Enfant, parent et grand-parent : question d’histoire

Voilà, ce soir je suis « Ours free ». Je me retrouve donc seule, pour mon plus grand plaisir (oui enfin Zouzou dort profondément dans sa chambre). Seulement j’avais oublié un petit détail : quand on se retrouve seule, on est face à soi-même et à toutes ses émotions, notamment celles qu’on laisse de côté le reste du temps parce qu’on a pas de créneau de libre prévu sur son agenda surchargé pour réfléchir et qu’arriver à penser à la tenue que l’on va mettre le matin relève déjà de l’exploit. On se prend genre une petit baffe dans la gueule en fait. Et ce soir, c’est un peu le cas.

J’étais en train de penser ce soir (waouuhh un vendredi soir après pas plus de 25 heures de sommeil en 4 jours…) que ce n’est pas simple de devenir mère et de voir nos parents eux aussi changer de rôle. Quand on devient mère, notre mère, elle, devient grand-mère, notre père devient grand-père. On se dit généralement que c’est pour eux que c’est pas facile, que cela ne soit pas être simple de laisser leur place en quelque sorte… et de prendre des cheveux blancs.

Nous, ce qui n’est pas simple, c’est de faire connaissance avec ce petit bout au début, puis après, on le connaît comme sa poche, un peu comme si on l’avait fait… ah ben tiens on l’a fait en fait ^^

Puis on voit ses parents prendre son enfant dans les bras. Et là, c’est un peu notre histoire qui remonte à la surface. Cet enfant qu’il tienne, c’est un peu nous en fait : je m’explique (non je ne divague pas même s’il paraît trop tard pour avoir des pensés… sensées). On imagine comment nos parents étaient avec nous quand on était enfant.

J’ai discuté avec pas mal de mamans : pas une ne m’a pas dit « je ferais tout pour que ce truc que j’ai vécu avec ma mère/mon père/mes parents ne se reproduise pas ». C’est clair, on a tous nos casseroles, plus ou moins lourdes certes, mais difficiles à porter parfois. Que l’on soit adopté, que l’on ait eu un parent dépressif, étouffant, trop aimant, pas assez, quand on devient parent on se fait toujours une promesse intime et tacite que jamais on ne ferait les mêmes erreurs. Même si reproduire le même schéma est simplement impensable, une épée de Damoclès reste au-dessus de la tête : et si malgré tout on refaisait comme nos parents ? Mais on arrive à se rassurer en se disant qu’après tout, en prendre conscience est une sorte de garde-fou.

Une fois qu’on s’est mis d’équerre avec ce point plutôt épineux, vient la question du comportement du ou des parents avec notre enfant. Ben oui, revenons au moment où l’on voit cet enfant dans les bras dudit parent : comment s’imaginer qu’il sera différent avec notre enfant ? Oui, près de 30 ans se sont passés depuis qu’ils nous ont eu. Les choses ont changé, surtout depuis les générations d’après-guerre. Oui, leur rôle est désormais celui de grand-parent et non plus de parent… Mais voilà, le doute nous taraude. Et s’il faisait du « mal » à notre enfant comme à nous ? Un véritable tord-boyau, une crainte qui nous hante, qui plane, là, juste à côté de nous.

Est-ce qu’un « mauvais » parent – qui la plupart du temps fait juste ce qu’il peut avec ses propres bagages et casseroles – peut devenir un bon grand-parent ?

Je n’ai pas encore la réponse à cette question, étant, pour le moment, entourée de jeunes mamans. L’avenir le dira.

Je sais en tout cas pour ma part qu’un mauvais enfant peut faire un excellent parent : il suffit de se poser les bonnes questions, d’aimer très fort son enfant, de suivre son instinct… et d’accepter nos propres erreurs.

Inspirations, aspirations ou comment une naissance est en fait 2 naissances (voire 3)

Depuis que Zouzou est là, comme je disais, la vie n’est plus la même. Pas une minute pour se poser, des projets, une grosse envie de vivre, bref, une nouvelle vie. Dès qu’elle est née, j’étais une autre, un peu la même mais pas tout à fait. Depuis lors, je ne cesse de changer, elle n’a de cesse de me faire évoluer. Ma Zouzou, cette comète. Continuer à lire … « Inspirations, aspirations ou comment une naissance est en fait 2 naissances (voire 3) »

Question de couche ? Je me couche

Quand on devient maman, et même un peu avant, on commence à se poser des tonnes et des tonnes de question. « Est-ce que Zouzou n’a pas trop chaud, combien de fois elle a fait caca aujourd’hui, se développe-t-elle bien, est-ce que je l’éveille suffisamment, est-ce que je suis suffisamment présente (toutes les mamans qui travaillent se reconnaîtront… ou pas ;) ), quand va-t-elle faire sa première dent (que je m’absente quelques jours pour éviter les pleurs), a-t-elle un troisième œil qui va lui pousser au milieu du front ou comprendra-t-elle que HEC, c’est de la merde », bref, des questions bien inutiles mais que l’on ne peut pas s’empêcher de se poser – sans doute l’instinct maternel.

Parmi ces questions fondamentales, figure celle cruciale de la marque de couche à savoir : « Laquelle choisir ? »

Entre la marque « Discount » et « Pampers », ou encore les « écolos-bio », on a le choix. J’ai tout testé : euh, je rectifie, presque tout. Même si je suis très sensible à la cause écologique et au bien-être de ma Zouzou, je ne suis pas tombée dans l’hérésie des couches lavables. Quand on bosse, cela fait :
– trop de machine : environ deux machines en plus par semaine, d’après ce que j’ai lu sur le net ;
– trop de gestion de stock : entre le seau pour laisser tremper, le bon savon pour détacher, le film de papier à s’approvisionner… je renonce !
– trop de lutte : faire accepter à la nounou, la famille, bref à tout un monde qui n’est pas vraiment prêt à être converti (surtout nos mamans qui ont connu les langes, l’horreur !) et je crois que quand on commence dans le métier de maman et bien c’est déjà assez compliqué comme ça ;
– trop de raisons qui me font poser des questions sur le bien-fondé de ladite opération : ok, ça fait moins de déchet… mais ça fait plus d’eau. Reste à savoir ce qui est le plus important pour la planète, qu’il y ait moins de déchets ou ne pas assécher complètement les réserves d’eau…

Alors au début, comme c’est le premier, on se fait avoir. On repart de la maternité avec les couches qui ont été fournies (des Pampers pour ma part) et on reste généralement sur la marque. Ben oui, bêtement, en tant que maman, on veut donner le meilleur pour son petit bout, la chair de sa chair, la prunelle de ses yeux, sa raison de vivre (alors que concrètement, il s’en fout lui le petit bout de faire popo dans cette couche ou une autre, je crois même qu’au début ils s’en rendent pas bien compte qu’ils font popo…) et donc ça passe par des couches de marque, celles-qui-garde-bien-au-sec-même-si-y’a-2,7 litres-de-pipi-dedans. C’est bête mais c’est comme ça je crois pour le premier : on veut lui donner le meilleur et ça commence par les couches. A noter que, pour notre défense, les hormones faussent notre jugement et qu’une femme est à peu près incapable de prendre une décisions avec discernement au sortir de la maternité (la preuve, elle parle encore à son mec alors que c’est de sa faute si elle a souffert 12 heures et se retrouve avec un corps difforme). Sauf qu’au bout d’un moment le porte-monnaie souffre. Comme une vache en plein désert, ses flancs se creusent. Et comme ça ne pousse pas, il faut trouver une solution. De plus, les Pampers Baby Dry avait tendance à martyriser les fesses de ma bichette et à les rendre toute rouge, fait constaté par d’autres mamans et qui m’a été rapporté par la puéricultrice de la PMI (une sainte femme) et qui m’a vivement conseillée de prendre la marque du magasin.

Les tailles mini, quelles que soient les marques, bio, Pampers, ou Carrefour, leur prix est presque identique. Mais quand on passe à la taille 2, l’écart se creuse. Une double-motivation pour essayer la sous-marque. Et, ô surprise, elles marchent ! (Manquerait plus qu’ils vendent des couches percées !). Et là on se dit qu’on a vraiment été des pigeons de payer aussi cher pour des couches jusqu’à présent… (Ou juste des mamans qui voulons bien faire ?)

Sauf que, tôt ou tard, si on a un bébé qui gigote, le problème de la fuite de la mort qui tue le matin se pose… Body HS, pyjama HS,  turbulette à demi-pourrie. Alors je me suis dis qu’il fallait essayer autre chose. J’ai donc tenté les bio : idem, c’est l’échec.

Les Huggies : sympa les petits dessins Winnie d’ailleurs. Qui ne servent rien en passant. Ben là, le flop total. Ni une ni deux, elle se retrouvait presque sous les fesses de Zouzou, version taille basse j’te montre mes fesses. Et puis j’ai tenté les Pampers Active Fit et là je dis chapeau… chapeau parce que le problème c’était pas vraiment la couche mais bien son serrage… Une fois ce point compris on se sent beaucoup moins conne (quoique). En tout cas, là au moins avec les Active Fit je peux serrer sans craindre de couper la respiration à Poupette : ben oui, les côtés sont supers élastiques ;)

Bon, en même temps ce matin j’ai constaté d’un air blasé qu’elles aussi se faisaient la malle tant Zouzou gesticule la nuit… Ma quête est-elle donc sans fin ?

Bref, tout ça pour dire avec ce long discours qui n’intéressera sans doute que les mamans de petits bouts que parfois, être maman, est faite de questions incongrues et de quêtes étranges qui s’apparentent à celle du Graal. Et après on dit que les femmes sont bonnes à rien quand elles ont des enfants : je suis sûre que 90 % d’entre elles peuvent monter un audit marketing béton sur les couches en deux temps trois mouvements ;)

(Perso, pour les couches, je pense que le mieux c’est d’être infidèle et de se fier aux opérations promo car après tout c’est bonnet blanc et blanc bonnet ;))

La grossesse n’est pas une maladie : et la connerie ?

Durant toute la grossesse, cette meeeerveilleûse étape qui nous prépare petit à petit à être maman (non, pas seulement à être une baleine ou un restant de femme difforme et/ou flasque et/ou pleine de vergetures, rayez la mention inutile), certaines personnes – du sexe masculin la plupart – s’en sont données à coeur joie : chaque semaine je pouvais être sûre que quelqu’un le sortirait ce fameux « ouais ça va, c’est bon, la grossesse c’est pas une maladie »… Et cette petite réflexion me faisait à chaque fois le même effet qu’une grosse bouchée de wasabi, celui qui te décolle la rétine tellement il pique les yeux, celui où tu te dis « promis, j’en mangerais plus » et qui te rend toute rouge comme le cul d’un babouin.

Et à toutes ces personnes je leur dis gentiment « merde ». La grossesse n’est pas une maladie ? D’abord, si t’as pas d’ovaires tu peux pas savoir. Si t’as pas eu d’enfant et que tu es une femme, non plus (tiens d’ailleurs celles-là elles mériteraient que je leur tartine les yeux de wasabi justement). Si t’es maman, ben là, tu sais, mais apparemment tu préfères nier, voire enfouir au plus profond de ton inconscient ces souvenirs douloureux. Et pour cause.

Non, c’est vrai, la grossesse n’est pas une maladie, juste une malédiction. Vous en connaissez, vous, une maladie qui donne envie de dormir dès 9h32 du matin, qui constipe pendant 3 mois (pour les plus chanceuses), qui te fait fondre en larme devant un coucher de soleil, qui te distend ton ventre jusqu’à ce qu’il explose (ou craque en des milliers de jolies vergetures en soleil autour de ton nombril percé… et donc ruiné), qui te fait gonfler tes seins comme des pastèques – euh si vous connaissez une telle maladie en même temps vous êtes bien veinards ^^ et ça pourrait intéresser quelques personnes – qui te fait poser à peu près un demi-milliard de questions à la seconde et autant de doutes, qui déplace tes organes (oui le coeur se déplace de quelques centimètres et les viscères se mettent où elles peuvent…), qui te fait dépenser frénétiquement des centaines d’euros, qui te donne des insomnies, un dégoût pour les aliments (même les macarons, juste l’idée… une malédiction je vous dis !!) ou carrément une passion irrépressible pour la bonne chère qui vous rend prête à tout pour une tomate farcie, qui vous fait manger des choses impensables en temps normal – mmmmmmh des gras-doubles – qui t’empêche de respirer, qui te rend hystérique sexuellement ou carrément amorphe (au choix, ça dépend des filles et des grossesses). La liste est longue… Moi je vous le dis les filles, avoir survécu à une grossesse relève du miracle. A y repenser je m’en flagellerais le visage à coup de tartine au beurre…

Bon, tout se finit un jour, heureusement. Et puis au final, quand tout est fini, la nostalgie nous envahit à nous en tordre les boyaux. Cet enfant dehors, que l’on ne peut plus protéger, qui est si dépendant de nous, si vulnérable et si fort à la fois… Et que l’on adorait sentir bouger (même quand il essayait de passer en force sous les côtes, ou qu’il provoquait des décharges électriques au niveau du col de l’utérus grâce à ses adorables petits coups de poing…), qui nous accompagnait du soir au matin, ce petit être qui nous faisait « deux », comme dans un cocon.

N’empêche, dommage que la connerie n’en soit pas une, de maladie… au moins ça serait curable !

J’suis maman et je t’emmerde

Voilà, ça y est, je suis maman, depuis 6 mois bientôt. « So what » certains diraient. Ben et alors j’ai besoin d’ouvrir ma bouche, comme d’habitude (et mon cœur peut-être aussi, mais pas trop hein ^^). J’en vois déjà crier : « Mais pourquoi ?? ». Parce que !! Parce qu’être maman ce n’est pas simple (et que personne ne le dit) et que j’en ai marre des mamans qui se cachent derrière des faux-semblants, derrière des je-suis-femme-et-j’assume-d’avoir-trois-vies-en-une-et-je-suis-super-épanouie. Eh oh, arrêtez votre char : qui peut être épanouie en bossant toute la semaine, en courant dans tous les sens, en essayant de conserver une apparence humaine et en étant tendre et aimante avec son cher et tendre sans oublier d’être super méga efficace au travail ? Faut arrêtez les conneries mes cocottes (ou alors j’ai pas eu la recette magique à la maternité de la drogue de la mort qui tue et qui donne la super patate). Être mère aujourd’hui, ben c’est pas une sinécure. Et on a le droit de le dire !

J’en ai aussi ma claque des hommes qui nous mettent au placard ou nous classent dans la catégorie « gentille mais coconne » parce qu’on parle de couches avec les copines (ben oui, moi le caca de ma Zouzou ça m’intéresse, c’est signe de bonne santé Ducon).

Et parce que j’en ai ras le pompon de cette société qui range les mères au foyer dans la case « sans profession » (non mais t’as raison toi oui toi derrière ton ordi et qui bosse dans l’administration avec tes 31heures30 de travail par semaine et tes 120 pauses café, tes 412 jours de RTT par an, ces mamans-là elles élèvent juste la France de demain, tu sais celle qui va payer ta retraite) ou les femmes qui travaillent dans le tiroir « femme active qui s’assume ». Ah bon, parce qu’on a le choix de ne pas reprendre le travail quand on a pas les moyens de vivre sur un seul salaire ?

En tout cas, moi je vais pas me priver de l’ouvrir, ma bouche. Devenir mère ça bouleverse, ça te retourne ta petite vie, ta tête, ton cœur et ton appart. Que la première qui soit restée la même me jette la première pierre !

… Alors, personne à l’appel ?