Aujourd’hui, dès l’aube

Hier soir, je voulais me coucher tôt. 23h.
Comme tous les soirs, je me suis laissée emporter par le tourbillon chronophage de l’Internet.
Il faut que je mette en place mon site pro. Seule ou presque. Autant dire que je me lance à corps perdu dans l’océan insondable… de je ne sais même pas quoi !

Je finis par me mettre au lit à minuit passé. Un peu d’Instagram pour me vider la tête…
Je mets le réveil à 7h.
Je sens que ça va piquer demain matin.
Ou devrais-je dire toute à l’heure. Lire la suite

Bientôt

Bientôt.
Bientôt, c’est la rentrée.
Délivrance J-7.
La quille.
La libération.

Tel le bagnard tu coches les jours qu’il reste avant le jour J sur les murs de tes toilettes, seule pièce de ta prison dorée où tu peux un peu t’isoler, enfin l’espérer…
7 jours et la grande rentrera en grande section. Pas la peine de pleurer, tu le savais que ça allait arriver. 5 ans dans 3 mois en plus. Et elle te traite déjà de vieille.
Le petit sera gardé trois fois par semaine. Il sera « adapté » à ce qu’il paraît. Tu pourras enfin retrouver… ta personne. Sans un adorable et gentil gnome greffé à toi, qui te pètes le dos, sans pleurs et cris parce que non, tu ne peux pas faire à manger ET le porter ET le câliner ET occuper la grande. T’as pas 18 bras mais bien une seule tête qui fonctionne comme elle peut quand elle veut. (Traduction : on connaît de nombreux ratés de fonctionnement notamment durant la période estivale.)

Tu vas pouvoir être SEULE.
Apprécier le silence.
Aller faire pipi sans user de stratagèmes. Fini les portes à fermer pour éviter qu’il ne se tue en grimpant sur n’importe quoi. Fini le flippe où tu t’imagines parlant à un flic, étonné des nombreuses contusions retrouvées sur le corps inerte de l’enfant, justifiant que, accusée d’infanticide : »J’étais obligée de fermer la porte, je devais changer mon tampon, j’étais OBLIGEE !! » en sanglotant comme une madeleine.
En parlant de tampon, tu pourras même laisser ta boîte traîner sans avoir peur de la retrouver éparpillée au milieu du salon, jonchant le sol avec la totalité du contenu de ton sac à main minutieusement vidé. Et de ton porte-feuille. Pièces comprises.

Plus de repas à faire équilibré parce qu’il faut manger-bouger 5 fruits et légumes frais ou un truc dans le genre et se mettre en cuisine une heure tous les matins. A toi les pâtes, les sandwichs, les salades vite faites et autre repas déstructuré !
Fini les repas qui ressemblent à des tours de piste digne du cirque de Pékin, entre le petit qui danse une pâte dans chaque main en essayant de taper sa sœur et une grande qui gobe les mouches et met 45 minutes à manger une assiette même de frite, tout en ayant fait tombé une fois son verre, une fois sa fourchette et une fois… de trop tu ne sais plus quoi.
Fini les repas où tu ne sais même plus ce que tu as mangé, où tu ne sais pas ce que tes enfants ont mangé si tu en crois le carrelage criblé de marques d’un affrontement entre la semoule – tiens c’était vraiment une bonne idée de faire de la semoule – et un morceau de comté dûment écrasé sur la table à coup de tasse antifuite – enfin ça c’était avant, maintenant c’est une trois jets.

Bientôt plus aucun feutre ne se retrouvera sur ton bureau, aux toilettes, ou dans la machine à laver 21 fois par jour. Les bouchons seront bien sur les feutres, les feutres dans leur trousse et la trousse… mais elle est où cette fichue trousse ???

Fini les sorties désespérées au square matin, midi et soir !!
Bientôt tu vas pouvoir bosser pénarde, devant ton PC, t’organiser sans hurlements et t’adonner à une tâche sans être interrompue 427 fois.
Tu vas pouvoir ranger les jouets dans leurs bacs où ils resteront sagement à attendre le retour de leurs heureux bourreaux propriétaires de l’école pour l’une et de chez la nounou pour l’autre.

Bientôt, si tu veux, tu pourras faire une sieste si ta nuit a été over moisie.
Ouais.
Sans culpabiliser (ou presque parce que quand même faut tu bosses et que tu ramènes des clients pour payer la nounou et les factures).

Bientôt les rires de tes enfants ne résonneront plus dans la maison. Bientôt ils iront vivre de nouvelles aventures la journée, sans toi, loin de toi, toi qui as eu tant de mal à les occuper cet été, qui t’es trouvée nulle, qui parfois a cédé à la facilité en allant se reposer plutôt que de jouer avec la grande, à sortir au square plutôt que de jouer aux cubes une heure durant. Bientôt ces moments qui ont été crevants deviendront de jolis souvenirs, ceux d’un joli été de tes deux enfants qui avaient 18 mois et pas tout à fait 5 ans. Bientôt les doux moments referont surface, tu te rappelleras émue tes deux petits bouts souriant, se marrant, se câlinant, te courant après, sa tête de clown qui tire la langue, ses petites mains qui te font des chatouilles, sa tête hirsute après la sieste, les tours au marché avec les deux, les baguettes de pain à moitié dévorées avant d’être rentrés. Ces milliers de petites douceurs qui vont te manquer et qui vont donner une saveur spéciale à cette rentrée que tu vas apprécier, tant espérée, tout autant que regretter.

Tu te diras qu’ils auront bien grandi.
Et que, quelque part, toi aussi.

 

 

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Elle s’arrête quand la crise des DEUX ANS ??

Je n’en peux plus.
Je suis à bout.
La crise du terribeuuuuul two va finir par avoir raison de moi.
Là, au moment où je t’écris ces mots, j’ai une corde dans la main gauche et la fenêtre ouverte sur la route sur ma droite. J’hésite entre deux moyens pour mettre fin à mes jours.

Ok l’école ça fait du changement.
Ok l’instit qui est en arrêt au bout de quinze jours ça chamboule (gniiiiii).
Ok l’une des deux instits remplaçantes est une grosse connasse personne de l’éducation nationale qui manque un peu de psychologie avec les enfants (mais ça j’en parlerai plus tard, sinon je vais m’énerverrrrrr).

Ok, je suis enceinte, ça doit la travailler.
Ok, le passage au grand lit ça perturbe.
D’accord, elle a besoin de s’affirmer.
Ok, ok, OK !

Mais c’est quand que ça devient juste un peu plus cool bordel ? C’est quand que l’âge d’or des trois ans arrive ?
Me dis pas que c’est un mythe sinon je saute tout de suite.

Ma Zouzou je l’aime mais punaise, heureusement !
J’ai l’impression d’être Gérard Majax doublé d’un Garcimore au rabais pour que la journée se passe sans trop de tragédies. (Oui, tragédie. Ma Zouzou, je l’ai gaulé dans la salle de bain travaillant sa tête de petit chat comme dans Shrek, je te jure !!)
Tout est compliqué : le déjeuner, l’habillage, les jeux. Alors j’essaie de trouver des tours de passe-passe… pour que ça passe. « Alors, qu’est-ce que tu mets en premier ? » « Tu penses que tu peux aller à l’école en culotte, tu ne vas pas avoir froid ? » « Ohhh regarde, maman a tout mangé son déjeuner (en réprimant très fort un « ELLE » un tantinet énervé) ! »
Mais il faut qu’elle contrôle tout. C’est elle qui dit. Elle tente TOUT LE TEMPS des trucs. Genre « ouaich ouaich, je vais voir si je peux négocier autre chose que la tartine de miel que j’ai demandé à l’instant et que ma reum vient de se faire chier à préparer, ni vu ni vu. Et tiens, pour compléter, je vais sauter sur ma chaise haute pour essayer de renverser le verre de lait que de toute manière je ne boirai pas. Puis après, plutôt que de m’habiller, je vais courir nue comme une dératée dans toute la maison ». Le pack illimité casse-couille, tu connais ??

Je tairai ici la question du sommeil et de son déficit, du mien et du sien, qui en nombre d’heures cumulées, s’élève à peu près à la dette publique de la France.

Alors oui, elle a besoin d’autonomie. Elle veut TOUT faire seule. Et oui c’est bien parce qu’elle se construit. On essaie de la laisser faire un maximum de choses. Je suis très fière qu’elle s’habille seule de la tête au pied. Qu’elle aille faire pipi seule.
Un peu moins qu’elle se lève à 4 heures du mat’ pour nous rejoindre dans le lit.
Ou qu’elle fasse un casting de doudou alors que c’est l’heure de la sieste.

Alors, ma Zouzou, je l’aime fort hein.
Mais putain, que c’est dur des fois !

Ohh comme elle a l’air mignonne et si sage !

C’est la rentrée !

Nuit hâchée.
Matin embué.
Maman fatiguée.

Une Zouzou réveillée au petit matin, excitée par la rentrée.
Elle ne sait pas exactement ce qu’il va se passer mais ce qui est sûr, c’est qu’elle va retrouver les copains et s’amuser.
Elle va mettre de nouveaux habits, achetés pour l’occasion et soigneusement lavés.
Elle chaussera ses tennis préférés, pour courir pendant la récré.

Une maman heureuse mais un peu tendue.
Je me douche et m’habille fébrilement.
En passant à mon bébé que je porte, à ma petite grande fille qui fait sa première rentrée.
Je ne sais pas exactement ce qu’il va se passer, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle va aimer.
Peut-être pleurer à la récré.
Peut-être avoir un accident au moment de la sieste.
Mais tout ira bien, avec un peu de temps.
Puis plus tard, elle sera contente d’être en vacances mais heureuse de retrouver les autres enfants.

Une odeur de tartines grillées flottent dans la cuisine.
La fraîcheur du matin transpire à travers la fenêtre.
Un beau soleil illumine ce début de journée.

Des rires, des sourires, un peu de tension…

Le moment de s’habiller, d’enfiler de nouveaux vêtements pour une nouvelle vie.
Des jolies nattes tressées dans ses cheveux si doux couleur de miel. Des barrettes pour tenir sa mèche et encadrer son joli visage.
Une jolie photo pour immortaliser ce moment, celui d’avant le grand bain.
Son sourire, ma drogue.

Le départ. Le cœur gros. La gorge serrée.
Ne pas pleurer.
Surtout ne pas pleurer.
Être heureuse.

On arrive, on retrouve son copain adoré.
Des bisous.
Puis c’est parti : on pénètre dans l’antre de l’école.

Le soleil traverse la petite salle où ma Zouzou va passer ses journées.
Un calme étrange règne.
Tout est propre et rangé.
Les petits porte-manteaux sont étiquetés.
On n’oublie pas le doudou.

L’institutrice a l’air douce, et gentille. Un peu prise dans le tumulte de la rentrée.
On croise les regards des autres parents, tantôt rougis par les larmes, tantôt fatigués par un été meurtrier qui a su leur prendre le peu d’énergie qui leur restait…

Enfin, le moment de la laisser. De lui rappeler que sa Callo a un stock de bisous de sa maman, si elle a un coup de mou.
Qu’elle peut aller jouer, que des jouets sympas et les copains l’attendent.
Que je viens la chercher après le dodo.
Elle file. Impatiente.
Ma petite grande.
Elle file comme elle sait si bien faire dans sa vie : née comme une flèche, elle a depuis suivi sa route, toujours en allant de l’avant, sans cesse, dépassant ses craintes, toujours.
Amuse-toi ma belle.
Profite de ses jolies années de maternelles.
De ses doux souvenirs que tu vas désormais te faire et garder en toi comme des petits moments de bonheur pour ta vie entière.

Maintenant, je te laisse, sans me retourner.
Ou juste un peu, pour me rassurer.
Sans laisser de larmes couler sur mes joues.
Et je rentre, seule, dans cet appartement qui est bien calme, et vide sans toi.
Tu vas maintenant emplir de tes rires, du moins une partie de la journée, d’autres lieux, d’autres coeurs, d’autres vies.

Je me retrouve moi, maintenant, avec moi-même, une nouvelle vie à organiser, des projets à mettre en oeuvre, du temps à m’accorder.

Vite que la fin de la journée arrive pour te retrouver et s’embrasser.

Belle rentrée ma Zouzou. Belle rentrée dans la vie.

Dernier jour de crèche

Voilà, aujourd’hui, c’est le dernier jour de crèche de ma Zouzou.
Après les doutes des premiers temps, l’angoisse du premier jour de crèche, elle s’y ait vraiment bien fait à cette vie en collectivité.
Et moi aussi : l’équipe était assez sympa. La directrice et son acolyte s’attachent à animer la crèche : fête des parents, de la crèche, journées spéciales, je suis vraiment super satisfaite de leur travail et de leurs compétences, de l’énergie qu’elles mettent en œuvre pour que les enfants se sentent bien (et les parents aussi du coup). De leur manière aussi d’aborder les enfants. Bref : je suis parvenue à leur faire confiance.

Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin.
C’est le dernier jour chez les « petits ». Dernier jour à la crèche.
Dans un mois et 3 jours, elle sera la petite chez les « grands », à l’école.

Une page se tourne. Celle de la petite enfance. Celle des premiers apprentissages en tant que maman. Celle où l’enfant est encore un peu connu de ses parents.
En septembre, elle se frotte à la collectivité, la vraie, celle où on est 30 par classe avec deux adultes pour accompagner.
Celle où à la récré il y a 90 enfants, là où ma Zouzou est déjà perdue dans un groupe de 15.
Celle où elle va découvrir d’autres enfants, qui vont lui apprendre d’autres choses, pas toujours sympas.
Celle où elle va avoir sa vie à elle, qu’elle ne nous racontera peut-être pas.

Oui, c’est bien l’école : elle qui a si soif de connaissances, d’activités, va y trouver son compte, à n’en pas douter.
Elle va s’éclater, je le sais, sans doute après un temps d’adaptation, plus ou moins long, plus ou moins facile… Avec plus ou moins de pleurs…

Elle est comme ça ma Zouzou, sensible. Même à 32 mois, elle décharge quand elle a eu plein d’émotions. Alors même qu’elle verbalise les « je suis en colère », elle a besoin de sa dose de gros câlins le soir et surtout de pleurs. Elle est émotive. C’est aussi ce qui fait sa qualité première : l’attention portée aux autres.
Elle est comme ça. Un caractère de cochon avec un cœur tout mou (comment ça « comme sa mère » ?).

Je suis contente qu’elle grandisse et aille à l’école, mais là, à quelques semaines de l’échéance, j’ai comme un petit pincement, un pincement à mon cœur de maman.
J’espère que tout va bien se passer.
Que les autres enfants ne seront pas trop méchants (toute manière j’irai casser la gueule aux parents si y’en a un qui touche à un cheveu de ma fille).
Que la maîtresse sera gentille et douce (toute manière j’irai casser la gueule à la maîtresse si elle touche à un cheveu de ma fille).
Que l’école maternelle sera presque aussi chaleureuse que la crèche.
Qu’elle ne souffrira pas trop de ce changement qui s’amorce.
Qu’elle va retrouver les copains.

Bref ma toute petite grandit, et force est de constater, que moi aussi.

Ma toute grande qui sait pédaler :)