Aujourd’hui, dès l’aube

Hier soir, je voulais me coucher tôt. 23h.
Comme tous les soirs, je me suis laissée emporter par le tourbillon chronophage de l’Internet.
Il faut que je mette en place mon site pro. Seule ou presque. Autant dire que je me lance à corps perdu dans l’océan insondable… de je ne sais même pas quoi !

Je finis par me mettre au lit à minuit passé. Un peu d’Instagram pour me vider la tête…
Je mets le réveil à 7h.
Je sens que ça va piquer demain matin.
Ou devrais-je dire toute à l’heure. Lire la suite

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Le temps de se séparer

J’ai le cœur qui se serre.
Demain on commence l’adaptation mon petit chat.
Demain on va devoir commencer à apprendre à se séparer, à se laisser. Mais aussi à se retrouver.

Je vais devoir te faire garder pour travailler davantage. Cette dernière année et demie a été aussi merveilleuse qu’éprouvante à tes côtés.

Des sentiments ambivalents accompagnent cette étape que je redoute autant que j’attends impatiemment. Je suis heureuse de me retrouver seule. Juste seule. Toute une journée. Sans pleurs sans cris, rien que moi ou presque à penser. J’en ai besoin. Comme dirait ta grande sœur, « pour de vrai ». Heureuse de pouvoir prendre du temps pour moi, me redécouvrir. Pour coudre, refaire mon CV, trouver de nouveaux clients. Faire davantage bouillir la marmite et ne plus avoir le couteau sous la gorge chaque fin de mois.

Mais je suis aussi triste, triste de ne plus être avec toi toute la journée. Malgré tout j’aime nos journées. Tes sourires, ta bonne humeur, tes câlins, tes regards, nos moments douceurs avec la tétée – sans doute notre préférée – de la sieste. Nos petits tours en tête à tête. Ce grand soleil que tu mets dans ma vie.
Te savoir triste sans pouvoir te câliner, savoir d’autres bras que les miens te rassurer… J’ai du mal à l’accepter…

Bien sûr toutes les bonnes choses ont une fin. Un jour tu iras à l’ecole, même si c’est encore loin, hein dis ? Tu grandis et auras 18 mois jeudi. Alors autant t’habituer petit à petit aussi. Et passer plus de temps avec d’autres enfants sera chouette aussi. Enfin, c’est ce que je me dis…

Alors bien sûr tu connais déjà ta nounou, c’est une amie. C’est un bon point de départ pour cette nouvelle vie. Bien sûr je sais que tu seras bien accueilli. Tu auras un copain et une copine, tu rencontreras d’autres enfants au RAM et tu feras des activités qui vont t’amuser.
Il me tarde de te connaître avec les autres, ce que nounou dira de toi, tes facéties… Et des bêtises aussi !

Je ne peux pas te garder avec moi toute ma vie. Je me sens assez nulle dans ce rôle de maman d’ailleurs. Trop besoin de travailler, de m’y consacrer vraiment. Besoin de respirer pour mieux apprécier et mieux donner.

Alors pourquoi je culpabilise ? Pourquoi je me sens nulle d’avoir besoin de ne plus être tout le temps avec toi ? Pourquoi je le vis mal alors que je suis maman deux fois ? Je ne suis plus une débutante tout de même !
Je sais que nous allons tous deux y gagner à être un peu séparés. Bien sûr il y aura les autres jours… Finalement ce sont seulement 3 jours…

Mais voilà. Ce temps précieux qui file entre mes doigts. Quand je vois ta grande sœur qui aura bientôt 5 ans, qui avait 18 mois quand on est arrivé dans cette ville, je me rends compte que le temps est passé dans un bruissement d’aile de papillon aussi furtif que discret.
Bientôt tu seras aussi grand qu’elle. C’est tout le mal que je te souhaite.
Mais ces premières années sont si douces… Je me souviens déjà avec nostalgie de ton début de vie pas simple pour moi, à te porter sans cesse… Et pourtant ce week-end j’ai eu le cœur tout ramolli en voyant des bébés tout endormis en écharpe et autre sling… Ce temps est désormais révolu…
Tu marches, cours presque, veux tout le temps marcher, accepte peu d’être porté… Tu es bien vivant et tu as soif d’autonomie… Avec quelques câlins bien placés.

Alors mon tout petit, je te promets qu’on apprendra à se séparer, doucement, on prendra le temps. Plus qu’il ne faut.
Et on aura tant de plaisir à se retrouver et à se raconter nos journées.

Dis, tu m’en veux pas dis ?

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« Corneille es-tu là ? » ou comment choisir un mode de garde

Y’a comme quelque chose qui cloche dans mon titre. Je ne vois que ça. Mais si, regarde de plus près bigleuse : « choisir ». Toi, la femme enceinte derrière ton écran, on te fait croire que tu peux « choisir » ton mode de garde. Partout : dans les magazines, dans les dépliants du RAM (Relais d’assistantes maternelles), à la CAF. Même tes amies s’y mettent : « Tu vas le mettre chez une nounou ou à la crèche ? ». Allez, sors tes kleenex, point de choix cornélien à faire : tu ne choisis pas un mode de garde, non, c’est lui qui vient à toi… si t’as de la chance.

Ben oui, quand on y réfléchit c’est pas loin d’être la vérité. Déjà pour s’inscrire en crèche (mode de garde peu coûteux puisque on paie en fonction de ses revenus entre moins d’un euros de l’heure à moins de 3 euros maximum) : songez-y dès les premiers signes de grossesse ! La première nausée : hop, appelez votre mairie pour connaître les crèches qui existent dans votre ville. C’est le temps nécessaire pour prévoir de mettre votre enfant en crèche, si vous reprenez le travail, à ses 3 mois, soit un an plus tard. Si vous avez une place bien sûr. Car cela ne va pas de soi, mais pas du tout ! Je me rappelle quand j’ai voulu trouver une crèche, j’ai appelé celle du centre-ville de Bordeaux où j’habitais alors, et on m’a dit : « Votre enfant est donc inscrit sur liste d’attente ». Suuuuupperrrr ! Comme je suis curieuse j’ai demandé en quelle position j’étais… Bien mal m’en a pris ! « Il y a environ 300 personnes devant vous ». Oui, t’as bien lu ma cocotte, 300 ! En gros t’as plus de chance de gagner au loto que d’avoir une place en crèche.

Donc la effectivement, on choisit pas vraiment la crèche. Associative ou communale, si t’as une place tu fais pas la difficile. Tu réfléchis pas, tu dis « oui ».

Même dans les petites villes ce n’est pas simple. J’ai réussi à avoir deux demi-journées à partir de septembre pour ma Zouzou (c’est un début mais peut mieux faire). Tout le monde devrait pouvoir avoir une place. Surtout ceux qui n’ont pas les moyens. Seulement voilà : pas de tri sélectif dans l’accès à une place en crèche. Logique, puisque ceux qui gagnent plus permettent de payer plus que ceux qui ont moins les moyens : cela compense et permet juste que l’infrastructure (sur)vive. L’autre solution ça serait d’ouvrir des crèches. Mais bon, je ne crois pas que ça soit dans la politique budgétaire gouvernementale. Ben ouais : au pire, si t’as pas de place en crèche et que tu ne peux pas payer la nounou, la femme retourne au foyer hein. C’est mieux de dépendre des indemnités de chômage que d’avoir une place en crèche financé par l’Etat… non, c’est vrai <_< Tant qu’il y aura des hommes au pouvoir, les calculs ne seront pas fait en faveur des femmes et donc des enfants… Bref, passons.

Peut-être autre chose t’as fait tiquer future petite maman : le « tu ne peux pas payer la nounou », c’est ça ? Tu te demandes mais combien gagne-t-elle, celle qui aura l’immense privilège de garder ta progéniture, la chair de ta chair… qui vaut si cher ? Et bien compte environ 3,50 € pour les indemnités d’entretien par jour de présence, 3,70 € de l’heure, et 3,50 à 4 € les repas. Ce qui nous fait environ, grosso modo hein je chipote pas, 800 euros par mois pour un temps plein, de 9h à 18h, du lundi au vendredi. Tout ça pour une garde rapprochée et de qualité. Manquerait plus qu’elle morde pour ce prix. Car il y a bien un avantage à avoir une assistance maternelle : c’est un mode de garde qui permet de respecter le rythme de bébé. Si un enfant de 12-18 mois se plaira volontiers en crèche avec plein de petits amis plein de microbes, un nourrisson de trois mois pourra être porté et choyé dans les bras d’une gentille  nounou. Bon, encore faut-il la trouver. Mais ça, ça se fait au feeling : on en voit plusieurs, on pose plein de questions (un interrogatoire s’il le faut, elles ont l’habitude) et on s’écoute. T’as besoin d’une place très bientôt mais celle-là tu la sens pas : tant pis tu passes ton tour. Si tu la sens pas, ton bébé le sentira pas et ça se passera pas forcément bien du coup. On prend son temps. A noter que sur le salaire versé à la nounou, selon tes revenus, tu pourras bénéficier d’une aide de la CAF qui va de 169 à 449 € (c’est le complément de libre choix du mode de garde, une aide qui porte bien mal son nom d’ailleurs hein : libre choix, pas trop. Mais elle a le grand mérite d’exister).

Bon, je te vois la larme à l’oeil là : meuuh non, allez, ça ira. Aussi bien tu voudras finalement rester à la maison avec ton petit (enfin « pourra » financièrement). Et puis parfois on a de bonnes surprises : une place en crèche qui se libère (cela m’est arrivé : deux semaines après avoir repris le travail, j’ai dû décliné donc…), une amie qui te passe le nom d’une nounou extra. Et puis il est pas encore né ce petit ! Heureusement…