Les soirées entre amis

Les soirées entre amis, quand t’as des enfants, ça rime avec soirée pourrie.

Les soirées entre amis, c’est gérer le repas des enfants, surtout du plus petit. Quand tu n’es pas chez toi et que tu as oublié la bâche et la toile cirée pour protéger sol et mur de ton hôte, ça vire forcément au massacre. Toujours.
En plus de te retrouver avec ton môme forcément fatigué et surstimulé par la soirée à nettoyer le sol, tu te confonds en excuses, une heure durant, pour espérer que cette invitation, la seule en 3 ans, ne soit pas la dernière.

Une soirée entre amis avec tes mômes c’est te taper Didou en boucle pour espérer manger (un peu) tranquille ou chanter des comptines au lieu d’écouter Dépêche Mode comme au bon vieux temps, un bon Enjoy the Silence tout à fait à propos, si tu vois ce que je veux dire. C’est raconter 245 histoires avant de nous faire croire qu’ils vont dormir et assurer que « non non non, il n’y a pas de monstre sous ce lit ».

Les soirées entre amis c’est aussi… Ne pas être entre amis. À un moment donné, faut bien couché ton bébé, les yeux injectés de sang et hurlant à bras. Le temps de faire une tétée, de le câliner, le bercer, l’habituer à cet endroit nouveau où il est censé s’endormir, le repas est bien entamé. T’as raté le foie gras, le bon vin – ah tu t’en fous t’allaites – et t’arrives comme un cheveux sur la soupe entre la poire et le fromage. T’as pas raté le dessert c’est déjà ça !

Mais c’était sans compter un réveil en mode Gremlins dudit bébé. Re-câlinage, re-bercement, re-tétée. Re- les boules.

Pendant tout ce temps, ta grande a décidé de s’allier avec le petit. Mission : finir de tuer la soirée. Ne rien écouter, crier, être donneuse d’ordre, tous ses travers y passent. Et nous d’assurer que « normalement elle n’est pas comme ça ».

Les soirées entre amis c’est commencer des discussions passionnantes sur nous et dévier au bout de 2 minutes 42 secondes sur nos enfants qui ne dorment pas bordel de merde. C’est dire entre deux « maintenant il est l’heure de dormir, reposez-vous » (avec un « putain de bordel de merde » réprimé très fort) « c’est chouette de se voir »… le tout en trois fois avec 12 minutes en moyenne d’intervalle entre chaque mot. Ou commencer une phrase à 20h41 et la finir à 23h12.

Une soirée entre amis c’est finalement décider de se coucher en même temps que les enfants, qui ont alors réussi leur dessein de nous pourrir la soirée.

Et la nuit.

Réveils d’un enfant, de deux, pipis des mamans, des enfant, combat de kung fu avec la grande qui ne dort que dans notre lit, réveil définitif à 5h57, levé de tout le monde.
Parents épuisés, enfants à cran, départ prématuré.

Bref, une soirée entre amis avec les enfants, c’est une soirée aussi décousue que si t’avais 25 ans et que t’avais bu toute la soirée, avec la grosse barre sur le front au matin le tout avec zéro gramme d’alcool dans le sang.

S’aimer c’est ce qu’il y a de plus beau

S’aymer, c’est monter si hauuuuuuuuutttt ! Et toucher les ailes des moineaux, s’aymerrrrrrr c’est c’qu’il y a d’plus bôoooooooooo !

Meuh non, le soleil de l’été ne m’a pas tapé trop fort sur la tête (qui a, je te rappelle, été quelque peu désertée par mes petits neurones depuis mon état gravidique).
Non, ce n’est pas non plus les nuits toutes pourries (que je me tape depuis 7 MOIS PUTAINNN de BOURDEL) qui ont eu raison… de ma raison.
Non.

Je voulais te parler d’estime de soi. De l’amour que l’on peut se porter. Tu sais le truc que tu laisses au placard une fois que t’as accouchée, que tu t’es retrouvée à lâcher un petit gaz discret en signant le bon du livreur le bébé dans les bras et le vomi dans les cheveux ? Tu sais, mais siii !
Si tu sais pas de quoi je parle, c’est que peut-être tu ne t’ai jamais beaucoup aimé.
Un peu comme moi.

JE M’EXPLIQUASSE.

L’autre jour ma Zouzou fait mine de se maquiller (virtuellement il va s’en dire).
Et je lui demande : « Pourquoi tu te maquilles ? »
Et de me répondre : « Parce que je ne suis pas jolie. »
Là mon cœur de maman s’est tout brisé.

Pourtant je lui dis à ma Zouzou combien je-la-trouve-toute-chouquinette-maxi-craquante. Avec ses grands yeux bleus et or, sa bouche parfaite, son petit nez mignon, ses cheveux que même Raiponce elle en est verte de jalousie, ses joues toute douces, son regard malicieux… Bref. Je m’égare.

Et puis je me suis posée plein de question (comme d’habitude).
Puis l’autre jour, cela m’est apparue un peu comme la Sainte-Vierge à Sainte-Thérèse de Lisieux : ce n’est pas elle qui ne se trouve pas jolie sans maquillage, c’est moi !
Comment peut-elle se trouver jolie « au naturel », si moi je me trouve jolie uniquement quand je suis maquillée ?
Comment peut-elle s’aimer si moi je ne m’aime pas ?

Car l’amour de soi, ce n’est pas quelque chose que l’on peut apprendre à l’enfant si on ne se l’applique pas à soi-même : charité bien ordonnée commence par soi-même. On le sait, tout le monde le sait : on ne peut pas apprendre quelque chose à son enfant si on ne le fait pas soi-même. C’est en dehors de toute logique.
Ben oui : je suis son modèle – en toute modestie. Je suis sa maman donc elle se construit à m’imitant moi (et son père, surtout son côté ours).

LOGIQUE !!

Une prise de conscience qui n’est pas sans conséquence… financière. Pour la peine, j’ai décidé de me lancer à corps perdu dans des pots de crème et autre contour des yeux au concombre pailleté.
Qu’est-ce que tu veux, cela s’appelle se sacrifier pour ses enfants.
Une raison toute indiquée si ton homme râle parce que tu veux t’acheter un 21e vernis à ongles ce mois-ci : « Mais tu comprends pas euuuuuuhhh, c’est pour que notre fille s’aimeuuuuh ! »

estime de soiAime-toi toi m’aime et l’autre t’aimera

Poussières de lumière

Ah tiens, je le vois un peu le bout du tunnel.
C’est encore flou.
Il est loin.
Enfin je crois que c’est lui.

A y voir de plus près,
Une trainée de poussière de lumière commence à joncher mon sol.
Je la foule du bout de mes pieds.
Doucement.
Timidement.

Chaleureusement.
Avec un peu de bonheur.
Pas totalement, on ne sait jamais,
Que cette poussière soit soufflée par un battement d’ailes de papillon.
Ceux que j’ai dans mon ventre,
Qui m’animent et me font peur parfois.

Peur de ne pas être assez,
D’être trop.
De ne pas réussir avec mes enfants.
Avec mon homme.

Peur d’être coincée,
Par l’amour de mes enfants
Qui se paie au prix d’une grande responsabilité : leur vie.
Une douce folie.

Et puis toi mon Zebulon,
Si mignon, si souriant, qui me laisse de répit à peine quelques heures la nuit.
Qui a besoin de moi, tellement.

A moins que cela ne soit l’inverse.
Et si j’avais peur, de te perdre, terriblement.
Si la mort rôdait depuis trop longtemps dans ma tête.
La guerre héritée, l’histoire de ma mère, les drames familiaux, un enfant mort, mon grand-père…
Faire le vide dans ma tête
Dans mon histoire,
Dans son histoire.

Et si à vouloir trop bien faire, on se perd.
Et si à vouloir trop bien faire on oublie l’essentiel : écouter ce que cet enfant a à me dire.
Arrêter de vouloir tout expliquer
De toujours vouloir trouver des réponses,
Arrêter de n’avoir pas confiance en moi,
Ne plus regarder sa montre,
Ne plus essayer de contrôler.
Juste accepter.

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Il est comme ça…

Mon Zébulon est un enfant tout ce qu’il y a de plus normal.
Il fait tout bien comme c’est marqué dans les livres : les sourires, les « areuhhh », tout.
Il est comme ça mon Zébulon.

Sauf pour une chose : le sommeil.
Il y a dû y avoir un raté à la commande. Une option que l’on a dû oublié de cocher dans la précipitation. Ou alors une astérisque que l’on n’a pas vu. Celle qui disait, à l’option « trop mignon » : « Attention, cette option n’est pas cumulable avec l’option « je dors seul dans mon lit la journée ». »

Ou alors je ne sais pas.

Pourquoi donc cet ourson ne dort-il jamais seul ? Oh, je mens : depuis qu’il est né il a dû dormir… 4-5 heures tout seul. Il n’est pas de ces bébés qui s’endorment dans les bras, pouf comme ça. Il n’est pas de ceux qui dorment en poussette, même après 30 minutes de balade.

D’ailleurs, cela est simple : il ne s’endort pas seul. Il nous fait comprendre qu’il a besoin de dormir… Pour qu’on l’endorme. Doigts dans la bouche, yeux frottés, tête qui boude, le message est clair. On doit lancer le ballet de Morphée. À bout de bras, en écharpe, voilà qu’il faut marcher et le bercer jusqu’à ce que, de guerre lasse, il finisse par céder et tomber dans le sommeil… Pas toujours profond. Si bien que si l’on s’assoit parfois il bougonne et se réveille… Et nous voilà repartis dans un deuxième ballet… Un ballet que parfois je suis la seule à mener, car parfois il n’y a que moi qui peux le porter.

Il est comme ça.

À un mois, je me disais qu’il était encore petit. À deux, que ça allait changer, petit à petit. À bientôt trois mois, rien n’a changé, c’est même de pire en pire. Et moi je commence à désespérer, dégoupiller.

Il ne s’endort pas plus en voiture. Même si l’on fait 40 minutes de trajet alors qu’il vient de téter. Il peut même pleurer d’un bout à l’autre du trajet. Sans pouvoir le consoler.

Il est comme ça…

Il ne reste pas non plus profondément endormi quand, après l’avoir porté, on le pose délicatement, tout doucement. Avec doudou, sur le côté, avec un tee-shirt que j’ai porté. Sur le dos, sur notre lit, dans le sien, dans le Cocoon a baby… On a essayé de le laisser s’endormir. Au choix : il peut rester éveillé très longtemps pour finir par pleurer ou pleurer direct. On pourrait le laisser pleurer un peu, certains bébés ont besoin de pleurer pour s’endormir. Oui on pourrait. Sauf que très vite ses pleurs deviennent sanglots, il s’agite en spasmes, tousse, s’étouffe, complètement paniqué ou angoissé jusqu’à ce qu’on le prenne. Et qu’on parvienne à l’apaiser au bout de longues minutes.

Il est comme ça ?

Il dort la nuit dans son lit quand je l’y dépose endormi. Il se réveille doucement, porte ses mains à la bouche pour dire qu’il a faim… Il a donc l’habitude de son lit. De notre chambre. De ces lieux… mais la journée, on ne peut l’y coucher. Même en restant à côté.

Est-il vraiment comme ça, ou y a-t-il une raison à cela ? Et si c’était un RGO interne à cause de mon REF ? Serait-il un BABI ? Ai-je loupé quelque chose ? Je l’ai mal habitué, pas assez tenté de le coucher seul, ou je réponds trop vite à ses pleurs ? Ou peut-être je ne sais plus comment ça marche un bébé ?

Quand je parviens à me dire « il est comme ça » et à commencer à l’accepter, des personnes me font douter… Et on me prend pour une zinzin. On trouve pas ça normal qu’il dorme que comme ça… Contre moi.

Et moi, comment je fais pour travailler, me reposer, ne pas exploser ? Comme l’impression d’être prise en otage, un otage d’amour mais sans liberté…

Alors je prends mon doux mal en patience et me dis qu’après tout, ça ne va pas durer… Du moins pas des années…

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Elle s’arrête quand la crise des DEUX ANS ??

Je n’en peux plus.
Je suis à bout.
La crise du terribeuuuuul two va finir par avoir raison de moi.
Là, au moment où je t’écris ces mots, j’ai une corde dans la main gauche et la fenêtre ouverte sur la route sur ma droite. J’hésite entre deux moyens pour mettre fin à mes jours.

Ok l’école ça fait du changement.
Ok l’instit qui est en arrêt au bout de quinze jours ça chamboule (gniiiiii).
Ok l’une des deux instits remplaçantes est une grosse connasse personne de l’éducation nationale qui manque un peu de psychologie avec les enfants (mais ça j’en parlerai plus tard, sinon je vais m’énerverrrrrr).

Ok, je suis enceinte, ça doit la travailler.
Ok, le passage au grand lit ça perturbe.
D’accord, elle a besoin de s’affirmer.
Ok, ok, OK !

Mais c’est quand que ça devient juste un peu plus cool bordel ? C’est quand que l’âge d’or des trois ans arrive ?
Me dis pas que c’est un mythe sinon je saute tout de suite.

Ma Zouzou je l’aime mais punaise, heureusement !
J’ai l’impression d’être Gérard Majax doublé d’un Garcimore au rabais pour que la journée se passe sans trop de tragédies. (Oui, tragédie. Ma Zouzou, je l’ai gaulé dans la salle de bain travaillant sa tête de petit chat comme dans Shrek, je te jure !!)
Tout est compliqué : le déjeuner, l’habillage, les jeux. Alors j’essaie de trouver des tours de passe-passe… pour que ça passe. « Alors, qu’est-ce que tu mets en premier ? » « Tu penses que tu peux aller à l’école en culotte, tu ne vas pas avoir froid ? » « Ohhh regarde, maman a tout mangé son déjeuner (en réprimant très fort un « ELLE » un tantinet énervé) ! »
Mais il faut qu’elle contrôle tout. C’est elle qui dit. Elle tente TOUT LE TEMPS des trucs. Genre « ouaich ouaich, je vais voir si je peux négocier autre chose que la tartine de miel que j’ai demandé à l’instant et que ma reum vient de se faire chier à préparer, ni vu ni vu. Et tiens, pour compléter, je vais sauter sur ma chaise haute pour essayer de renverser le verre de lait que de toute manière je ne boirai pas. Puis après, plutôt que de m’habiller, je vais courir nue comme une dératée dans toute la maison ». Le pack illimité casse-couille, tu connais ??

Je tairai ici la question du sommeil et de son déficit, du mien et du sien, qui en nombre d’heures cumulées, s’élève à peu près à la dette publique de la France.

Alors oui, elle a besoin d’autonomie. Elle veut TOUT faire seule. Et oui c’est bien parce qu’elle se construit. On essaie de la laisser faire un maximum de choses. Je suis très fière qu’elle s’habille seule de la tête au pied. Qu’elle aille faire pipi seule.
Un peu moins qu’elle se lève à 4 heures du mat’ pour nous rejoindre dans le lit.
Ou qu’elle fasse un casting de doudou alors que c’est l’heure de la sieste.

Alors, ma Zouzou, je l’aime fort hein.
Mais putain, que c’est dur des fois !

Ohh comme elle a l’air mignonne et si sage !