Devenir adulte

Profite ma douce fille de ton enfance,
De l’insouciance.
Arrête de vouloir grandir
Car je ne vais pas te mentir
Être grand ce n’est pas si chouette. Lire la suite

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Une histoire à dormir debout

Le sommeil. Où devrais-je dire notre sommeil tant nos nuits sont imbriquées. Depuis plus de 6 ans – 6 ans bordel -, mon sommeil n’est plus ce qu’il était. De marmotte ayant besoin de 10 heures de sommeil je suis passée à un oiseau de nuit. Tronquées, hachées, réduites et si peu complètes – c’est-à-dire une nuit de 7 heures sans réveils -, les nuits résultent d’une sorte de loterie, orchestrée par mes enfants. Lire la suite

Poussières de lumière

Ah tiens, je le vois un peu le bout du tunnel.
C’est encore flou.
Il est loin.
Enfin je crois que c’est lui.

A y voir de plus près,
Une trainée de poussière de lumière commence à joncher mon sol.
Je la foule du bout de mes pieds.
Doucement.
Timidement.

Chaleureusement.
Avec un peu de bonheur.
Pas totalement, on ne sait jamais,
Que cette poussière soit soufflée par un battement d’ailes de papillon.
Ceux que j’ai dans mon ventre,
Qui m’animent et me font peur parfois.

Peur de ne pas être assez,
D’être trop.
De ne pas réussir avec mes enfants.
Avec mon homme.

Peur d’être coincée,
Par l’amour de mes enfants
Qui se paie au prix d’une grande responsabilité : leur vie.
Une douce folie.

Et puis toi mon Zebulon,
Si mignon, si souriant, qui me laisse de répit à peine quelques heures la nuit.
Qui a besoin de moi, tellement.

A moins que cela ne soit l’inverse.
Et si j’avais peur, de te perdre, terriblement.
Si la mort rôdait depuis trop longtemps dans ma tête.
La guerre héritée, l’histoire de ma mère, les drames familiaux, un enfant mort, mon grand-père…
Faire le vide dans ma tête
Dans mon histoire,
Dans son histoire.

Et si à vouloir trop bien faire, on se perd.
Et si à vouloir trop bien faire on oublie l’essentiel : écouter ce que cet enfant a à me dire.
Arrêter de vouloir tout expliquer
De toujours vouloir trouver des réponses,
Arrêter de n’avoir pas confiance en moi,
Ne plus regarder sa montre,
Ne plus essayer de contrôler.
Juste accepter.

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Le jour et la nuit

Il est passé où ton sourire ?
Je l’ai rangé dans un placard,
Sous des couvertures de fatigue,
À côté de la pile des mots doux.

Je l’ai rangé en attendant des jours meilleurs,
Quand je pourrais mettre mon manteau de compréhension,
Parti ailleurs pour une destination inconnue,
Rejoindre sans doute des heures de sommeil perdues.

Je dois lancer des investigations
Avant de perdre sa trace totalement,
Sinon je risque de ne plus la trouver
Et finir par l’oublier.

Qu’as-tu fais de ta joie de vivre ?
Je l’ai laissée filer entre mes doigts,
Comme le sable du marchand de sommeil.
Je l’attends impatiemment, sur le palier de ma tristesse.

Et ta patience ? Tu en as fait quoi ?
Je l’ai passée à la machine,
Par inadvertance, sans faire attention.
Elle a rétréci comme une peau de chagrin.
Il ne m’en reste qu’un petit bout rabougri.

Et où as-tu laissé les choses qui te faisaient vibrer ?
Dans une autre vie, que je ne regrette pas mais où au moins j’étais moi, enfin.
J’avais trouve le chemin de mon bonheur.
Sa clé est tombée au fond d’un puit rempli de mes larmes quotidiennes.
Je sais où elle est, il faudra juste du temps et de l’énergie pour la récupérer.

Mais où es-tu donc passée ?
Je me suis perdue dans le sourire de mon fils et dans les pleurs de ma fille.
Mon couple est un champ de ruine à l’image de ce corps que je peine à accepter.

Je vis en survivant à ces nuits courtes et entrecoupées, suspendant tout le monde à ma fatigue.
Je n’aime pas celle que je suis en ce moment mais je garde celle que j’étais en tête, pour ne pas oublier que tout ça n’est que le masque de fatigue, que le carnaval des ombres cessera, que la vie vue sous le prisme de mon manque de sommeil n’est pas la réalité.

Bientôt je reviendrai, je serais à nouveau moi, douce et gentille, compréhensive… Passionnée, pétillante et heureuse de vivre.
Mais quand ?

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