Toi, tu es

L’opposition. On peut dire que c’est un art que ma Zouzou manie avec brio depuis… des mois. Et à chaque fois qu’on pensait l’Ours et moi atteindre le paroxysme de la crise du « non »… on se fourrait le doigt dans l’œil jusqu’à l’épaule.
On vivait chaque jour comme des montagnes russes… à une seule colline qui n’en finissait plus de grimper vers le ciel.
Et moi, le nez sur la copie, la fatigue embuant la tête, je ne parvenais juste pas à trouver une solution.
Aussi enfantine qu’elle puisse être.

J’étais une grosse bigleuse qui n’aurait pas vu un éléphant traverser la rue, un arbre dans l’œil, ou que mon cul débordait désespérement de mon jean (remarque, cela reste encore le plus facile à voir).
J’étais perdu comme un navigateur au milieu de l’océan de mes doutes parentaux, égarée tel Ariane sans son fil au milieu du labyrinthe complexe qu’était l’esprit de ma Zouzou.

Jusqu’au jour où.
Au détour d’une discussion de maman avec une amie – oui, on est maso, quand on a 5 minutes pour nous, c’est pour parler des enfants – elle me parle d’une émission géniale des Maternelles sur le « non ». Je lui dis : »Mouais, tu sais, les invités des fois ils sont bidons, les sujets pas très approfondis… ». Bref, que je me méfiais. Elle m’a dit que quand même c’était bien. Et moi de lui répondre, bécasse que j’étais, que je préférais me fier aux livres d’Isabelle Filliozat et d’autres spécialistes dont les propos raisonnaient en moi.
Arrivée chez moi, je cherche l’émission. Et je vous le donne en mille : l’invité n’était autre qu’Isabelle Filliozat !

Le conseil qui m’a le plus impacté – enfin qui a fait réagir les deux petits neurones qui semblent vouloir survivre dans ce terrain hostile qu’est mon cerveau en chantier – c’est dire « tu ».
Ouais, tu te dis que y’a rien de révolutionnaire.
Ben si.
Si si je t’assure.

L’Ours et moi, on avait l’habitude de dire « on » à tout va. Un « on » faussement accompagnant.

J’aurais dû m’en douter, on m’a seriné à l’école que «  »on » est un con ».

Derrière ce « on », ma Zouzou n’existait pas.
Et on utilisait « tu » uniquement pour interdire.
Du coup, ma Zouzou d’affirmer encore plus sa personnalité en disant « non » et en criant.

Elle avait juste besoin qu’on l’individualise, qu’on la fasse exister.

Et depuis qu’on lui dit « tu », les choses se passe à merveille – oui bon elle est toujours en opposition, c’est pas un remède miracle.
Elle prend même des initiatives pour ranger, réparer les petites bêtises.
Elle existe et par là même, j’existe.
Et elle se plaît à dire : » La maison de moi, toi et papa. »
Elle trouve sa place.

Je sais que les mots ont leur importance.
Mais je ne le soupçonnais pas à tel point.
Encore une fois, je me suis fait avoir comme un bleu.
On ne m’y reprendra pas !! Foi de Kiki !

… Enfin, jusqu’à la prochaine fois !

Ma Zouzou d’amour <3

Pour voir l’émission, c’est par !
Pour connaître un peu plus Filliozat, par ici !

La crise du Terrible Two : le meilleur du pire

Franchement, les bébés, c’est trop mignon.
J’adore les enfants. Je ne peux pas m’empêcher de les regarder en souriant.
… Puis de regarder les parents en penchant la tête d’un air compatissant à partir du moment où leur marmot marche et explore leur environnement de fond en comble, n’en faisant qu’à leur tête.

Moi aussi j’aurais adoré avoir des enfants rapprochés… si ma Zouzou n’avait pas passé le cap des 18 mois avec la crise du « non » et ne serait pas rentrée tête dure baissée dans la crise des 2 ans aussi appelée Terribeul Two.
Parce que franchement, là, maintenant, tout de suite, à présent que je sais ce que c’est que la crise des 2 ans, celle d’opposition ou de négativisme (ou plutôt d’autonomisation si on veut voir les choses du bon côté) je me dis que si j’avais deux jeunes enfants, avec ma Terribeul Zouzou, je me serais déjà pendue avec mes strings (au moins, ils serviraient à quelque chose).

Tu ne sais pas ce que c’est la crise des 2 ans petite naïve ? Je vais t’expliquer :

  • oublie le bébé trognon tout mignon que tu connaissais : ton enfant va montrer la face obscure de la force ;
  • prépare-toi au pire. Les pleurs du nourrisson 3 heures d’affilée, c’est rien en comparaison ;
  • si t’es mère au foyer, prévois-toi une activité défouloir à côté, genre kick-boxing ou full-contact. Laisse tomber la piscine ou la sophro, ça défoule pas assez ;
  • achète un casque. Pas pour le vélo. Pas pour ton bébé. Pour toi : il n’est pas rare de se prendre des petits kick-back dans la gueule genre agression de trous de nez, d’oreille, coup de boule et autre tatanne dans ta face durant cette période ;
  • pratique dès que tu peux la technique du « raaaahhhhh merdeeuuuuuuhhhhhh » dans un coussin quand ton enfant sera couché, cela permet d’évacuer les tensions de la journée ;
  • achète des mouchoirs par palette : entre tes nerfs qui lâchent et les 485 crises de colère de ton enfant ponctuées de grandes eaux, cela devrait te durer au bas mot une semaine ;
  • prépare-toi à changer : même les plus patientes passeront du « pauvre petit bout » à « mais ta gueule putainnnnnnn« , si si, je t’assure.

Des fois j’ai l’impression d’être comme Rambo, de parfois le matin me nouer un bandeau noir sur le front pour affronter la journée.
Ma mission : trouver des trucs et astuces pour éviter les crises
Je doute aujourd’hui en ma capacité d’y parvenir.

Je doute même que cela soit évitable.
Je doute surtout d’en avoir la patience.
Ok j’essaie d’accompagner ma Zouzou du mieux que je peux, je me coltine des tonnes de livre, j’essaie de prendre du recul. Jusqu’à me paumer.
Entre le boulot qui marche pas, le démarchage, bloguer (juste vital pour pas virer zinzin), mon couple, la famille, les amis (euh, que je n’ai pas le temps d’appeler…), parfois, je n’y arrive pas à avoir du recul.
Et avec les siestes de ma Zouzou qui sautent… ce n’est pas simple.

Et quand je pensais qu’on avait trouvé un rythme de croisière pour accompagner ses crises… voilà qu’elles montent en grade.
Déjà ce matin, deux crises : elle voulait pas enlever sa couche, et elle voulait lire plusieurs livres alors qu’on avait déjà lu l’histoire après le petit déjeuner et qu’on devait partir…
Et là, c’est dur, de voir sa petite prise par les pleurs, la colère, la fureur de ne pas maîtriser son quotidien comme elle voudrait.
Céder ?
Persister à dire non ?
Vraiment pas simple de faire les bons choix…
Et dire que ça dure jusqu’à 3 ans, voire au-delà…

Et par-dessus tout ça, l’œdipe qui pointe son nez : ma Zouzou nous sert du papa à toutes les sauces…
Et enfin, les couches qu’elle ne veut pas laisser tomber… Ne plus être un bébé. Elle dit non quand on lui demande si elle a fait caca alors qu’on le sent à 10 mètres…

Bien sûr, à côté de ça, il y a des bons moments.
Bien sûr que je l’aime fort ma Zouzou.
Que je préfère qu’elle soit comme ça qu’un enfant sage – comme je déteste ce mot.
Mais il y a des fois, où j’aimerais que les choses soient simples, comme avec un bébé…
Où j’aimerais ne pas me sentir en échec…
Mais là, il faut que j’accepte, que je reste forte, que je ne cède pas à la facilité, au non à tout va.

Faut juste que lâche du leste non ?

Si cette image te met en état de stress, c’est que ton enfant est en pleine crise des 2 ans

Et comme je suis sympa, je te donne des idées pour « limiter » ces crises dans les Vendredis Intellos.

© Naître et grandir.net