C’est la rentrée !

Nuit hâchée.
Matin embué.
Maman fatiguée.

Une Zouzou réveillée au petit matin, excitée par la rentrée.
Elle ne sait pas exactement ce qu’il va se passer mais ce qui est sûr, c’est qu’elle va retrouver les copains et s’amuser.
Elle va mettre de nouveaux habits, achetés pour l’occasion et soigneusement lavés.
Elle chaussera ses tennis préférés, pour courir pendant la récré.

Une maman heureuse mais un peu tendue.
Je me douche et m’habille fébrilement.
En passant à mon bébé que je porte, à ma petite grande fille qui fait sa première rentrée.
Je ne sais pas exactement ce qu’il va se passer, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle va aimer.
Peut-être pleurer à la récré.
Peut-être avoir un accident au moment de la sieste.
Mais tout ira bien, avec un peu de temps.
Puis plus tard, elle sera contente d’être en vacances mais heureuse de retrouver les autres enfants.

Une odeur de tartines grillées flottent dans la cuisine.
La fraîcheur du matin transpire à travers la fenêtre.
Un beau soleil illumine ce début de journée.

Des rires, des sourires, un peu de tension…

Le moment de s’habiller, d’enfiler de nouveaux vêtements pour une nouvelle vie.
Des jolies nattes tressées dans ses cheveux si doux couleur de miel. Des barrettes pour tenir sa mèche et encadrer son joli visage.
Une jolie photo pour immortaliser ce moment, celui d’avant le grand bain.
Son sourire, ma drogue.

Le départ. Le cœur gros. La gorge serrée.
Ne pas pleurer.
Surtout ne pas pleurer.
Être heureuse.

On arrive, on retrouve son copain adoré.
Des bisous.
Puis c’est parti : on pénètre dans l’antre de l’école.

Le soleil traverse la petite salle où ma Zouzou va passer ses journées.
Un calme étrange règne.
Tout est propre et rangé.
Les petits porte-manteaux sont étiquetés.
On n’oublie pas le doudou.

L’institutrice a l’air douce, et gentille. Un peu prise dans le tumulte de la rentrée.
On croise les regards des autres parents, tantôt rougis par les larmes, tantôt fatigués par un été meurtrier qui a su leur prendre le peu d’énergie qui leur restait…

Enfin, le moment de la laisser. De lui rappeler que sa Callo a un stock de bisous de sa maman, si elle a un coup de mou.
Qu’elle peut aller jouer, que des jouets sympas et les copains l’attendent.
Que je viens la chercher après le dodo.
Elle file. Impatiente.
Ma petite grande.
Elle file comme elle sait si bien faire dans sa vie : née comme une flèche, elle a depuis suivi sa route, toujours en allant de l’avant, sans cesse, dépassant ses craintes, toujours.
Amuse-toi ma belle.
Profite de ses jolies années de maternelles.
De ses doux souvenirs que tu vas désormais te faire et garder en toi comme des petits moments de bonheur pour ta vie entière.

Maintenant, je te laisse, sans me retourner.
Ou juste un peu, pour me rassurer.
Sans laisser de larmes couler sur mes joues.
Et je rentre, seule, dans cet appartement qui est bien calme, et vide sans toi.
Tu vas maintenant emplir de tes rires, du moins une partie de la journée, d’autres lieux, d’autres coeurs, d’autres vies.

Je me retrouve moi, maintenant, avec moi-même, une nouvelle vie à organiser, des projets à mettre en oeuvre, du temps à m’accorder.

Vite que la fin de la journée arrive pour te retrouver et s’embrasser.

Belle rentrée ma Zouzou. Belle rentrée dans la vie.

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Dernier jour de crèche

Voilà, aujourd’hui, c’est le dernier jour de crèche de ma Zouzou.
Après les doutes des premiers temps, l’angoisse du premier jour de crèche, elle s’y ait vraiment bien fait à cette vie en collectivité.
Et moi aussi : l’équipe était assez sympa. La directrice et son acolyte s’attachent à animer la crèche : fête des parents, de la crèche, journées spéciales, je suis vraiment super satisfaite de leur travail et de leurs compétences, de l’énergie qu’elles mettent en œuvre pour que les enfants se sentent bien (et les parents aussi du coup). De leur manière aussi d’aborder les enfants. Bref : je suis parvenue à leur faire confiance.

Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin.
C’est le dernier jour chez les « petits ». Dernier jour à la crèche.
Dans un mois et 3 jours, elle sera la petite chez les « grands », à l’école.

Une page se tourne. Celle de la petite enfance. Celle des premiers apprentissages en tant que maman. Celle où l’enfant est encore un peu connu de ses parents.
En septembre, elle se frotte à la collectivité, la vraie, celle où on est 30 par classe avec deux adultes pour accompagner.
Celle où à la récré il y a 90 enfants, là où ma Zouzou est déjà perdue dans un groupe de 15.
Celle où elle va découvrir d’autres enfants, qui vont lui apprendre d’autres choses, pas toujours sympas.
Celle où elle va avoir sa vie à elle, qu’elle ne nous racontera peut-être pas.

Oui, c’est bien l’école : elle qui a si soif de connaissances, d’activités, va y trouver son compte, à n’en pas douter.
Elle va s’éclater, je le sais, sans doute après un temps d’adaptation, plus ou moins long, plus ou moins facile… Avec plus ou moins de pleurs…

Elle est comme ça ma Zouzou, sensible. Même à 32 mois, elle décharge quand elle a eu plein d’émotions. Alors même qu’elle verbalise les « je suis en colère », elle a besoin de sa dose de gros câlins le soir et surtout de pleurs. Elle est émotive. C’est aussi ce qui fait sa qualité première : l’attention portée aux autres.
Elle est comme ça. Un caractère de cochon avec un cœur tout mou (comment ça « comme sa mère » ?).

Je suis contente qu’elle grandisse et aille à l’école, mais là, à quelques semaines de l’échéance, j’ai comme un petit pincement, un pincement à mon cœur de maman.
J’espère que tout va bien se passer.
Que les autres enfants ne seront pas trop méchants (toute manière j’irai casser la gueule aux parents si y’en a un qui touche à un cheveu de ma fille).
Que la maîtresse sera gentille et douce (toute manière j’irai casser la gueule à la maîtresse si elle touche à un cheveu de ma fille).
Que l’école maternelle sera presque aussi chaleureuse que la crèche.
Qu’elle ne souffrira pas trop de ce changement qui s’amorce.
Qu’elle va retrouver les copains.

Bref ma toute petite grandit, et force est de constater, que moi aussi.

Ma toute grande qui sait pédaler :)

Le choc de la rentrée : un coup porté aux mamans

Voilà, la rentrée est passée. Pour beaucoup de mamans, elle a laissé des marques, de grosses marques qui continuent à faire des ravages.
A peine rentrées de vacances pas toujours reposantes, voilà qu’il a fallu affronter l’ultime épreuve qui devait porter un dernier coup à l’état de poulpe mort dans lequel on était déjà.

Cette rentrée 2011 est particulièrement féroce. Crocs tout dehors, griffes acérées. Tapie dans l’ombre depuis juillet à attendre sagement sa proie, ça et là autour de moi, elle a frappé. Fort. Très fort.
Au stress, déjà pas simple à gérer, des traditionnelles courses de fournitures, des achats de vêtements pour bien commencer l’année, les mamans ont dû composer tels des jongleurs funambules avec d’autres imprévus.
Rentrée en crèche du petit, retour au boulot du papa, rhumes, problèmes administratifs en tout genre, sans parler des impôts… De quoi devenir zinzin. Pour de vrai. Et frôler la camisole.

Celle-ci serait presque en passe de devenir à la mode en cette rentrée automne-hiver 2011.

Les mères sont en surmenage, au bord du burn-out.
Elles le disent, discrètement, entre quelques tweets, entre blogueuses.
Du bout des lèvres à la sortie de l’école ou de la crèche.
A la maison, en criant sur les enfants, en pleurant seules, en se calfeutrant dans un peu de détresse ou en se murant purement et simplement dans le silence. Jusqu’au jour où…

La rentrée, c’est le stress de la séparation à gérer avec les tout-petits, l’angoisse de l’existence des plus grands. C’est penser à tout : si on y pense, on n’a pas de compliments, si on oublie, on ne nous rate pas.

Le burn-out, l’épuisement maternel, des mots tristement en vogue en ce moment. Surmenage, accumulation des casquettes, fatigue, stress, pression sociale… Ce ne sont là que quelques raisons qui font que les mères sont au bord de la crise de nerf.

Qu’elles soient « à la maison » ou qu’elles travaillent à l’extérieur, les mamans crient leur désarroi. Et peu l’entende. Ben oui, tout le monde est maman, alors c’est normal, on doit porter sa croix et se taire.
Sauf que la société a changé.
Sauf que la vie est plus stressante qu’à l’époque de nos mères.
Sauf qu’un salaire ne suffit.
Sauf que être seulement maman ne suffit pas.

La journée type d’une maman dure 72 heures… en 24.
La journée type d’une maman, c’est assurer sur tous les fronts, avec le sourire s’il vous plaît.
Les enfants : être à l’écoute, préparer les vêtements, habiller, laver, dorloter, faire manger…
L’intendance de la maisonnée est un boulot à temps plein : lavage, repassage (facultatif), ménage, papiers administratifs, rangement, repas, courses… Et j’en passe.
Puis il y a le boulot : après un temps de transport considérable pour certaines, ou à la maison pour d’autres (ah, mais oui, elles, elles travaillent pas vraiment, elles sont chez elles, j’oubliais… pour avoir vécu les deux, si t’as pas un mode de garde, bosser à l’extérieur ressemble à du spa à côté), le stress que cela implique, la fatigue.
Puis il y a l’homme : ça dépend du modèle que t’as choisi. Cela va du sympa au casse-couille en puissance. Après, il ne faut pas avoir oublié l’option « aide ménagère ». Mais parfois, même si tu l’as choisie, y’a des ratés en cours de programmation. Surtout sur les vieux modèles.

Et à côté de tout cela, toutes espèrent avoir un peu de temps pour elle.
Juste un peu.
Pour pas perdre le fil avec ce qu’elles sont : pas seulement une maman qui aime ses enfants très forts. Pas seulement une amante.
Un individu qui a besoin de compassion, pour lequel ses obligations ne doivent pas être déterminées par son sexe.

Je sais qu’il y a des mamans épanouies, qui sont heureuses au travail et à la maison, pour qui leur monde est celui des Barbapapas.
Pour les autres, j’avais besoin de dire tout ça.Un des livres du moment sur l’épuisement maternel qui fait parler de lui