Quand on veut, on peut

Vous voyez sans doute passer en ce moment sur Instagram tout un tas de citations. Des espèces de dictons que l’on nous exhorte à nous répéter en boucle ou à méditer pour vivre notre meilleure vie et être une meilleure version de nous-même – on en parle de ces expressions qui ne veulent absolument rien dire ? Et qui nous font un peu culpabiliser. A les lire, notre petite voix intérieure nous dit « mais c’est vrai, c’est ça qu’il faut faire, bouge-toi ».

Ces petites citations, parfois, on les rencontres dans la vraie vie. Mais si : il y a ces ami(e)s qui sont toujours sur le qui-vive pour sortir des expressions à tout bout de champs, notamment quand on leur fait part de nos états d’âme – façon détournée pour ne pas dire « de nos difficultés/peines/démons » ou « de ce qui nous fait chialer sa race le soir toute seule dans notre lit ». Cela nous est même peut-être arrivé d’être cette personne.

Aujourd’hui, les gens ne supportent pas d’aller « mal », d’avoir le blues, le spleen, d’embrasser la mélancolie. Ils se sentent nuls, des moins-que-rien. Pourquoi ? Parce que les autres ne supportent pas de voir leurs proches aller mal : allez allez, faut pas se laisser aller et se conforter dans la complaisance. Cela les renvoie peut-être à un sentiment de malaise, à leurs propres failles, leurs zones d’ombre, et aussi à leur incapacité à exprimer leurs émotions, leurs propres besoins, voire leur empathie (cela ne veut pas dire qu’ils n’en ont pas).

La société même voit d’un mauvais œil les personnes qui ne vont pas bien : ce sont des personnes faibles, surtout si elles demandent de l’aide (ce qui est une connerie puisque demander de l’aide demande du courage et de mettre son ego bien dans sa poche) et pas vraiment rentables pour le système économique. Aujourd’hui, il faut être fort(e), beau-belle, musclé(e), performant(e) et sur tous les plans s’il vous plaît  : au travail, dans notre rôle d’enfant/de parent/d’amant/de conjoint/en amitié…

Pourtant, la vie de tout être humain est fucking dure (non non, ce n’est pas la peine d’écrire en commentaire « mais non, regarde comment la vie est belle » ou « il y a pire, tu n’es pas à plaindre », je vais bien merci). Genre vraiment. On est souvent seul face à ce que l’on vit, même si on est entouré. Les épreuves, nous les vivons et traversons seuls.

A moins d’être née dans une famille de nantis super équilibrée et bienveillante et de bouffer du clown au petit-déjeuner en t’éventant avec des liasses de billets et d’avoir trouvé un élixir d’immortalité pour les proches que tu aimes, tu as le droit de dire que oui, la vie est quand même un tout petit peu pupute parfois.

Bref, c’est donc là, au milieu de nos confidences à une ami(e) que l’on entend la fatidique phrase « quand on veut, on peut », suivie parfois d’un « il faut décider d’aller mieux » ou encore « il faut t’aider avant de demander de l’aide aux autres » de la personne censée être notre ami(e). A part nous faire sentir encore plus seul(e) et surtout culpabiliser à mort – parce que hey, si on es dans cette situation, c’est bien de notre faute, après tout, ce deuil/événement/moment (applicable à tous les champs de la vie en fait), il faut savoir le prendre du bon côté et voir le verre à moitié plein, voire même on s’y complaît un peu non, c’est tellement bon d’aller mal -, je ne vois pas à quoi cela sert ! (Peut-être aussi la personne se sent en position de force, seule manière d’affronter ses propres failles, mais ce n’est qu’une supposition.)

Ces mots nous paraissent insupportables et c’est bien c’est normal ! Ces propos sont d’une violence inouïe. Même si ces paroles peuvent exprimer une bonne intention – mais comme on dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions, CQFD -, elles ne sont en rien consolantes et ne traduisent pas ici que l’on est entendu(e), compris(e), ni épaulé(e). Or c’est ce dont on a besoin. Prêter une oreille attentive sans porter de jugement ni donner de conseils mal avisés n’est apparemment pas à la portée de tout le monde, ni même de la majorité des êtres humains – c’est pour ça que les psy existent je pense. Vous pouvez ainsi souvent faire face à un rejet total de vos problèmes, que la personne vous renvoie d’un joli revers de la main, en pleine face s’il le faut, parsemée parfois d’un « oh mais tu es négative » ou « moi ça va, regarde, je me prends en main » encore plus écrasant.

Qu’est-ce qu’on aurait besoin d’entendre quand ça ne va pas ? La solution ne vient pas des autres, mais avouez qu’un peu de compassion, de douceur, ça n’a jamais fait de mal à personne. Un simple « je comprends », « j’imagine que ce n’est pas facile » ou « que puis-je faire pour t’aider » est amplement suffisant. Ou même un câlin, juste accompagné d’un « ça va aller ».

(Vous pouvez aussi dire à la personne qui vous serine ce genre de phrases imbuvables que ce n’est pas aidant, bien au contraire, si elle est disposée à l’entendre bien sûr.)

Mais que faire concrètement alors quand vous êtes dans une situation inconfortable pour que votre vie change si le « quand on veut, on peut » ne fonctionne pas vraiment ? Quand vous avez envie de faire évoluer votre quotidien, que vous avez envie d’aller mieux ? On est bien d’accord que cette phrase « quand on veut, on peut », est stupide. Allez dire ça à une personne dépressive, je parle de la vraie dépression qui t’ôte toute envie, de vivre et même de mourir : vous l’achevez. Trouver un travail, réussir dans la vie, pro ou perso, amoureuse ou financière, ça ne dépend pas que de nous. Promis. Cela dépend du contexte familial, social, des rencontres, de beaucoup de choses qui ne nous appartiennent pas. Bouger, ça dépend de nous oui, mais réussir à le faire, non. Quelle que soit votre envie de changement, vous mettre un coup de pied au derrière ne vous vouera qu’à l’échec, surtout si ce n’est pas le bon moment. Et ceux qui prétendent que c’est comme ça qu’ils réussissent sont des menteurs. Les changements de vie ne se décrètent pas : ils sont possibles, à mon sens, parce qu’il y a un déclic, comme si vous atteignez un point de non-retour, mais aussi grâce à des facteurs qui interviennent de manière concomitante… : le bon moment, la bonne personne, le bon feeling… Ou alors il faut que avoir un environnement suffisamment soutenant pour trouver l’appui et le regard bienveillant de ceux qui comptent et qui vous donneront confiance en vous.

Vous avez envie de perdre du poids ? De vous mettre au sport ? D’arrêter de fumer ? Ce n’est pas aussi simple qu’un « quand on veut on peut ». Les raisons qui font que vous êtes dans un comportement addictif, dans des habitudes qui ne vous vont mais dans lesquelles vous restez pas sont multiples. Laissez-vous le temps de faire ce cheminement dans votre tête, d’en parler à un(e) ami(e) de confiance, une personne de votre famille, ou encore à une personne extérieure, comme une coach par exemple (je pense notamment à Madame Parle, qui est bienveillante et dynamique, et dont je vous recommande chaudement de suivre sur le blog ou encore le compte IG ou d’écouter les podcast « Parler de ma vie »). Parfois il faut détricoter un peu son histoire pour pouvoir avancer. Et de personnes qui savent vous booster de manière bienveillante.

Parce que si c’était seulement une affaire de volonté, personne n’aurait de problème dans sa vie. Bref, tout ça pour dire, ne vous acculez pas : si dans votre entourage vous avez des personnes vraiment soutenantes, appuyez-vous sur elles. Celles qui vous secouent violemment, fuyez-les. Soyez doux(ce) et bienveillant(e) avec vous, surtout si les autres ne le sont pas à votre place : traitez-vous comme si vous étiez votre meilleur(e) ami(e). Prenez-vous gentiment par la main et allez-y, quand vous avez pris suffisamment d’élan, quand vous sentez que c’est là, maintenant qu’il faut y aller. 

Et comme j’ai lu récemment, essayer, même en échouant, c’est déjà réussir.

6 réflexions sur “Quand on veut, on peut

  1. Lecteurs assidus ou passagers, le cerveau humain et sa psychologie complexe, encore inconnu, empli d’émotions et sentiments, d’histoires et de projets, porte nos vies et supporte nos coups durs.
    Il est le moteur et non l’essence, respectons le, faisons-lui un câlin le soir et un baiser le matin.
    J’ai pris la pièce dans la main de ma maman pour acheter le pain, j’ai offert un bouquet de roses pour fêter un anniversaire qui n’en était pas un, je choisis, je contrôle?
    Pas tout à fait bien entendu…
    Mais le manque de syntaxe basique, d’un orthographe élémentaire, la grammaire balbutiante, l’utilisation de la vulgarité pour donner de l’importance, et la négativité omniprésente; tout cela ressemble à de la psychologie écrite sur les toilettes et ne vaut pas plus que la dernière feuille rose pendant juste à votre gauche.
    Comme ici, tellement de plumes aigries, haineuses et dépressives.
    Mais rassurez-vous amis lecteurs, nombre d’auteurs plus ou moins talentueux, plus ou moins actifs sauront guider votre réflexion.
    Nous parlons bien là d’une personne pour qui la psychologie est un jouet cassé, perplexe du passé, haineuse du présent, craintive de l’avenir… Par choix.
    Par pitié, arrêtez de nous asséner vos litanies sombres et glaireuses sur vos faux problèmes, c’est pathétique.
    Laissez ceux qui ont connu la détresse et ont relevé les défis nous parler et élever nos âmes, nous faire du bien, nous aider.

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  2. En français,un participe passé s’accorde avec le sujet s’il est placé après le verbe.
    Il faut donc écrire « égaré ».
    Un bijoutier peut-il sertir une bague avec un marteau?
    Je me permets de vous conseiller une lecture: « oui oui va à l’ecole », c’est une mine d’informations pour les débutants en écriture.
    Plaisir partagé, quel repos de l’esprit de lire vos torchons aux sujets insipides.
    J’ai peine à croire que quiconque y trouve un intérêt, néanmoins quelque esprit abyssal y trouverait des traits d’humour.
    Bon vent à vous s’il vous porte loin de nous.

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  3. Merci de ton article ! On devrait le répéter plus souvent : non, tout ne dépend pas que de la seule volonté. Les sciences sociales et les la psychologie expliquent bien tut cela : entre les croyances personnelles limitantes et les préjugés de la société, on a de quoi être sacrément limité, même avec toute la bonne volonté du monde. Surtout si on est une femme, une personne « racisée », une femme racisée n’en parlons pas ! avec une orientation sexuelle/un corps/un handicap/… différent de la norme. Bref, « c’est un peu plus compliqué que ça »…

    (Et f*** les trolls !)

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    • Merci Vervaine pour ce gentil message. Comme tu dis, les croyances limitantes, les assertions de la société… Pas simple ! Il n’y a que ceux qui réussissent ou en phase de pleine possession de leurs moyens et de leur vie qui peuvent penser que c’est si simple. C’est même limite malveillant de dire aux gens comme c’est facile d’être heureux/de réussir.

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