Les aimer d’un amour infini

C’est fou comment la vie se charge de vous rappeller à l’ordre. Dans le quotidien que je traversais, comme sur un tapis roulant, j’avais presque oublié à quel point leurs vies étaient precieuses. J’avais la tête embrumée et me prenais les pieds dans le tapis, écorchée par les ronces de la vie. Prise par mon mal-être, par les soucis. J’ai fait ce que j’ai pu pour les épargner, sans doute à moitié. Gérer, les repas, l’école, le quotidien, et cette situation pesante avec leur père. Étouffante. Aliénante. 

Combien de fois j’ai senti le poids de leur petite vie sur mes épaules. A tort. Combien de fois j’ai perdu patience. Combien de fois j’ai couru après le temps sans jamais le rattraper en me laissant dépasser. Tel un funambule sur un fil avec dans mes mains leur vie, la mienne, et tout ce qui fait le miel de l’existence mais qui s’était transformé en des poids lourds si difficiles à porter.

J’ai oublié de les regarder grandir avec toute la tendresse d’une mère, amère et engluée dans mon existence de femme qui partait en déliquescence, d’individu en perdition, à la croisée de chemins tortueux et sombres.

Comment ai-je fait pour être agacée par leurs demandes, par leurs mots, par leurs sollicitations incessantes d’enfants de 7 et 4 ans ? Il ne demandait qu’à être sécurisés, je n’aspirais qu’à la paix et la solitude bercée par tant de souffrances, avec finalement peu d’importance.

Désormais j’essaie d’habiter ma vie à l’instant présent, d’ouvrir grand mes yeux de maman, d’ouvrir mon cœur à tout vent, et de toujours laisser une porte ouverte à leur insouciance. Leurs vies si précieuses entre mes mains ont été confiées…

Je les aime à l’infini, je conjugue notre amour à jamais, et essaies de rester solide comme un roc, leur phare dans la tempête, leur filet de sécurité, leur havre de paix. J’espère y parvenir mais quoi qu’il en soit j’en suis aujourd’hui pleinement consciente, que leur vie est si précieuse, qu’elle est unique, tout comme ils n’ont qu’une mère je n’ai que 2 amours inconditionnels et essentiels dont je dois me montrer digne jusqu’à mon dernier souffle.

Profiter de chaque moment que j’ai avec eux, désormais comptés, sur un planning stabiloté. Garde alternée, maman à mi-temps, pourtant même quand ils ne sont pas là, la mère que je suis continue d’exister, frappée au cœur par leur absence. Maman dans J-quelques dodos, comme c’est dur de les laisser s’en aller.

Jamais je ne m’y habituerai c’est certain. Qui peut vivre en respirant à moitié ?

Désormais, je prends le temps, de les écouter, de les aimer. De les laisser exister.

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