ressemble parfois à une semaine.
Une semaine marathon qui se finira après quelques heures de coucher à gérer, de boulot sans doute, et peut-être par un moment de détente.
Au pire, je volerai quelques pages d’un livre alors que le jour suivant a commencé, avant de sombrer dans les bras de Morphée.

Pourtant avec de l’organisation, c’est simple d’y arriver…
Et c’est là que je me dis que ça serait plus simple si on pouvait déménager
S’ils pouvaient s’amuser dans le jardin plutôt que jouer dedans et s’agacer.
Mais non, il faut que j’accepte de faire avec ce que j’ai.
Et j’y arrive pas si mal.
Même si des journées comme ça me laissent pleine de tristesse et de frustrations incroyables.
J’y arrive mieux qu’avant…
Vraiment ?

Alors j’attends, impatiemment, que les congés arrivent.
Ces 8 petits jours durant lesquels je n’aurais pas à regarder ma montre.
Où je ne serais là pour personne au téléphone.
Ni sur ma boîte mail.
Ou surtout je n’aurais pas autant de choses à gérer.
Prévoir.
Penser.
Ne pas oublier.

Ces 8 petits jours si précieux qui ont la forme d’un mirage et auxquels je me raccroche avec force et conviction…
Et dont je ne reste pas persuadée qu’ils seront totalement exempt de travail…

Les petits dorment enfin.
Le travail est terminé.
Le calme en moi peut revenir…

Jusqu’à la prochaine fois.

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8 réflexions sur “Une journée comme tant d’autres

  1. Aujourd’hui, ma belle mère est venue garder les enfants pour que je puisse bosser. Et ça tombait bien parce qu’à 9h du mat, ils m’exaspéraient et j’avais déjà envie de leur crier dessus, aucune patience pour leurs bobos perpétuels et leurs chamailleries si récurrentes… Heureusement que c’était pas moi avec eux aujourd’hui parce que ça aurait mal commencé et je sais pas comment ça aurait fini.
    Je ne sais pas pourquoi mais il y a des périodes où je peux plus supporter ce qui me semble être leurs chouineries permanentes. Je nous trouve globalement bcp moins patients et bienveillants qu’au début. Comme si c’était nécessaire pour se sentir exister aussi, ne pas être submergés. Et j’ai l’impression que c’est un peu ça que tu ressens aussi , quand tu dis voir le temps filer. Parce que si toutes tes tâches te plaisent, elles sont peut être juste bcp trop nombreuses pour être sereinement réalisées en une journée.
    Si ça peut te rassurer, maintenant qu’ils ne font plus de sieste, je leur mets des dessins animés tous les mercredis pendant 1h après le repas, ce qui me permet de souffler et parfois travailler. Et quand c’est un peu plus parce j’ai pas la force, bin c’est comme ça.
    Je crois pas que tout le monde y arrive mieux que toi. Je crois juste que bcp de gens se mettent moins de pression, font peut être plus facilement avec leurs limites (qui sont legitimes) et se mettent la barré moins haut.
    Tu fais déjà bcp mieux que ce que tu as recu, je crois.
    Et peut être que ça te ferait du bien d’aller décharger tout ça a une oreille bienveillante qui te le confirmerait et t’aiderait à regarder ce que tu fais avec moins d’intransigeance et plus d’admiration.

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    • Je ne sais pas pourquoi non plus. OUi sans doute je me mets la barre haute, parce que je ne veux pas qu’ils aient la même enfance que moi. A passer toujours en dernier. Mais comme toujours dans ma vie, je me dis que je peux plus, supporter plus, faire plus, enfin… sauf pour le sommeil. Dormir moins pour vivre un peu après ces journées.
      Je sais que pour toi aussi plane un certain vécu. Et je pense que l’on aura beau faire une psychanalyse, tout ça je pense nous définit quelque part. Tu vois ? Je pense aussi que ça vient aussi de notre statut de travailleur indépendant. Vu qu’on est à la maison, c’est bien plus compliqué de séparer sphère pro et sphère perso (surtout quand les enfants sont là).
      Ce qui est sûr c’est qu’à un moment où un autre, il va falloir que je me fasse un week-end, seule, à ne penser à rien, ne rien gérer me laisser vivre.
      Courage à toi pour cet été ! <3 et merci de toujours laisser un commentaire <3

      Aimé par 1 personne

      • Sincerement, la psychanalyse aide quand même beaucoup.
        On n’est pas nos parents. On fait mieux et on fait surtout avec ce qu’on est. Se dire qu’on pourrait tenir plus longtemps sans crier ne fait qu’augmenter la pression et est surtout complètement irréaliste. Je dis pas que crier régulièrement c’est bien mais on peut parfois dire à nos enfants que pour l’instant, on n’est pas disponibles pour eux par exemple.

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        • Oui la psychanalyse aide beaucoup. Mais j’ai dû passer 6 ou 7 ans sur un divan… Et j’avoue que financièrement, ce n’est plus une de mes priorités. A tort ? Peut-être c’est plus simple de ne pas m’en occuper aussi…
          J’ai ceci dit déblayé pas mal de choses et je suis malgré tout bien dans mes pompes et plus sereine. Aujourd’hui ce sont plus les problèmes financiers et le rythme de vie avec beaucoup de boulot qui me fatigue et me pousse dans mes retranchements. Du moins c’est l’impression que j’ai :) Merci de ton message toujours si précieux <3

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  2. Bonjoir Chrystelle,
    Je pense que déjà garder ses enfants parfois peut etre difficile, s ils crient… Mais là, garder ses enfants tout en travaillant c est encore plus difficile. Personnellement, meme si j avais acces au travail à distance par exemple, il me serait impossible de travailler en ayant ma fille à la maison. Or mis le temps de sieste. As tu pensé un peu au centre aéré?
    Sinon, je pense aussi que tu te dévalorise, comptabilise tout ce que tu fais et essaye d avoir un peu plus d estime de toi.
    Personne n est parfait, ni parents, ni enfants. On fait ce qu on peut en tant que parent, tout le monde peut perdre patience…
    Une oreille attentive pourrait t aider à avoir une meilleure estime de toi, accepter qu on n est pas une mere parfaite, elle n existe nulle part cette mere, a savoir prendre du temps pour toi sans culpabiliser…
    Fais moi plaisir et dans un prochain post, au lieu de mettre tes frustations, ecris que tes moments positifs de la journee, tu verras que t en auras eu plus que de frustations et ça t aidera peut etre a les faire partir celle là.
    Sur ce, je suis sûr que t es une bonne à mere

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    • MErci Virginie pour ce message <3 Cela me touche. Je ne suis pas tendre avec moi mais j'essaie de rester objective pour ne pas me dire "j'assure un max mes enfants n'ont qu'à faire avec"… J'essaie de les écouter et de savoir s'ils sont heureux.
      Justement, mon blog est mon défouloir ;) Mais j'avais envie dans un prochain billet de renouer avec les bonheurs :) Il y en a plein sur ce blog mais ça fait un moment. Sans doute les moments de tension extrêmes m'incitent plus à lâcher les mots ici :)
      AU plaisir de te revoir par ici :)
      Des bisous

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