Pourquoi crie-t-on sur nos enfants quand on est parent ?

 

maman qui crie
C’est une question que je me suis souvent posée. Si je ne tape jamais mes enfants, parce que c’est un choix, cela ne veut pas dire que l’idée ne me traverse pas l’esprit quand je suis bloquée dans une situation que je vis comme un conflit avec mes enfants. Quant aux cris, j’essaie vraiment de ne pas y céder. Essayer oui car je n’y parviens pas toujours avec succès. Lire la suite

La crise du Terrible Two : le meilleur du pire

Franchement, les bébés, c’est trop mignon.
J’adore les enfants. Je ne peux pas m’empêcher de les regarder en souriant.
… Puis de regarder les parents en penchant la tête d’un air compatissant à partir du moment où leur marmot marche et explore leur environnement de fond en comble, n’en faisant qu’à leur tête.

Moi aussi j’aurais adoré avoir des enfants rapprochés… si ma Zouzou n’avait pas passé le cap des 18 mois avec la crise du « non » et ne serait pas rentrée tête dure baissée dans la crise des 2 ans aussi appelée Terribeul Two.
Parce que franchement, là, maintenant, tout de suite, à présent que je sais ce que c’est que la crise des 2 ans, celle d’opposition ou de négativisme (ou plutôt d’autonomisation si on veut voir les choses du bon côté) je me dis que si j’avais deux jeunes enfants, avec ma Terribeul Zouzou, je me serais déjà pendue avec mes strings (au moins, ils serviraient à quelque chose).

Tu ne sais pas ce que c’est la crise des 2 ans petite naïve ? Je vais t’expliquer :

  • oublie le bébé trognon tout mignon que tu connaissais : ton enfant va montrer la face obscure de la force ;
  • prépare-toi au pire. Les pleurs du nourrisson 3 heures d’affilée, c’est rien en comparaison ;
  • si t’es mère au foyer, prévois-toi une activité défouloir à côté, genre kick-boxing ou full-contact. Laisse tomber la piscine ou la sophro, ça défoule pas assez ;
  • achète un casque. Pas pour le vélo. Pas pour ton bébé. Pour toi : il n’est pas rare de se prendre des petits kick-back dans la gueule genre agression de trous de nez, d’oreille, coup de boule et autre tatanne dans ta face durant cette période ;
  • pratique dès que tu peux la technique du « raaaahhhhh merdeeuuuuuuhhhhhh » dans un coussin quand ton enfant sera couché, cela permet d’évacuer les tensions de la journée ;
  • achète des mouchoirs par palette : entre tes nerfs qui lâchent et les 485 crises de colère de ton enfant ponctuées de grandes eaux, cela devrait te durer au bas mot une semaine ;
  • prépare-toi à changer : même les plus patientes passeront du « pauvre petit bout » à « mais ta gueule putainnnnnnn« , si si, je t’assure.

Des fois j’ai l’impression d’être comme Rambo, de parfois le matin me nouer un bandeau noir sur le front pour affronter la journée.
Ma mission : trouver des trucs et astuces pour éviter les crises
Je doute aujourd’hui en ma capacité d’y parvenir.

Je doute même que cela soit évitable.
Je doute surtout d’en avoir la patience.
Ok j’essaie d’accompagner ma Zouzou du mieux que je peux, je me coltine des tonnes de livre, j’essaie de prendre du recul. Jusqu’à me paumer.
Entre le boulot qui marche pas, le démarchage, bloguer (juste vital pour pas virer zinzin), mon couple, la famille, les amis (euh, que je n’ai pas le temps d’appeler…), parfois, je n’y arrive pas à avoir du recul.
Et avec les siestes de ma Zouzou qui sautent… ce n’est pas simple.

Et quand je pensais qu’on avait trouvé un rythme de croisière pour accompagner ses crises… voilà qu’elles montent en grade.
Déjà ce matin, deux crises : elle voulait pas enlever sa couche, et elle voulait lire plusieurs livres alors qu’on avait déjà lu l’histoire après le petit déjeuner et qu’on devait partir…
Et là, c’est dur, de voir sa petite prise par les pleurs, la colère, la fureur de ne pas maîtriser son quotidien comme elle voudrait.
Céder ?
Persister à dire non ?
Vraiment pas simple de faire les bons choix…
Et dire que ça dure jusqu’à 3 ans, voire au-delà…

Et par-dessus tout ça, l’œdipe qui pointe son nez : ma Zouzou nous sert du papa à toutes les sauces…
Et enfin, les couches qu’elle ne veut pas laisser tomber… Ne plus être un bébé. Elle dit non quand on lui demande si elle a fait caca alors qu’on le sent à 10 mètres…

Bien sûr, à côté de ça, il y a des bons moments.
Bien sûr que je l’aime fort ma Zouzou.
Que je préfère qu’elle soit comme ça qu’un enfant sage – comme je déteste ce mot.
Mais il y a des fois, où j’aimerais que les choses soient simples, comme avec un bébé…
Où j’aimerais ne pas me sentir en échec…
Mais là, il faut que j’accepte, que je reste forte, que je ne cède pas à la facilité, au non à tout va.

Faut juste que lâche du leste non ?

Si cette image te met en état de stress, c’est que ton enfant est en pleine crise des 2 ans

Et comme je suis sympa, je te donne des idées pour « limiter » ces crises dans les Vendredis Intellos.

© Naître et grandir.net

T’ar ta gueule à la récré

La fessée, voilà le grand débat national qui fait rage en ce moment. Sujet tabou chez certaines blogueuses, d’autres n’ont pas honte de s’exprimer (et elles ont bien raison) comme Emma, des Mauvaises Mères qui assume avoir recours à, je cite, une « claque sur la cuisse » ou des rédactions qui s’engagent pour se faire le relais de la lutte contre les violences ordinaires comme le Salon de Parole de Mamans. J’ai longtemps réfléchi à ce sujet. A me taper la tête contre les murs (la mienne donc, pas celle de ma fille), prise entre le sentiment de « chacun fait fait fait fait ce qui lui plaît, plaît, plaît » et « l’éducation nationale doit s’inscrire comme conseillère » (euh pas dictatrice hein).

Mais où est la limite entre la simple gifle qui échappe à une maman fatiguée après une journée de boulot, 1 heure de bouchon et beaucoup de tensions, et la maltraitance, celle qui laisse une trace indélébile jusqu’à l’âge adulte ? J’ai l’impression que la limite est tellement ténue qu’il ne vaut mieux même pas mettre le doigt dans l’engrenage et retourner du revers de la main, celle-là même qui peut faire mal, et éluder le sujet…

Ou pas.

Je ne pense pas qu’on puisse éduquer avec des gifles humiliantes, des tapes sur les fesses, ou des claques sur les mains. Je n’arrive pas à penser autrement. Je respecte les parents qui adoptent ce genre de système éducatif, ils ont sûrement leurs raisons. Mais que ça me fait mal au cœur de voir ces petits bouts pleurer après une claque. Que va-t-il en retirer ? Comment tirer une leçon d’une sanction physique ? La loi du plus fort est toujours la meilleure ? Je suis ton père (ou ta mère) donc tu obéis ? C’est quoi la logique dans tout cela, surtout si ces actes sont systématiques ?

La claque est un défouloir pour adulte, comme l’évoque Emma dans son article. Beaucoup s’en servent pour se délester de leur colère qui naît du sentiment de ne pas contrôler leur petit d’homme, les mettant alors face à leur propre échec d’autorité parentale . J’en reste persuadée.

Mais, je vous vois, là, derrière l’écran : « Ouais, c’est facile à dire, t’as pas un monstre à la maison et ta Zouzou a à peine 17 mois ». Ouais, je sais, la critique est facile. N’empêche choisir une éducation non violente est bien plus difficile que de se laisser aller à régler des situations par les manières fortes. Et comme je préfère la difficulté, j’ai décidé depuis longtemps déjà de prendre ce chemin escarpé mais au bout duquel je pourrais me regarder en face dans un miroir. Je ne pense pas le regretter un jour (mais ça on ne sait jamais) et me dire « raaah putain, j’aurais dû lui en balancer des baffes dans sa gueule, elle aurait compris la vie et aurait mieux réussi ». Non. Je ne pense pas. Je ne pense pas non plus me dire un jour « je lui ai trop fait de bisous » (« moi je veux être un bisou, aimé par tous les bisounours…. »). La sécurité de l’enfant passe par la sécurité affective donnée par les parents, le foyer. C’est cette sécurité qui permettra à l’enfant d’être confiant pour s’ouvrir aux autres.

Sinon, en passant, que fait-on de la violence verbale éducative ? Celle qui sape la confiance de l’enfant sans laisser de trace ni de bleu sur les bras mais qui fait de gros bobo à l’âme ? N’oublions pas que les mots peuvent provoquer plus de maux (ouais elle est facile celle-là) que les gestes parfois : un « t’es qu’un bon à rien » seriné tous les jours, un « putain de gosse » que l’on glisse insidieusement ou encore des insultes qui fusent. Le respect de l’enfant, juste une priorité pour demain, pour faire une société qui se porte bien.

Voilà, c’était ma minute bisounours-peace-and-love-70’s revival.

Qui veut un câlin ??