24 heures dans la vie d’une (nouvelle) non fumeuse

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24 heures. Je ne vous cache pas qu’elles ont été longues ces premières 24h.
Ce sont surtout les premières heures qui sont raides.
A 15h j’étais motivée.
A 18h, j’étais angoissée.
Clairement, la clope, c’est comme un doudou qui te suit partout. Une béquille, qui te soutient mais en profite pour se payer une tranche de ta vie et de ta santé, qui s’installe confortablement dans les moindres recoins de ton quotidien. Après un déjeuner, un coup de stress, ou le soir, avant de travailler, ou après. Voire même les deux. Chaque moment de ta vie est sournoisement rythmé par cette petite tige de concentré de toxicité.

Chaque latte tirée te donne l’impression d’exister, de maîtriser.
Mais chaque bouffée t’enfonce un peu plus dans la dépendance.

A 18h, quand je suis rentrée des courses avec mon Presque-Cinquans, j’ai eu un sentiment d’oppression de taré. Un truc qui te prend à la gorge, qui s’accroche à tes épaules et appuie fort sur tes tempes : j’étais en manque. Comme une tox qui se fait des rails de coke.

C’est quand on arrête qu’on se rend compte de la dépendance à la cigarette. Parce que moi, je me disais fièrement que je n’aurais pas besoin de substitut nicotinique. Qu’après tout, la première fois j’avais arrêté du jour au lendemain, sans rien.
Grossière erreur : je me suis fourrée le doigt dans l’œil jusqu’à l’épaule.
Parce que pendant ces 7 mois, cette cigarette a été mon fidèle compagnon, celui qui m’a donné l’impression d’avancer. Oui, c’est dingue. C’est pourtant vrai. Elle était de mes sorties, mes délires, mes coups de coeur ou de mou. Du coup, lui dire au revoir, c’est assez dur. Je dois maintenant exister sans la cigarette.
Fini les moments d’attente à fumer clope sur clope, fini la cigarette après un repas entre amis, ou quand t’as envie de miauler un bon coup.

Désormais, je dois faire face à mes émotions sans elle.
Et je peux vous dire que ce n’est pas une mince affaire.
C’est ça qui est le plus dur pour moi : la dépendance psychologique.

Le patch me rassure et pallie le manque.
Parce que la dépendance physique est quand même bel et bien là.
Même après seulement 7 mois.
Je l’ai vu arriver à petits pas.
Elle revient très vite. Dès les premières cigarettes. Je dirai même que cette dépendance me semble d’autant plus intense quand on a été déjà fumeur, comme si les circuits se réactivaient puissance 10 000.

Mais ne vous leurrez pas : le patch ne fait pas tout. Hier soir, j’étais hypra tendue. Genre comme un string entre les fesses d’une brésilienne.
Au moment de redescendre après le coucher des enfants, l’angoisse. Je n’avais plus ma clope à fumer pour me poser. J’avais bien trouvé le subterfuge d’aller jeter les poubelles après le repas. Mais là, j’allais faire quoi ?
Les effets du sevrage se sont bien fait sentir : bouffée de chaleur, sensation d’oppression, raideur de la nuque. Et la nuit, comment dire : ne gardez pas le patch la nuit. J’ai mal dormi, j’ai fait des rêves comme je n’en avais pas fait depuis longtemps.

Au réveil, nickel, malgré une nuit courte agitée, pas de manque. Je suis même plutôt positive.
Une séance de sport au programme avant de travailler, rien de tel pour commencer la journée.
J’enfile ma tenue de sport et je descend préparer le déjeuner après avoir réveillé les loulous.
Et là, je redécouvre les odeurs. Incroyable, j’ai l’impression de sentir certaines choses pour la première fois. C’est juste magique !
Quant au goût, idem. Le soir, j’ai préparé des carottes en tagliatelles au lait de coco, cumin, oignon et noix de cajou. Croyez-moi ou pas, mais j’ai trouvé le lait de coco complètement dingue.

Ce qui est dingue aussi, c’est l’impression de mieux respirer. C’est d’ailleurs pas une impression : mon inspiration est plus ample.
Après seulement 24h, c’est assez incroyable de constater ces changements. Je ne vous cache pas que ce n’est pas simple : j’y pense (beaucoup), j’ai des tensions de folie dans le dos, je suis un tantinet tendue (mais moins que je ne pensais), j’ai une faim d’ogre (en plus je suis en plein SPM)… Mais le bénéfice est déjà incroyable. C’est là que je me dis que même une seule cigarette par jour peut quand même faire de sacrés dommages. Que les cigarettes sont vraiment extrêmement nocives. Bien plus que ce l’on veut bien nous faire croire.

Cette semaine s’annonce très longue pour moi. Va falloir tenir et continuer de supporter les effets de l’arrêt. Ma grande chance : je ne suis pas toute seule à arrêter. Et ça, avoir du soutien, c’est juste essentiel. Arrêter seule, sans aucune aide, clairement, ce n’est pas possible, à moins de faire preuve d’une immense volonté (ce que je n’ai pas).

Vous me suivez dans mon aventure ?

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6 réflexions sur “24 heures dans la vie d’une (nouvelle) non fumeuse

    • Franchir le pas n’est pas facile, pas du tout. Arrêter à deux, ça peut être pas mal. Après, le patch est vraiment bien pour apaiser le manque. Cela vaut tellement le coup d’arrêter ;) Cela viendra, un jour où tu auras fumé la clope de trop, où ça sera le bon moment, où tu auras l’envie et l’énergie. Mais il ne faut pas hésiter à se faire aider !

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      • C’est parti! J’arrête jeudi, avec patch, gums et une immense motivation. J’habite en Nouvelle Zelande, le paquet coute 22 dollars minimum soit 15 euros!!!

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  1. Je connais ces sensations avec mon sevrage aux psychotropes. C est con, mais quelque soit la dépendance, on en chie tous autant…et un peu pareil !

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