Lettre à nos filles

Ma fille, ma si jolie et brillante fille,

Des fois je te regarde et je me demande quelle femme tu seras.
Belle sûrement, brillante, évidemment. Mais libre, le seras-tu ?

Je ne parviens pas à répondre à cette question.
J’ai beau te répéter de ne pas te laisser faire par les garçons, que l’on n’est pas obligé d’avoir un amoureux,
Que quand tu seras grande tu feras le métier que tu veux,
Qu’une fille ça a le droit de jouer au foot, même si les garçons te disent le contraire.

Qu’aimer ce n’est pas souffrir,
Que le garçon que tu aimes doit te faire du bien,
Pas du mal.
Qu’il ne doit pas se jouer de tes sentiments
Ni de ton corps.

Que personne n’a le droit de te toucher si ton corps et ta tête disent non.
Jamais.

Parce que non c’est non.

Mais j’oublie tellement de choses.
Que tu n’es pas obligée de sourire ou d’être gentille.
Que ce qui compte, c’est que tu te sentes bien dans ton corps,
Pas le regard des autres.

Que tu puisses aller faire des fêtes de village sans avoir peur de te faire violer.
Que tu n’ai pas à mettre un soutien-gorge parce que tes tétons gênent les gens.
Que tu n’ai pas à changer de jupe ou de short parce que c’est trop court.

J’espère que tu n’auras pas à lutter pour te faire respecter, ni à te soumettre aux hommes pour réussir. Que tu auras le même salaire qu’eux.

Que tu pourras être libre, d’être un individu et non pas seulement une femme. Ou d’abord une femme.

Que tu ne te feras pas siffler comme un chien ou interpeller comme un morceau de viande dans la rue.

Que tu ne seras pas considérée comme un être devant donner du plaisir avant tout.

Que l’on ne te montrera pas du doigt si tu choisis de ne pas avoir d’enfant ou si tu préfères travailler plutôt que d’être femme au foyer.

Que ton apparence et ton vagin ne déterminera pas ce que tu es.

Que de ne pas avoir un pénis ne sera pas un frein dans ta vie.

Que ton poids ne sera pas déterminant pour avoir un travail.

Ou juste pour être libre de t’habiller, d’être comme tu veux.

Que tu pourras choisir librement de ne pas t’épiler ou de parler de règles douloureuses avec ton employeur ou ton amoureux et que ça sera normal.

J’aimerai tant t’assurer que tu seras l’égal des hommes.

Mais il faudra sûrement te battre, pour avoir le même salaire, pour réussir et accéder à des hauts postes, plus que tes homologues masculins. Oui tu as la chance d’être née en France, mais ce n’est pas une raison pour te contenter des droits que tu as.

Il faudra même peut-être te battre au sein de ton foyer, pour que l’homme qui partagera ta vie prenne en charge lui aussi toutes les tâches quotidiennes, mais aussi les enfants. Ah les enfants, à croire que c’est la travail des femmes que de les élever. Entoure-toi, ne te met pas de frein à cause de ta maternité. Je te promets d’être là pour que tu ai un relai si tu fais le choix d’enfanter.

Parce qu’il faut un village pour élever un enfant et pas seulement deux parents. Ne l’oublie jamais.

Soit celle que tu veux être ma chérie.

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