A la rentrée

Voilà, dans un peu moins de 3 semaines, ce sont (encore) les grandes vacances. L’année est passée à la vitesse de la lumière. Je le savais mais à ce point-là tout de même…
Mon tout-petit n’est plus si petit. 16 mois cette semaine. BORDEL.
Ma grande est vraiment grande… Une vraie jeune fille…

Ils ont poussé devant mes yeux, et moi aussi, un peu, dans les-leurs.

Ma Zouzou rentrera en grande section en septembre. Elle reste sensible émotionnellement. Mais en classe elle avance vite. A 4 ans et demi, elle commence à lire des mots, écrit en attaché, sait des tonnes de choses. Elle pose des tas de questions et persiste dans sa crise pré-adolescente mâtinée d’un besoin d’exprimer sa jalousie envers son frère.
Va-t-elle s’ennuyer en classe ? Va-t-elle parvenir à être moins sensible ?
J’essaie de l’aider, un peu. D’exprimer ses émotions à la maison. Cela marche parfois.
Rester vigilante et à l’écoute.

Le Zébulon lui, ne sait pas ce qui l’attend… J’ai l’impression de lui préparer un mauvais coup derrière son dos. Il marche seul depuis le jour de ses 15 mois, touche à tout, adore fermer les portes, il comprend vraiment tout ce qu’on lui dit, et a dit hier son premier mot après « papa » et « maman » et le prénom de sa soeur : « coucou ». Malgré les nuits et les journées parfois encore tumultueuses (et courtes), c’est un bébé adorable. Très sociable. Un amour.
Et je veux m’en séparer ?? A la rentrée, je vais devoir reprendre le travail de manière plus importante. Actuellement je travaille le soir. Et c’est assez pénible après une journée souvent intense avec lui. Il est très très très demandeur. De présence, de câlins… et de bras surtout. Bosser en journée c’est juste pas possible. Je dis « devoir » aussi pour ma santé mentale. 16 mois de vase clos. Si j’adore le voir grandir, je ne suis pas faite pour faire que ça. Et puis financièrement c’est juste plus respirable. Du coup, en septembre, c’est le grand saut : je vais le faire garder. Comme je n’ai pas eu de place en crèche, et que j’ai la chance d’avoir une amie nounou qui a une place pour le garder, eh bien voilà, c’était tout trouvé. Comment ça va se passer ? Va-t-il le supporter ? 3 jours sans tétées en journée, sans câlins de maman ? J’en ai vraiment besoin et en même temps… j’ai la boule au ventre. 3 jours ce n’est pas 5 jours… mais il n’a jamais été gardé une journée entière, tout au plus 2 heures… Cela ne va pas être facile…

Puis il y a moi. Je vais devoir vite trouver des missions pour éponger les dépenses de nounou. Parce que le but aussi c’est de pouvoir faire des projets. Pas de vacances, des fins de mois plus que serrées, pas de maison avec jardin… pas de temps pour moi, zéro, pas de lieu décent pour accueillir les amis. J’ai envie que tout ça change. Que ma vie redevienne un peu comme avant. Avec des projets professionnels motivants. Ne plus me limiter à mon travail de mère, de femme, de celle qui entretient maison, linge, qui remplit les assiettes. Juste besoin de me consacrer à des choses un peu plus intellectuelles, plus épanouissantes pour moi. Avoir du temps de libre aussi. Pour être seule, voir mes amies, passer du temps avec l’Ours… Je parle comme si j’étais mère au foyer… Alors que je travaille depuis que mon bébé a eu 2 mois et demi… Mais je n’ai le bénéfice de rien : mon travail n’est pas reconnu et ne fait pas assez bouillir la marmite. Mon travail de mère au foyer qui est anti-naturel pour moi n’est jamais achevé. Pas le temps de ranger, pas le temps d’organiser, pas l’énergie à cause de nuits ou de soirées – en plus du travail – perturbées encore par le Zebulon… Sortir de cette vie jolie mais trop restrictive à mon goût.

Alors à la rentrée, ma vie, notre vie va changer. Et encore une fois cela est à cause de moi. A moi d’en assumer les conséquences, de m’organiser, de tout gérer.
Mais cela devrait bien se passer non ? Puisque je suis motivée et qu’à la clef il y a des projets et ma liberté ?

Dernier jour de crèche

Voilà, aujourd’hui, c’est le dernier jour de crèche de ma Zouzou.
Après les doutes des premiers temps, l’angoisse du premier jour de crèche, elle s’y ait vraiment bien fait à cette vie en collectivité.
Et moi aussi : l’équipe était assez sympa. La directrice et son acolyte s’attachent à animer la crèche : fête des parents, de la crèche, journées spéciales, je suis vraiment super satisfaite de leur travail et de leurs compétences, de l’énergie qu’elles mettent en œuvre pour que les enfants se sentent bien (et les parents aussi du coup). De leur manière aussi d’aborder les enfants. Bref : je suis parvenue à leur faire confiance.

Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin.
C’est le dernier jour chez les « petits ». Dernier jour à la crèche.
Dans un mois et 3 jours, elle sera la petite chez les « grands », à l’école.

Une page se tourne. Celle de la petite enfance. Celle des premiers apprentissages en tant que maman. Celle où l’enfant est encore un peu connu de ses parents.
En septembre, elle se frotte à la collectivité, la vraie, celle où on est 30 par classe avec deux adultes pour accompagner.
Celle où à la récré il y a 90 enfants, là où ma Zouzou est déjà perdue dans un groupe de 15.
Celle où elle va découvrir d’autres enfants, qui vont lui apprendre d’autres choses, pas toujours sympas.
Celle où elle va avoir sa vie à elle, qu’elle ne nous racontera peut-être pas.

Oui, c’est bien l’école : elle qui a si soif de connaissances, d’activités, va y trouver son compte, à n’en pas douter.
Elle va s’éclater, je le sais, sans doute après un temps d’adaptation, plus ou moins long, plus ou moins facile… Avec plus ou moins de pleurs…

Elle est comme ça ma Zouzou, sensible. Même à 32 mois, elle décharge quand elle a eu plein d’émotions. Alors même qu’elle verbalise les « je suis en colère », elle a besoin de sa dose de gros câlins le soir et surtout de pleurs. Elle est émotive. C’est aussi ce qui fait sa qualité première : l’attention portée aux autres.
Elle est comme ça. Un caractère de cochon avec un cœur tout mou (comment ça « comme sa mère » ?).

Je suis contente qu’elle grandisse et aille à l’école, mais là, à quelques semaines de l’échéance, j’ai comme un petit pincement, un pincement à mon cœur de maman.
J’espère que tout va bien se passer.
Que les autres enfants ne seront pas trop méchants (toute manière j’irai casser la gueule aux parents si y’en a un qui touche à un cheveu de ma fille).
Que la maîtresse sera gentille et douce (toute manière j’irai casser la gueule à la maîtresse si elle touche à un cheveu de ma fille).
Que l’école maternelle sera presque aussi chaleureuse que la crèche.
Qu’elle ne souffrira pas trop de ce changement qui s’amorce.
Qu’elle va retrouver les copains.

Bref ma toute petite grandit, et force est de constater, que moi aussi.

Ma toute grande qui sait pédaler :)

Le débrief des Vendredis Intellos : le fil invisible de l’attachement

L’attachement est un lien indéfectible intimement lié à l’amour et qui s’établie entre les êtres humains et plus particulièrement entre la mère et son enfant. Il scelle ce duo fusionnel et renferme en même temps en lui cette notion d’individualité des deux partis (peut-être en opposition avec le mot fusion à mon sens) : la mère et l’enfant sont différents mais attachés l’un à l’autre, indissociables l’un de l’autre. Lire la suite

Bilan de la crèche : je sais plus où je crèche…

Après 15 jours de familiarisation avec la crèche, je ne sais plus où j’en suis.
Ma Zouzou pleure mais est contente de voir « les fenfants ». Elle y va avec le sourire et avec plaisir.
Ce midi elle n’a rien mangé : cela n’était pas arrivé en 21 mois. Ce n’est pas une gloutonne, elle met trois plombes mais elle mange quand même volontiers.
Elle n’a pas dormi, ce qui est souvent le cas l’après-midi depuis le début de la crèche…

Bilan : elle est crevée et moi aussi.
Je me pose des questions, des tonnes de questions.
Est-ce que je fais bien ? Est-ce bon pour elle d’aller en crèche ? Est-ce que c’est obligé que la sociabilisation soit difficile ? Ai-je pris la bonne décision de retravailler ?
Est-elle perturbée à cause de la crèche ou parce qu’elle passe une grosse phase d’acquisition du langage ?
Si elle n’est pas en retard sur le langage l’est-elle ailleurs ?
Et son refus de manger, c’est pour dire « je veux rester un bébé » ou « je veux que tu t’occupes de moi », je dois faire en sorte qu’elle mange seule ou pas ?

Pourtant, elle parle des autres enfants (enfin, juste un, un certain Paco…).
Pourtant ce matin elle me disait « toute seule » quand je lui disais qu’elle allait à la crèche.
Pourtant dans le couloir pour aller dans la salle des « Scoubidous », elle est toute guillerette et quand on rentre, je n’existe plus… enfin ça dépend des jours.

Comme d’habitude, je suis une cruche : je n’avais pas prévu ça. Que ça serait aussi chamboulant pour moi, voire plus, que pour elle.

J’espère juste que tout va se régler petit à petit…

Encore une preuve qu’être parent, ça s’apprend tous les jours, et que chaque étape a ses difficultés.

Je crois qu’on n’est pas prêt de s’ennuyer !

L’envol

Quand on met un enfant au monde, on sait qu’il n’est pas à nous. On sait que notre travail de parent consiste à lui donner toutes les clés pour qu’il puisse arriver à l’âge adulte et voler de ses propres ailes.
Forcément, les premiers mois, on s’en rend pas compte qu’un jour ils partiront : c’est un travail à 100 % H24. On en rêve d’ailleurs de leur autonomie

Puis ils grandissent, vite, très vite.
Ils tiennent assis, baragouinent quelques mots, font du quatre puis finissent par marcher.
Et là, on le sait que ces premiers pas sont les premiers d’un long chemin qui se finira pas une séparation.

Ma Zouzou, je sais qu’elle n’est pas à moi. Elle a toujours été indépendante. Moi, je suis juste sa mère. Avec l’Ours, on s’en occupe jusqu’à ce qu’elle parte, comme si on nous avait confié sa vie le temps qu’elle grandisse.
Sa naissance a été bouleversante : jamais on n’aurait pu imaginer aimer autant ce petit être.
Pourtant, j’ai repris le travail le jour de ses 3 mois. Une part de moi, une toute petite, était contente de faire autre chose que de pouponner. Les premiers mois sont particulièrement difficiles. En tête à tête avec son bébé, on n’existe plus que dans son rôle de maman. Mais les mois qui ont suivi la reprise ont été particulièrement pénibles, douloureux.

Là, après 4 délicieux mois en vase clos, c’est l’adaptation en crèche. Si j’étais plutôt confiante au début, hier mon petit coeur de maman a eu vraiment mal. Mal dans les tripes, le ventre noué. Ma Zouzou a pleuré à la crèche puis tout le long du chemin du retour à la maison. Elle est sensible, elle était fatiguée, elle n’a pas l’habitude d’être avec d’autres enfants. Je sais qu’elle ira à l’école, donc autant qu’elle se sociabilise en crèche. Je pensais m’être raisonnée mais cette nuit, mes émotions de maman m’ont rattrapée. J’ai mal dormi : je me suis dit que je n’arriverai pas à vivre un deuxième jour comme ça, puis l’école puis la fac. Que je n’étais pas assez forte. Que décidément être mère était difficile et bien ingrat. A peine on fait connaissance qu’il faut laisser son enfant dans la jungle de la vie.

Couvée, choyée, aimée, câlinée, on élève notre enfant puis un jour, sans crier gare, on doit se séparer. On doit à nouveau physiquement couper le cordon. « Je t’aime, donc je te laisse t’envoler ». Rien ne nous prépare à ça. A cette séparation. A l’indépendance de l’enfant. Lui et nous, cela ne fait presque qu’un. Puis la crèche, la maternelle, l’école. Le garder pour nous est purement égoïste et irresponsable. Elle doit devenir indépendante, petit à petit.

Aujourd’hui, je l’ai amenée à la crèche les boyaux retournés. Pourtant, elle était souriante et contente d’aller voir les « fenfants » comme elle dit. Moi, j’avais l’impression de revivre la séparation à ses 3 mois de vie. J’avais envie de pleurer mais j’ai essayé de ne rien montrer.
Ma Zouzou s’est amusée et je l’ai laissée, en croisant fort les doigts que cela se passe bien.

J’ai été faire les courses pour m’occuper l’esprit. Mais j’avais la nausée, une boule dans la gorge.
J’espèrais que tout se passe bien. J’espérais ne pas la voir pleurer.

Et finalement, en allant la chercher, mon ventre s’est dénoué, et un sourire s’est installé sur mon visage : je venais seulement de vivre son absence. Vivre le détachement d’avec mon unique enfant. Je crois que cela s’appelle l’amour maternel.
Je l’ai retrouvée, souriante, en train de coller des gomettes.

Le comble : elle ne voulait plus partir.
J’étais rassurée !
Le pire : on m’a proposé une journée entière en plus des demi-journées. Je vais pouvoir bosser ! Je vais devoir la laisser…

Malgré tout, je sais que cette séparation est nécessaire.
Et que ce n’est qu’une simple répétition de prochaines séparations…
Un jour, elle partira de la maison, pour mieux revenir : c’est tout le mal que je lui souhaite. Une part de moi passera le pas de la porte. Mais pas mon amour pour ma Zouzou.