Lettre à ces gynécos

La grogne monte chez les femmes. Doucement. Trop doucement ?
Les gynécons qui ne disent pas leur nom commencent à être à visage découvert.
Alors oui il y a des gynécos super top. (Les sages-femmes c’est bien aussi, pour la grossesse mais aussi ton suivi annuel : frottis, contraception…) Pour le reste, il y a les gynéconnards.
J’ai découvert avec effroi le hashtag #PayeTonUterus et le récit désolant de femmes subissant les remarques et les gestes déplacés de certaines personnes du corps médical comme les gynécos, mais aussi les pharmaciens et autres personnes plus sympas les unes que les autres qui s’octroient le droit de juger ce que tu fais de ton utérus. Lire la suite

Je ne veux pas de tes miettes

Je n’en veux pas de tes miettes.
Je te les retourne d’un revers de la main.
Elles ne viendront pas me salir.

J’en veux pas de tes miettes de miettes.
Garde-les. Étouffe-toi avec.
Je ne veux plus qu’elles me restent en travers de ma gorge
Ou qu’elles viennent émietter mon cœur.
Le réduire à néant.
Et me laisser là, sans-cœur.

Tes miettes, elles me pèsent sur l’estomac
Et sur ma vie.
Je ne les digère plus tes miettes,
Et je te les vomis.

Mets-les sous le tapis de tes regrets, tes miettes.
Derrière ce faux voile de pudeur.
Elles ne viendront pas saupoudrer ma vie de culpabilité.
Pas cette fois.
Elles ne viendront plus gripper le rouage de ma vie.
J’espère.

Elles ont veilli tes miettes et elles me suffisent plus.
Elles puent tes miettes, elles puent le rance, l’égoïsme et le mensonge.
Elles sentent le convenu, l’obligé, l’obligatoire.

Elles manquent de générosité et de corps.
De moelleux… et d’amour.

Moi tes miettes, je les fais valser, d’un coup d’aile,
Pour trouver mon envol et gagner ma liberté.
Tes miettes, c’est tout ce que tu peux me donner.
Tout ce que tu as pu récolter…

C’est tout ce que tu aurais pu en faire aussi.
Un joli fond de tarte, une jolie recette,
Celle de l’amour d’un père pour sa fille
D’un être pour sa propre chair.

Ces miettes-là, en tout cas,
Elles ne viendront pas entacher mes enfants,
Quitte à ce que je te les fasses avaler tes miettes,
Pour ma survie, pour la leur.

Et moi, quelle place je laisse dans mon existence à mes enfants ?
J’ai peur de la réponse.
J’espère juste que je parviens à leur donner la plus belle part du gâteau…

Et moi à ne pas me servir que des miettes.

Lettre à moi-même à lire en 2041

Ce week-end, pour la première fois du reste de la vie de ma Zouzou, on l’a laissée chez ses grands-parents paternels. Juste 24 heures : faut pas charrier hein.
Elle y a passé aussi une nuit. Pour nous, c’est important qu’ils puissent la connaître un peu plus que le temps d’une après-midi et qu’elle puisse lier une relation avec les grands-parents.

Bon, c’est la version officielle.

Officieusement, mon Ours et moi avions aussi besoin d’un peu de temps pour nous, sans contraintes, sans horaires. 3 ans que cela ne nous était pas arrivé !
Une grande première que l’on appréhendait un peu avec l’Ours, mais sans plus.

On l’appréhendait surtout vis-à-vis des grands-parents : on savait que les recommandations seraient entendues d’une seule oreille. Et encore.
Chez les grands-parents, l’enfant est roi, pas de problème, mais pas en dépit du bon sens.
Nous avions trois recommandations importantes :
– pas trop de gourmandises après 17h et pas de bonbons (ou un seul) parce que ça lui donne mal au ventre ;
– rester vigilants sur le sommeil : s’ils prenaient le parti de ne pas lui faire faire de sieste il fallait la coucher tôt le soir ; l’école arrivant, on ne voulait pas qu’elle soit fatiguée ;
– enfin, pas de voiture sans siège auto et sans qu’elle soit correctement attachée.

Sauf que en vrai, quand les petits enfants sont chez les grands-parents, ce sont ces derniers qui font la fête.
Et puis il y a la fameuse excuse des « oh ça va, on a eu x enfants, on sait faire ». (Sous-entendu aussi : « Oh ça va avec vos lubbies de parents d’aujourd’hui ».)
C’est vrai, ils en sont pas morts…

Je ne peux pas faire autrement mais ça me hérisse le poil.
Ils se font plaisir à eux et sapent le travail des parents.
Quitte à y aller de « rohh mais faut pas écouter papa et maman » ou « on est mieux chez mamie » ou « c’est pas comme ça à la maison hein, on en fait des choses chez mamie ».

Cela me hérisse le poil. (Oui, cela fait deux fois que je le dis, va pas croire que je suis poilue pour autant, c’est juste pour appuyer la réaction épidermique.)
Ils ne se rendent pas compte des petits mots qui blessent, des attitudes qui font qu’on ne peut pas leur faire confiance. Pire : qu’on ne se sent pas respectés en tant que parents mais infantilisés.
Des leçons de morale alors qu’eux-mêmes ne les ont pas appliquées.
Alors qu’eux-même ont souffert du jugement de leurs propres parents…

Ainsi, je me suis promis, depuis que je suis mère, que je serais une grand-mère de rêve. Du moins je caresse le doux espoir d’y parvenir.

Donc voici la lettre que je devrais lire quand je serais grand-mère :

Cher toi,

Après avoir brillamment élevé tes enfants (on peut rêver hein), te voici maintenant grand-mère. Ô joie, bonheur, allégresse. A toi le positif, à bas l’éducatif !
Mais ne t’emporte pas. Souviens-toi de la jeune maman que tu as été et des petits mots qui t’ont blessée ou des attentions que tu aurais aimées.
Ainsi tu promets :
– de soutenir tes enfants dans leur travail de parents :
– de les encourager dans leur œuvre (difficile, rappelle-toi) ;
– de ne jamais t’imposer ;
– de ne jamais donner de conseils sans que l’on t’en demande ;
– que de tes enfants tu écouteras les choix ;
– qu’en question tu te remettras ;
– que ton égoïsme de côté tu mettras ;
– que de leur dire qu’ils font mal tu t’abstiendras ;
– que de les juger tu oublieras.
N’oublie pas qu’être parent est difficile mais être grand-parent demande tout autant réflexion. Si l’enfant né fera de ton propre enfant un parent, le chemin est long pour se sentir légitime et sûr de soi. Aide-les dans cette voie.

Signé : la maman que tu étais


Grand-mère sait faire un bon café, elle sait surtout se la boucler.

Chaque jour suffit sa peine

Ô toi fidèle lectrice (et lecteur, rêvons de parité ici;)), je te préviens. Ce billet est déprimant. Il est uniquement destiné à libérer mon trop-plein d’hormones de femme enceinte.
Il pourrait dissuader bien des femmes à enfanter.
A ne pas mettre entre tous les yeux.

Oui, je suis contente de m’être à nouveau reproduite.
Oui, c’est trop bien.

Mais putain, il me tarde déjà que ça soit fini.
Le temps passe vite mais pas suffisamment à mon goût.

J’en ai marre d’avoir le visage d’une adolescente, entre « fille perdue, cheveux gras » et Calculator, le premier qui me dit que je resplendis, je le mords.

J’en ai marre d’être enceinte et que d’avoir que les mauvais côté : énergie d’une limace agonisante, seins douloureux, nausées, fatigue.
Et puis je le sais que je suis enceinte, mais ça se voit pas vraiment.
Disons juste assez pour que les gens me soupçonnent d’alcoolisme notoire essentiellement entretenu par de la bière. A la limite, ils peuvent penser que j’ai un peu forcé sur le chili con carne à midi.

Et puis, je l’ai vu ma crevette, elle va bien : mais c’est quand que je la sens gigoter ? Hein ?
Je sens bien des petits « pokes » de temps en temps. Mais qui dit que ce ne sont pas mes intestins ?

Et puis tout m’écœure ou presque : pas de chocolat, le fromage c’est limite, même les sushis me dégoûtent vite. Non mais sans déconner ??!!

Et si pour certains la torture c’est écouter en boucle du Nana Mouscouri, pour moi, c’est d’aller faire les courses. Laisse-moi au rayon bonbon, biscuit ou chocolat, et là c’est le summum de l’insoutenable.
Et quand j’ai trouvé un aliment qui me met vraiment l’eau à la bouche… je peux à peine en manger : ben ouais, mon estomac ne digère rien. Une figue et je me sens pleine à ras bord.

Quand à la fatigue, comment dire, une belle garce celle-là. Elle me fait dormir la journée (quand sa sérénissime Zouzou accepte de dormir lors de la sieste) et me maintient éveillée la nuit, au choix, entre 2 et 4 ou entre 5 et 7. Les jours de chance je me retrouve les yeux ouverts entre 1h30 et 6h – j’en profite pour réfléchir à TOUT, genre mon entreprise, trouver des idées pour la booster… J’accumule une fatigue astronomique. C’est bien, ça m’habitue pour la naissance. Enfin, je me mets secrètement à rêver à la naissance : au moins les hormones devraient laisser intact le peu de temps que je trouverai pour dormir…

Bon, la très bonne nouvelle, c’est que demain, je suis à 12 semaines de grossesse.
Que le 27, je serais à 3 mois pile poil.

Donc les coups de pompes devraient enfin passer.
Normalement hein.

Allez, mon poste coup de gueule est passé.
Tu peux retourner à ta vie normale.
Toi. Moi, je vais aller m’effondrer sur mon canapé et laisser couler un filet de bave sur l’un des coussins qui l’ornent et qui me connaissent si bien, intimement même ces derniers temps, que ça me plaise ou non.
C’est soit ça, soit je décède de fatigue.

Ben voilà, l’idée de la cigogne qui apporte le bébé, ça m’arrangeait hein : pas de vergetures, pas de nausées…

Main-pied-bouche

Non, ce n’est pas le nom d’une nouvelle danse.
Ni la chorégraphie du tube de l’été.

C’est un virus.
Il est tellement fun et extravagant qu’on peut aussi l’appeler par un autre petit nom : pied-main-bouche. Ou alors putain-de-virus-de-bordel-de-merde-on-avait-pas-besoin-de-ça ou encore MPB, Merde de Putain de Bordel.

Alors que j’essuie encore gentiment les traces de la varicelle qui a frappé ma Zouzou il y a quinze jours, voilà qu’un nouveau petit virus sympa frappe à notre porte.
Un virus qui aime bien l’été : ça tombe bien, il est enfin arrivé (enfin chez moi, muhahhhhhahhaha).

Non contente de désinfecter les 382 boutons de ma Zouzou – dont la moitié ont trouvé résidence dans le cuir (très) chevelu de ma Zouzou – voilà maintenant que je dois désinfecter ses pieds et ses mains soigneusement.
Clairement, ce virus est bénin : il donne des petites vésicules sur les mains, les pieds et dans la bouche, d’où son nom très original.

Je me plains, je me plains, mais ma Zouzou va bien hein. Malgré des réveils nocturnes systématiques. (Ben oui, en plus de se gratter, elle fait des rêves chelou où des rhinocéros lui croquent les fesses…)

Mais y’a des enfants à la crèche qui eux, en ont dans le bouche et la gorge, les empêchant de s’alimenter normalement.

Bon, c’est juste que j’aimerais retrouver des nuits paisibles, de 8 heures, voire 7, sans réveil aux aurores, ni en pleine nuit. Juste.

En plus, elle les fait moyen ses siestes. Voire pas du tout… Alors qu’elle est morte de fatigue avec ces deux virus successifs – eu égard à son comportement pot-de-collesque du moment…

Avec tout ça, j’ai beau faire râler tout le monde avec mes statuts et mes photos sur ma page Facebook, autant dire que la plage, pour le mois de juillet, c’est juste raté. Ben oui : pas d’exposition jusqu’à guérison totale des lésions. Puis le sel n’est pas le meilleur allié pour cicatriser…

Avec tout ça, ça me fait des bonnes journées tiens.


Oh ma jolie plage que je ne vais pas voir avant un bon moment !