Cet enfant qui m’a changée

Bientôt 2 ans.
Mon tout-petit va bientôt faire 2 ans.
Le 21 février.
Comment cela a-t-il pu passer aussi vite.

Je me souviens de sa naissance.
Brève. Lire la suite

Publicités

Fière

20141108-003829.jpg

J’avais besoin de poser ce mot.
Fierté.
Loin de moi l’idée d’être prétentieuse. J’ai trop souvent ici couché mes pensées les plus profondes et souvent teintées de tristesse. De manque de confiance en moi. Lire la suite

S’aimer c’est ce qu’il y a de plus beau

S’aymer, c’est monter si hauuuuuuuuutttt ! Et toucher les ailes des moineaux, s’aymerrrrrrr c’est c’qu’il y a d’plus bôoooooooooo !

Meuh non, le soleil de l’été ne m’a pas tapé trop fort sur la tête (qui a, je te rappelle, été quelque peu désertée par mes petits neurones depuis mon état gravidique).
Non, ce n’est pas non plus les nuits toutes pourries (que je me tape depuis 7 MOIS PUTAINNN de BOURDEL) qui ont eu raison… de ma raison.
Non.

Je voulais te parler d’estime de soi. De l’amour que l’on peut se porter. Tu sais le truc que tu laisses au placard une fois que t’as accouchée, que tu t’es retrouvée à lâcher un petit gaz discret en signant le bon du livreur le bébé dans les bras et le vomi dans les cheveux ? Tu sais, mais siii !
Si tu sais pas de quoi je parle, c’est que peut-être tu ne t’ai jamais beaucoup aimé.
Un peu comme moi.

JE M’EXPLIQUASSE.

L’autre jour ma Zouzou fait mine de se maquiller (virtuellement il va s’en dire).
Et je lui demande : « Pourquoi tu te maquilles ? »
Et de me répondre : « Parce que je ne suis pas jolie. »
Là mon cœur de maman s’est tout brisé.

Pourtant je lui dis à ma Zouzou combien je-la-trouve-toute-chouquinette-maxi-craquante. Avec ses grands yeux bleus et or, sa bouche parfaite, son petit nez mignon, ses cheveux que même Raiponce elle en est verte de jalousie, ses joues toute douces, son regard malicieux… Bref. Je m’égare.

Et puis je me suis posée plein de question (comme d’habitude).
Puis l’autre jour, cela m’est apparue un peu comme la Sainte-Vierge à Sainte-Thérèse de Lisieux : ce n’est pas elle qui ne se trouve pas jolie sans maquillage, c’est moi !
Comment peut-elle se trouver jolie « au naturel », si moi je me trouve jolie uniquement quand je suis maquillée ?
Comment peut-elle s’aimer si moi je ne m’aime pas ?

Car l’amour de soi, ce n’est pas quelque chose que l’on peut apprendre à l’enfant si on ne se l’applique pas à soi-même : charité bien ordonnée commence par soi-même. On le sait, tout le monde le sait : on ne peut pas apprendre quelque chose à son enfant si on ne le fait pas soi-même. C’est en dehors de toute logique.
Ben oui : je suis son modèle – en toute modestie. Je suis sa maman donc elle se construit à m’imitant moi (et son père, surtout son côté ours).

LOGIQUE !!

Une prise de conscience qui n’est pas sans conséquence… financière. Pour la peine, j’ai décidé de me lancer à corps perdu dans des pots de crème et autre contour des yeux au concombre pailleté.
Qu’est-ce que tu veux, cela s’appelle se sacrifier pour ses enfants.
Une raison toute indiquée si ton homme râle parce que tu veux t’acheter un 21e vernis à ongles ce mois-ci : « Mais tu comprends pas euuuuuuhhh, c’est pour que notre fille s’aimeuuuuh ! »

estime de soiAime-toi toi m’aime et l’autre t’aimera

Reprendre contact : on s’appelle on s’fait une bouffe, on s’épile on se fait une touffe ?

Faut que je reprenne contact avec elle. C’est ce que je me suis dit cette semaine.
Je ne sais pas comment, je l’ai un peu perdu de vue ces derniers temps.
Pourtant, c’est pas compliqué.
Mon chemin croise souvent le sien…

Je me suis juste rendue compte que ça fait un bail que je lui ai pas dit des choses gentilles.

Hier, j’avais rendez-vous avec elle.
Seuls des mots durs sont sortis de ma bouche.
On peut dire que je n’ai pas été vraiment sympa.
Pourtant, ça devait être un moment agréable.
Elle a eu envie de pleurer… à cause de moi.

En même temps, c’est compréhensible.

Je trouve qu’elle a grossit.
Qu’elle est moins jolie.
Moins heureuse aussi.
Elle ne fait rien comme il faut, avec son mari.
Avec sa fille.
Ou sa famille.
Ou même ses amies.

Tu te dis : « Mais pourquoi elle reprendrait contact avec elle si elle pense tout ça ? »
Parce que cette reprise de contact, elle est vitale.
Et c’est en fait de moi que je parle.
Moi que j’ai oublié.
Oublié d’aimer.
Si tant est qu’un jour j’y sois parvenue.

Je ne veux pas de moi.

Voilà, les mots sont sortis.
Ils sont forts, mais c’est la vérité.
Ils en entraînent d’autres, pas plus jolis.
Je ne m’aime pas.

Je hais mon corps, cet amas de chair insensible, encombrant, dont je ne sais quoi faire.
Dont je n’ai jamais su quoi faire.
Je l’habille pour le cacher.
Je ne le regarde plus.
Je ne sais plus à quoi il ressemble.
J’ai même l’impression qu’il change de jour en jour.
Parfois gros, parfois pas si horrible pour le trouver moche le lendemain.
Ma vision se déforme au gré de mes émotions.
De mon mal-être.

Je me sens seule.
Je suis seule.
Et je me sens coupable, coupable de ne pas m’aimer assez, de ne pas m’aimer tout court.
Chaque jour qui passe, c’est une montagne de reproches.
Chaque jour qui passe, je m’estime de moins en moins.

Depuis toujours, ma tête d’un côté, mon corps de l’autre.
L’une espace de liberté.
L’autre barrière avec le monde extérieur.
L’une me fait du mal.
L’autre me fait mal.

Mon corps, si froid, sans plaisir.
Si douloureux.
Il n’y a qu’en ayant mal que je le ressens.
Il n’est rien sans l’autre.
Rien que désagréable.

Devoir l’apaiser, en pleurant,
En mangeant.
Même quand je n’ai pas faim.
Toi, la nourriture, mon doudou qui ne suffit plus.
Ma drogue.

Alors il faut que je reprenne contact.
Ou juste que je fasse connaissance.
Que je (re)construise mon image détruite et déformée par mes pensées… ses pensées.

Libérer mon corps, de l’emprise,
Libérer des émotions,
Le libérer et l’ouvrir à la vie.

Déverrouiller et arrêter d’avoir envie de me rouler en boule,
De ne plus exister.

Je veux m’aimer.
Je dois m’aimer.
C’est une histoire entre moi et moi.
Un combat que je dois mener seule.

Sans ça, jamais l’amour des autres ne pourra me combler.

Pablo Picasso, Femme qui pleure, 1937

Aime-toi et l’autre t’aimera

Dans la vie d’une femme, il y a des hauts et des bas. L’adolescence, l’âge adulte, la grossesse puis la ménopause, autant de phases qui peuvent mettre à mal notre corps mais aussi notre âme. Je le vois partout : twitter, facebook, les amies… Quel est ce regard dur que l’on a sur soi ? Et moi la première. Je ne m’aime pas. Ni mon corps. Ni ce que je suis. Et à 30 ans, c’est pas « normal ».

Je veux faire la paix avec moi. Je me dis que pour être aimée, il faut s’aimer soi-même. L’autre ne peut pas combler nos blessures narcissiques. L’autre ne peut pas nous convaincre de ce que l’on ne voit pas. On n’est un peu comme Saint-Thomas : tant qu’on sera pas la fille canon qu’on veut être dans le miroir, on se sentira pas en paix avec nous -même. Et putain, c’est con. Vraiment con.

Je pense que dans la vie il est facile de passer à côté de plein de choses. Et on peut encore plus passer à côté de ce qui est sous notre nez, pire, ce qui est notre nez. Je reste convaincue qu’il n’y a pas pire que de passer à côté de soi.

Alors, aujourd’hui, j’ai décidé de prendre soin de moi, pour de vrai. De me montrer que je m’aime. De me donner une place. De m’accorder de la douceur, de la bienveillance. Et ça, c’est un peu nouveau pour moi.

Surtout en ce moment. J’ai pris du poids. Quand quelques jours je me raisonne et que je me trouve un peu belle, il suffit que je me croise dans un reflet de vitrine pour me trouver moche aussitôt.

Parfois je me dis que je me sentirais mieux en perdant 5-6 kilos. Mais je sais que c’est un leurre. Avec 15 kilos de moins, je ne m’aimais pas plus, voire moins.

Et ça me fait une peine immense quand les autres ne se trouvent pas belle : moi je la vois leur beauté, ce qui fait qu’elles ont du charme, qu’elles sont spéciales. Je vois aussi tous leurs travers, les traits de la personnalité qui sont autant de défauts mais qui pour moi font qu’elles sont authentiques, attachantes, avec ces blessures.

Mais voilà : on ne se voit jamais avec les yeux des autres.

Et putain, ça fait chier.

Faut dire que personne ne nous aide à nous aimer. Surtout de nos jours. Je me rappelle des tableaux de Boucher étudiés pendant mes études d’Histoire de l’art.  Les canons de beauté était bien différents que ceux que l’on voit dans les magazines (qui font des dossiers spécial « rondes » avec des femmes qui font du 38, laisse-moi rire) : très féminins, ronds, avec de la cellulite s’il vous plaît. Une cuisse sonnait rond, un ventre douillet. Aujourd’hui, si t’as pas la ligne, tu te laisses aller. Surtout quand t’as eu un enfant.

J’ai des rondeurs et je les assume pas.

Trop de féminité.
Trop de sein.

Je veux me sentir bien dans mon corps mais je préfère qu’on m’aime pour ce que j’ai dans ma caboche, dans mon coeur.

Ouais je sais, c’est très simple.

N’empêche que j’espère qu’au bout du chemin que j’ai entrepris, il y a l’amour, un amour pour moi, pour ce que je suis.

Et c’est tout le mal que je vous souhaite, à vous toutes.

Et j’espère plus que tout réussir à transmettre ça à ma Zouzou d’amour : qu’elle s’aime et qu’elle soit fière d’elle, avec ses qualités et ses défauts.