La vie de maman de 2

Donc ça y est, ma grossesse est terminée, mon accouchement s’est bien passé. Me voilà maman de deux enfants.
Moi.

Deux enfants.
J’en reviens pas.
Je n’y crois pas parce que les mamans de deux enfants généralement ce sont des dames. Des vraies femmes.
Ah. On me dit dans l’oreillette que je vais faire 32 ans cette année (hum dans un mois et un jour exactement).
Hum.

Bref.
J’ai donc deux enfants depuis un peu plus de 7 mois (!!). Au début, j’ai eu du mal à réaliser, comme si ça ne pouvait pas m’arriver à moi. Puis après la douceur du 1er mois, je me suis pris une grosse gamelle à travers la gueule. Un tractopelle même. Un peu comme un train qui me serait passé dessus. Avec un bras d’un côté, un de l’autre, la tête là-bas et ce qu’il reste de mon corps après mon accouchement ici. J’ai ramassé mes dents. Une par une. Parce que si j’étais préparée à cette naissance, qui a été fabuleuse, les premiers jours de vie qui ont été super sans coup de blues, l’Ours, lui, l’était moins.

Et puis clairement, avec la Zouzou, on en a bavé. Des litrons. Et encore aujourd’hui c’est mouvant. Sportif.

Rappelle-toi : une naissance chamboule TOUJOURS. Toi, la fratrie, ton couple. Ton corps. Ton esprit. Ta vie quoi. Même si t’es préparée. Et en même temps, par définition, on ne peut pas se préparer à quelque chose que l’on ne connaît pas. On peut juste limiter les dégâts.

Aujourd’hui, je n’arrive presque plus à me rappeler comment c’était avant Zebulon (si, un peu : vide. Mais je faisais quoi de tout mon temps ???).

Non, ce qui change, c’est le quotidien. Si avant tu pensais courir après le temps, là tu sprintes. Sur des milliers de kilomètres. Du soir au matin et du matin au soir.
Levers, déjeuners – enfin tétée pour Zébulon -, habillage et débarbouillage respectif, départ à l’école, bains le soir, pyjamas, repas. Mais aussi rangement, ménage, lessives, courses (je bénis celui qui a inventé le concept des drives), cuisine… puis boulot le soir.

Entre tout ça, il y a des 724 crises de la Zouzou « naaannnnn » « je veux faire toute sEEeeeeUUUuuuLLLLEEEEEUUuuuuuuHH » « je suis pas CONTEEEEEEEENTE » et autres joyeusetés du genre que j’arrive à percevoir entre les cris stridents d’un Zebulon bien expressif qui forge sa voix (pendant que ses dents travaillent).

Ah oui dans tout ça si tu as pris une douche tu peux t’estimer heureuse et si elle a dépassé les 2 minutes, t’es carrément vernie. Tu n’es plus une femme mais une machine à optimiser le temps. Coiffage ? Maquillage ? Look ? Tant que tu ne ressembles pas à une SDF et que tu ne fais pas peur aux camarades de classe de ton enfant ça ira parfaitement. Vraiment ? Tu vas mettre ce pantalon noir avec ce pull rouge plein de lait/morve/traces de chocolat ? OUI ! Parce que si tu arrives à ne pas aller à l’école en pyjama, on peut dire que tu assures GRAVE.

Bon aujourd’hui je me reconnecte un peu à moi. Enfin, à mon nouveau moi. J’ai plus de temps – ou je suis plus efficace sans doute – pour moi. J’arrive à me coiffer pratiquement tous les jours. A me trouver jolie dans le miroir.

Quant à ton cher et tendre, si tu parviens à lui parler autre chose que de couches ou d’organisation, là, tu peux carrément sabrer le champagne… Et si une fois par semaine il y a rapprochement physique du genre bisous ou câlin, c’est déjà pas mal. Pour la bagatelle… C’est une autre histoire…

Pourtant, le quotidien, il commence à rouler comme du velours, tout doucement. Enfin.
Après les tumultes qui ont failli avoir raison de moi, les eaux se calment. Et coulent presque agréablement.

Enfin, je me réapproprie un peu ma vie. Un peu.
Mais ça, je t’en parlerai une autre fois.

20131007-211607.jpgMa drogue, mes amours

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Les vacances

Deux mois de vacances.
1 pointure de prise pour elle.
4 cm de plus pour lui.
420 heures de jeu.
1 activité pâte à sel.
3 activités masque.
10 pâte à modeler.
35 dessins.
4 couronnes de princesse.
6 km à vélo.
36 à courir.
210 couches de changées, les trois quart de lavées.
47 litres de bave autant de Camilia mais aucune dent.
2 baptêmes civiles.
6 gâteaux.
4 au chocolat.
3 pizzas maison.
24 sorbets.
15 jours de posés et passés avec nous.
12 jours de centre de loisirs.
455 crises.
23 litres de larmes pour elle.
12 pour moi.
2 bobos.
1 nuit passée avec tata.
4200 sourires à eux deux.
Une bonne dizaine de fou rire avec lui.
5 films de commencé.
1 de fini.
7 livres d’achetés.
1 de fini. Ou presque.
30 minutes de couture dégagées.
1 sortie piscine parfaite.
1 mini maillot de bain pour lui.
4 à 6 heures de sommeil par nuit
Souvent divisées en 3 fois.
4 grosses prises de tête.
Un projet professionnel qui se dessine pour moi.
Un pour lui.
Un rêve qui s’éloigne : celui d’être propriétaire.
Un qui se confirme : tout faire pour y parvenir.
3 voyages en tête… Seulement en tête.
4 nouveaux tatouages qui se dessinent… Ou peut-être plus.

26000 questions sur ma vie, celle de maman et de femme.

4500 doutes à la minute.

1 certitude : je les aime plus que tout.

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Mon Zébulon

Mon petit ange. Voilà un mois que tu es là.
Que j’apprends à te connaître.
Que je te découvre, avec gourmandise et parfois avec angoisse.

Tu es un petit ourson glouton qui passe souvent à table, encore plus de nuit que de jour.
Cela va durer toujours ?

Tu aimes dormir… Quand tu parviens à trouver le sommeil… Avec notre aide. Mon aide souvent.
Auras-tu toujours besoin de mes bras, du calme, d’une écharpe de portage, de la chaleur de notre lit, de notre présence ?

Tu détestes être seul : même si tu dors, cela te réveille. Ton moment adoré, c’est quand tu rejoins ton papa et ta grande sœur à la cuisine le matin. Tu leur offres une ribambelle de sourires enjôleurs.
Seras-tu toujours en quête de compagnie ?

À peine un mois que tu es là et déjà tant de place dans la famille.
Tant de questions dont je connais évidemment les réponses…
Plein de douceurs qui parsèment chaque jour ma vie de « maman de deux » J+30 jours et des poussières, telles des trainées d’étoiles qui mèneraient sur le chemin du bonheur…

Un mois déjà… Et c’est comme si tu avais toujours été là.

Tu es déjà habillé en trois mois.
Tu es fasciné par les lumières.
Tu aimes que je te chante une comptine en te berçant pour t’endormir.
Tu pleures juste quand tu as faim ou parce que tu n’arrives pas à t’endormir.

Tes yeux sondent notre âme, ton regard fort, puissant. Ton visage aux mille saveurs, Jean qui rit Jean qui pleure. Tes joues dodues, ton nez retroussé, ta bouche en cœur, à qui ressembles-tu ? À toi à n’en pas douter.

Tu adores ta sœur que tu dévores des yeux à chaque fois qu’elle est dans les parages.
Tu as offert tes premiers sourires à ton papa dans les yeux duquel tu te noies souvent, bouche bée.

Et moi ?
Moi, j’essaie de t’envelopper de tout mon amour de maman fatiguée et parfois énervée, de puiser de la patience au fin fond de mon cœur attendri, de chercher des ressources insoupçonnées pour te porter s’il faut toute la journée, histoire que tu dormes un peu. Ou rester vissée sur le canapé, sans bouger, de peur de te réveiller, prête à me sacrifier.

Mon petit bout qui m’attendrit autant que tu m’exaspères à ne pas pouvoir te poser, le temps de respirer, de jouer avec la grande sœur.

Mon petit loup que j’ai autant envie de croquer que de te dire « laisse moi un peu de liberté pour mieux te retrouver ».

Me perdre un peu, beaucoup, à la folie dans tes yeux, à l’heure où ne blanchit pas encore la campagne, en tête-à-tête, seuls sur terre, tous deux embués par une nuit hachées, dans la demi-obscurité.

J’oscille sans arrêt au gré des journées entre les sentiments ambivalents qui font et défont parfois la maternité. Instinct sacrificiel ou péché de liberté.

Tu m’empêches de m’occuper comme je voudrais de ta grande-sœur. Mais non, tu as juste besoin de moi comme un nourrisson que tu es… Fragile et fort à la fois.

On t’a attendu, désiré. Comme tout rêve il a sa réalité, jonchée de moments de doute désespérés et de félicité inattendue.

Tu fais de moi à nouveau une maman, un peu différente j’espère mais pas complètement, une autre femme aussi. Tu es entré dans ma vie et dans celle de ton père et de ta sœur comme un boulet de canon, détruisant les quelques repères et la petite routine confortable que l’on avait installés pour reconstruire de nouveaux souvenirs et une nouvelle histoire encore plus belle qui s’écrira désormais à 4.

Je t’aime mon Zébulon mignon.

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