Mon premier jour de crèche

Ce matin, j’avais rendez-vous à 10h à la crèche où ma Zouzou va passer deux demi-journées par semaine.
Je ne savais pas en quoi consisterait ce premier rendez-vous.
J’ai été moyen pas trop accueillie.
On m’a un peu rien expliqué.

On peut dire que j’ai été mise dans le bain direct : visite de la crèche et… première heure d’adaptation avec ma Zouzou. Visite des locaux, très sympas d’ailleurs, petit tour des activités, rencontre avec les autres petits loulous. J’avais le cœur serré et comme une envie de dire « bon ben finalement je vais pas la mettre hein, je vais la garder un peu encore avec moi ».  Je me demandais ce que je faisais là. Dur dur. Voilà quoi : c’était mon premier jour de crèche.

Je dis mon premier parce que ma Zouzou, elle, c’est comme si elle avait ça toute sa (courte) vie. « Salut les potes. Tiens, sympa ta tututte. Comment ça farte beau blond ». Je savais qu’elle serait comme un poisson dans l’eau. Mais là. Pendant que je parlais, pas une fois elle a jeté un oeil sur moi. Pas une fois. Trop occupée.

En fait l’adaptation, c’est pour moi.
Elle, elle voulait pas partir au bout de l’heure.

Moi, j’avais l’impression qu’on était restée 3 heures.

J’avais la boule au ventre, les larmes qui montaient. Comme un sentiment de déjà-vu. De me reséparer d’elle. J’en ai pas envie. Je le fais surtout pour elle, pour qu’elle se fasse des potes.

L’équipe a l’air sympa. Mais comment ça se passe quand on est pas là ? Si elle fait une bêtise, ils punissent ? Ben la seule solution : discuter… et faire confiance.

Et qu’est-ce que j’ai pas fait : au détour de la discussion de prise de contact avec l’une des deux nanas en charge de surveiller les grands, je demande : « Vous pensez qu’elle ira à l’école quand ? Comme elle est de fin d’année… » Dans ma tête je me disais qu’elle irait à l’école en janvier 2013. Ben ouais, elle est de fin d’année. En septembre 2012, elle aura pas tout à fait 3 ans. Juste 2 ans et 9 mois.
Ben j’aurais mieux fait de fermer ma gueule : « Ah ben en septembre prochain il vous la prenne. Pas de problème ».

Deuxième choc.
Après l’adaptation en crèche, va falloir que je me fasse à l’idée que la rentrée prochaine, ça sera l’école… J’ai touché du doigt la fameuse impression que l’on ressent quand on se dit que notre enfant va rentrer en crèche… Hum… Bon, ben j’ai un an pour m’y faire…

En attendant, demain, j’ai le deuxième rendez-vous.

Avant de rentrer à la maison, on est passé par le supermarché pour acheter des chaussons pour la crèche. Avec des papillons, comme l’image qu’elle aura sur son casier là-bas...

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Jeune maman cherche mise à jour 2.9 pour sa fille

Ma Zouzou grandit. Pas au sens propre. Non. Elle parle de plus en plus, devient de plus en plus autonome (pour ce qu’elle veut bien sûr).
D’un coup, d’un seul, elle a changé.
La veille, je la connaissais, le lendemain, je la redécouvre.

Bon ben voilà : une nouvelle mise à jour a sonné.

A chaque fois, c’est pareil : on trouve un rythme, on prend des habitudes. On commence à savoir comment agir et réagir avec son enfant et pof, ça nous tombe sur le coin de la gueule : « une mise à jour des  bases de données doit être effectuée ». Sauf que ça te demande pas si tu veux la faire tout de suite ou plus tard.
Tu te lèves un matin et ton enfant n’est plus le même. Et tu dois faire avec.

Ben pour ma Zouzou, c’est ce qui se passe en ce moment. Elle papote du soir au matin, du matin au soir.
Maintenant elle a un doudou : Calo, sa poupée en chiffon Corolle offerte par sa tata Mumu. Bien sûr, elle dormait avec. Mais maintenant, elle part avec elle dans ses expéditions à l’extérieur de la maison… Si un jour tu lis ces lignes, pardonne-nous ma Zouzou : des Calo, t’en as deux. Au cas où t’en perdes une. Deux précautions valent mieux qu’une. Et pour qu’on puisse la laver de temps en temps, quand même (mmmh la bonne odeur de bave/lait/compote moisie).

Sa journée, c’est « Enfer et frustrations « : elle se frustre plus vite que son ombre. Forcément, elle veut TOUT faire toute seule et quand elle le veut. Sauf qu’à 21 mois, c’est pas possible. J’ai beau essayé de l’aider à faire seule, des fois ça vire au drame intergalactique. Et puis non, son bib, elle peut pas le préparer seule et sa couche elle peut pas la changer. Même si elle nous dit « couche » quand elle est souillée. Résultat : une prestations à la « Actors Studio » avec des pleurs tête en arrière/ mains sur les yeux / bouche béante d’où sortent des cris stridents type alarme de voiture. Aussi le coup du shamallow ou les pieds qui pédalent. Agrémenté bien sûr de « nnnnnoooooonnnn ». (L’autre jour, devant un Kiri elle a dû dire non à peu près 123 fois…)

Maintenant, elle dit quand elle a faim. D’ailleurs elle a tout le temps faim en ce moment : c’est normal ?? Avant, elle le disait pas ou se contentait d’être grognon. On peut dire que ça me fait bizarre. Avec ses « bibi » qui viennent de son lit le matin ou « manger » ou « faiiiiiiimm ».

Et donc dans tous ces changements, un majeur s’annonce : l’entrée en crèche.

Voilà, voilà.

Moi je dis, ça me fait des bonnes journées.

Avec plein de soleil dans le cœur… et quelques nœuds dans la tête.

L’adaptation : le début de la fin ?

Bon ben voilà : mercredi, c’est le premier rendez-vous pour commencer l’adaptation en crèche.
Et dans un an, ça sera peut-être déjà l’école.  Le début de la fin.

Pourtant, c’est pas comme si je ne m’étais jamais séparée d’elle : elle avait 3 mois quand j’ai dû reprendre le travail. Et hop, chez la nounou. Financièrement, difficile de faire autrement. Et puis je ne pensais pas que ça serait si dur de reprendre. Et mon boulot je l’adorais… Jusqu’à ce que ma Zouzou soit née…
C’est clair que j’ai pleuré, pendant des mois, et elle aussi sûrement…
C’est clair que j’ai culpabilisé.
C’est clair que ce n’était pas la bonne décision.

Depuis qu’on a déménagé, c’est moi qui m’occupe d’elle. Toute la journée. Pour mon plus grand bonheur. J’ai l’impression de rattraper le temps perdu de cette séparation beaucoup trop précoce avec du recul. Je dis pas que c’est facile, mais c’est un réel plaisir de voir comment elle progresse, d’avoir ce lien avec elle. Je la comprends à demi-mot : je la connais, puis des fois elle ne dit pas les mots en entier, il faut le dire (ou émet des sons comme son Ours de père « GGgrrrgrggRRGGggg »).

Mais mercredi, on a rendez-vous, THE rendez-vous, qui va la mener finalement à quitter la maison… ben oui, la crèche, puis la maternelle, le primaire, le collège, le lycée, et puis bye-bye. Je sais qu’on met pas un enfant au monde pour soi, je suis la première à le crier haut et fort, mais punaise, ça passe vite. Je vois la nièce de mon Ours, je l’ai connue elle avait 5 ans, et sa soeur, je l’ai porté dans les bras, toute petite… Maintenant elles sont grandes alors que je n’ai pas vu les années passer.

Je sais que pour ma Zouzou ça sera pire.
Une vitesse exponentielle.
Alors avec cette adaptation à la crèche, j’ai l’impression de faire une répétition pour l’entrée à l’école, le grand saut dans la vie en société, 4 jours sur 7.
Elle sera une grande fille.
Et j’ai peur qu’elle ne soit plus ma Zouzou.

Que je ne la reconnaisse plus.
Que tout aille vite.

En même temps, je suis pas folle : il y a ô combien des points positifs à tout cela. Elle va se faire des amis, et ça c’est trop chouette ! Elle est à un âge où je ne lui suffis pas. Clairement : elle est avide de rencontrer des enfants ! Bon, c’est pas que du peace & love, c’est sûr : elle va aussi se frotter à des enfants plus violents, plus forts… Mais ça, c’est la vie. Je sais (j’espère) qu’elle saura se défendre. Et puis moi, ça me fera du temps, pour bosser, m’aérer et prendre du recul sur ma vie de maman et ma vie pro en construction (certes après Beyrouth) .

Bon, je me mets un peu la pression sûrement… Et puis c’est pour deux demi-journées par semaine seulement… Heureusement !

Mais j’ai l’impression que ce sera la fin d’un nous deux. De ce vase clos si doux. Si magique…