Alors, c’est comment une deuxième grossesse ?

Même si des fois je peine encore à le croire – et ce malgré les coups que me donne déjà la crevette -, je suis enceinte pour la deuxième fois.
Ma première grossesse s’était déroulée sans problème majeur. Du stress dû au boulot, un déménagement en pleine canicule à 4 mois et demi de grossesse, des milliers d’aller-retours à Ikea et Leroy Merlin… ont failli avoir raison de moi. Col ramolli à 6 mois de grossesse, contractions quotidiennes… Mais je n’ai pas été arrêtée. (La gynéco disait que ce n’était pas grave une naissance à 32 semaines… hin hin hin.) Congé patho supplié et puis c’est tout. Je serais presque restée encore enceinte quelques semaines quand ma Zouzou a décidé de montrer le bout de son nez. Lire la suite

Chaque jour suffit sa peine

Ô toi fidèle lectrice (et lecteur, rêvons de parité ici;)), je te préviens. Ce billet est déprimant. Il est uniquement destiné à libérer mon trop-plein d’hormones de femme enceinte.
Il pourrait dissuader bien des femmes à enfanter.
A ne pas mettre entre tous les yeux.

Oui, je suis contente de m’être à nouveau reproduite.
Oui, c’est trop bien.

Mais putain, il me tarde déjà que ça soit fini.
Le temps passe vite mais pas suffisamment à mon goût.

J’en ai marre d’avoir le visage d’une adolescente, entre « fille perdue, cheveux gras » et Calculator, le premier qui me dit que je resplendis, je le mords.

J’en ai marre d’être enceinte et que d’avoir que les mauvais côté : énergie d’une limace agonisante, seins douloureux, nausées, fatigue.
Et puis je le sais que je suis enceinte, mais ça se voit pas vraiment.
Disons juste assez pour que les gens me soupçonnent d’alcoolisme notoire essentiellement entretenu par de la bière. A la limite, ils peuvent penser que j’ai un peu forcé sur le chili con carne à midi.

Et puis, je l’ai vu ma crevette, elle va bien : mais c’est quand que je la sens gigoter ? Hein ?
Je sens bien des petits « pokes » de temps en temps. Mais qui dit que ce ne sont pas mes intestins ?

Et puis tout m’écœure ou presque : pas de chocolat, le fromage c’est limite, même les sushis me dégoûtent vite. Non mais sans déconner ??!!

Et si pour certains la torture c’est écouter en boucle du Nana Mouscouri, pour moi, c’est d’aller faire les courses. Laisse-moi au rayon bonbon, biscuit ou chocolat, et là c’est le summum de l’insoutenable.
Et quand j’ai trouvé un aliment qui me met vraiment l’eau à la bouche… je peux à peine en manger : ben ouais, mon estomac ne digère rien. Une figue et je me sens pleine à ras bord.

Quand à la fatigue, comment dire, une belle garce celle-là. Elle me fait dormir la journée (quand sa sérénissime Zouzou accepte de dormir lors de la sieste) et me maintient éveillée la nuit, au choix, entre 2 et 4 ou entre 5 et 7. Les jours de chance je me retrouve les yeux ouverts entre 1h30 et 6h – j’en profite pour réfléchir à TOUT, genre mon entreprise, trouver des idées pour la booster… J’accumule une fatigue astronomique. C’est bien, ça m’habitue pour la naissance. Enfin, je me mets secrètement à rêver à la naissance : au moins les hormones devraient laisser intact le peu de temps que je trouverai pour dormir…

Bon, la très bonne nouvelle, c’est que demain, je suis à 12 semaines de grossesse.
Que le 27, je serais à 3 mois pile poil.

Donc les coups de pompes devraient enfin passer.
Normalement hein.

Allez, mon poste coup de gueule est passé.
Tu peux retourner à ta vie normale.
Toi. Moi, je vais aller m’effondrer sur mon canapé et laisser couler un filet de bave sur l’un des coussins qui l’ornent et qui me connaissent si bien, intimement même ces derniers temps, que ça me plaise ou non.
C’est soit ça, soit je décède de fatigue.

Ben voilà, l’idée de la cigogne qui apporte le bébé, ça m’arrangeait hein : pas de vergetures, pas de nausées…

Je me suis inscrite aux Mères Indignes Anonymes

C’est plus possible, j’en peux plus, faut que je trouve une solution sinon je vais me petit-suicider incessamment sous pneu. Et puis je fais comment, avec ce boulot ??
Ah mais oui, j’ai entendu parler d’un truc…

Alors, comment il s’appelle le site alors…. mmmhh http://… euh, c’est le truc des mères indignes anonymes.. Ah oui, http://www.Mia.Com (pas miaou.com, ni minou.com hein).
Alors…

« tic tic tic tic tic ticitic tic »

Ah voilà !

Mmmh….

Rroohh, mais putain mais c’est où le bouton pour s’inscrire ?

(après quelques minutes)

Ah voilà, il était juste sous mes yeux fatigués. Tssss…

**Inscription**

Nom : The Mum

Prénom : Kiki

Âge : 25 ans et demi… (si c’est vrai !)

Date à laquelle vous êtes devenue mère : 23/11/2009 physiologiquement, réellement… plus tard

Date à laquelle vous êtes passée du côté obscur de la force : entre une nuit et un matin un peu pourris

Motifs invoqués pour votre inscription :
– mère au bord de l’épuisement alors qu’elle ne bosse pas (enfin, pas dans une entreprise en tant que salariée, mais plutôt en auto-entreprise, à la maison, donc pas un VRAI travail)
– s’y prend comme une quiche avec sa môme : la cogne fréquemment aux meubles de la maison, voire lui fait un croc sans faire exprès
– n’entend plus sa fille pleurer la nuit (enfin si, mais j’ai parfois juste pas le courage de me lever et attends que l’Ours l’entende)
– préfère bosser que jouer aux cubes ou à M. Patate pour la 9 996e fois de la semaine
– aime être seule quand sa fille est à la crèche
– rêve de soirée entre filles et de grasse mat’ : ma fille attend au moins une demi-heure avant qu’on la lève
– invoque un mal de dos virtuel pour poser sa fille de 12 kg à terre (non mais elle est lourde aussi)
– a deux meilleurs amis : les pâtes 5 minutes aux légumes (y’a du légumes dedans, 5 fruits et légumes frais toussa toussa) et ma gourde Beaba (compotes vite mangées sans accident)
– l’amène à la crèche avec des vêtements sales (ouais dans le noir, la tête dans le cul, je verrais pas une tache de fraise sur du blanc immaculé)

Bon ça devrait aller, pis y’a plus de place pour écrire…

Caractéristiques de l’enfant :
– petit monstre de sexe féminin de 26 mois plein d’énergie et de bêtises
– préfère son père (c’est sûr, avec une mère pareil)
– ne veut pas de câlins de sa mère (sauf quand elle l’a décidé)
– décide de plus dormir pendant ses siestes quand je suis gavée de boulot
– décide d’être malade quand je suis gavée de boulot (suis sûre qu’elle le fait exprès)
– décide de se réveiller deux fois la nuit quand je suis au bord du décès pour cause de fatigue
– décide de pourrir 4 couches lavables de caca explosifs quand il m’en reste que deux
– bref, c’est le MAAAALLL

Ils vont me prendre, c’est obligé.

Le… 01/02/2012
A… Quelque part en France, dans un bled sans ludothèque, sans famille, sans nounou ou baby-sitter de confiance

Faudrait que je veille à pas oublier de la prendre celle-là

Le choc de la rentrée : un coup porté aux mamans

Voilà, la rentrée est passée. Pour beaucoup de mamans, elle a laissé des marques, de grosses marques qui continuent à faire des ravages.
A peine rentrées de vacances pas toujours reposantes, voilà qu’il a fallu affronter l’ultime épreuve qui devait porter un dernier coup à l’état de poulpe mort dans lequel on était déjà.

Cette rentrée 2011 est particulièrement féroce. Crocs tout dehors, griffes acérées. Tapie dans l’ombre depuis juillet à attendre sagement sa proie, ça et là autour de moi, elle a frappé. Fort. Très fort.
Au stress, déjà pas simple à gérer, des traditionnelles courses de fournitures, des achats de vêtements pour bien commencer l’année, les mamans ont dû composer tels des jongleurs funambules avec d’autres imprévus.
Rentrée en crèche du petit, retour au boulot du papa, rhumes, problèmes administratifs en tout genre, sans parler des impôts… De quoi devenir zinzin. Pour de vrai. Et frôler la camisole.

Celle-ci serait presque en passe de devenir à la mode en cette rentrée automne-hiver 2011.

Les mères sont en surmenage, au bord du burn-out.
Elles le disent, discrètement, entre quelques tweets, entre blogueuses.
Du bout des lèvres à la sortie de l’école ou de la crèche.
A la maison, en criant sur les enfants, en pleurant seules, en se calfeutrant dans un peu de détresse ou en se murant purement et simplement dans le silence. Jusqu’au jour où…

La rentrée, c’est le stress de la séparation à gérer avec les tout-petits, l’angoisse de l’existence des plus grands. C’est penser à tout : si on y pense, on n’a pas de compliments, si on oublie, on ne nous rate pas.

Le burn-out, l’épuisement maternel, des mots tristement en vogue en ce moment. Surmenage, accumulation des casquettes, fatigue, stress, pression sociale… Ce ne sont là que quelques raisons qui font que les mères sont au bord de la crise de nerf.

Qu’elles soient « à la maison » ou qu’elles travaillent à l’extérieur, les mamans crient leur désarroi. Et peu l’entende. Ben oui, tout le monde est maman, alors c’est normal, on doit porter sa croix et se taire.
Sauf que la société a changé.
Sauf que la vie est plus stressante qu’à l’époque de nos mères.
Sauf qu’un salaire ne suffit.
Sauf que être seulement maman ne suffit pas.

La journée type d’une maman dure 72 heures… en 24.
La journée type d’une maman, c’est assurer sur tous les fronts, avec le sourire s’il vous plaît.
Les enfants : être à l’écoute, préparer les vêtements, habiller, laver, dorloter, faire manger…
L’intendance de la maisonnée est un boulot à temps plein : lavage, repassage (facultatif), ménage, papiers administratifs, rangement, repas, courses… Et j’en passe.
Puis il y a le boulot : après un temps de transport considérable pour certaines, ou à la maison pour d’autres (ah, mais oui, elles, elles travaillent pas vraiment, elles sont chez elles, j’oubliais… pour avoir vécu les deux, si t’as pas un mode de garde, bosser à l’extérieur ressemble à du spa à côté), le stress que cela implique, la fatigue.
Puis il y a l’homme : ça dépend du modèle que t’as choisi. Cela va du sympa au casse-couille en puissance. Après, il ne faut pas avoir oublié l’option « aide ménagère ». Mais parfois, même si tu l’as choisie, y’a des ratés en cours de programmation. Surtout sur les vieux modèles.

Et à côté de tout cela, toutes espèrent avoir un peu de temps pour elle.
Juste un peu.
Pour pas perdre le fil avec ce qu’elles sont : pas seulement une maman qui aime ses enfants très forts. Pas seulement une amante.
Un individu qui a besoin de compassion, pour lequel ses obligations ne doivent pas être déterminées par son sexe.

Je sais qu’il y a des mamans épanouies, qui sont heureuses au travail et à la maison, pour qui leur monde est celui des Barbapapas.
Pour les autres, j’avais besoin de dire tout ça.Un des livres du moment sur l’épuisement maternel qui fait parler de lui

« I believe I can fly »… faudrait déjà que je me dise « I will survive »

Voilà, une semaine de plus à la ramasse. Couchée un peu tard… Et vlan dans  ta gueule. Un peu de stress hop hop la tension qui monte.

En tout cas ce qui est sûr c’est que j’ai la patate au fond de moi, tout au fond (ouais derrière les cernes et les cheveux raplaplas) : une envie de tout bouffer, des tonnes de projets, j’ai bouffé du lion – juste que pour le moment il est en phase d’hibernation -, envie de tout péter (dans le bon sens du terme, et non, pas seulement les coutures de mon jean qui crient un peu à l’aide à cause du chocolat…). J’ai envie de vivre à 10 000 %. Faut juste que je récupère et me couche à 21h le soir, après je passe en phase d’attaque, si je survie à la fatigue atomique.

Sinon, ça va, je crois que je suis en pleine crise de la trentaine <_<

Dites les filles, ça fait mal ?