Fière

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J’avais besoin de poser ce mot.
Fierté.
Loin de moi l’idée d’être prétentieuse. J’ai trop souvent ici couché mes pensées les plus profondes et souvent teintées de tristesse. De manque de confiance en moi. Lire la suite

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Reprendre contact : on s’appelle on s’fait une bouffe, on s’épile on se fait une touffe ?

Faut que je reprenne contact avec elle. C’est ce que je me suis dit cette semaine.
Je ne sais pas comment, je l’ai un peu perdu de vue ces derniers temps.
Pourtant, c’est pas compliqué.
Mon chemin croise souvent le sien…

Je me suis juste rendue compte que ça fait un bail que je lui ai pas dit des choses gentilles.

Hier, j’avais rendez-vous avec elle.
Seuls des mots durs sont sortis de ma bouche.
On peut dire que je n’ai pas été vraiment sympa.
Pourtant, ça devait être un moment agréable.
Elle a eu envie de pleurer… à cause de moi.

En même temps, c’est compréhensible.

Je trouve qu’elle a grossit.
Qu’elle est moins jolie.
Moins heureuse aussi.
Elle ne fait rien comme il faut, avec son mari.
Avec sa fille.
Ou sa famille.
Ou même ses amies.

Tu te dis : « Mais pourquoi elle reprendrait contact avec elle si elle pense tout ça ? »
Parce que cette reprise de contact, elle est vitale.
Et c’est en fait de moi que je parle.
Moi que j’ai oublié.
Oublié d’aimer.
Si tant est qu’un jour j’y sois parvenue.

Je ne veux pas de moi.

Voilà, les mots sont sortis.
Ils sont forts, mais c’est la vérité.
Ils en entraînent d’autres, pas plus jolis.
Je ne m’aime pas.

Je hais mon corps, cet amas de chair insensible, encombrant, dont je ne sais quoi faire.
Dont je n’ai jamais su quoi faire.
Je l’habille pour le cacher.
Je ne le regarde plus.
Je ne sais plus à quoi il ressemble.
J’ai même l’impression qu’il change de jour en jour.
Parfois gros, parfois pas si horrible pour le trouver moche le lendemain.
Ma vision se déforme au gré de mes émotions.
De mon mal-être.

Je me sens seule.
Je suis seule.
Et je me sens coupable, coupable de ne pas m’aimer assez, de ne pas m’aimer tout court.
Chaque jour qui passe, c’est une montagne de reproches.
Chaque jour qui passe, je m’estime de moins en moins.

Depuis toujours, ma tête d’un côté, mon corps de l’autre.
L’une espace de liberté.
L’autre barrière avec le monde extérieur.
L’une me fait du mal.
L’autre me fait mal.

Mon corps, si froid, sans plaisir.
Si douloureux.
Il n’y a qu’en ayant mal que je le ressens.
Il n’est rien sans l’autre.
Rien que désagréable.

Devoir l’apaiser, en pleurant,
En mangeant.
Même quand je n’ai pas faim.
Toi, la nourriture, mon doudou qui ne suffit plus.
Ma drogue.

Alors il faut que je reprenne contact.
Ou juste que je fasse connaissance.
Que je (re)construise mon image détruite et déformée par mes pensées… ses pensées.

Libérer mon corps, de l’emprise,
Libérer des émotions,
Le libérer et l’ouvrir à la vie.

Déverrouiller et arrêter d’avoir envie de me rouler en boule,
De ne plus exister.

Je veux m’aimer.
Je dois m’aimer.
C’est une histoire entre moi et moi.
Un combat que je dois mener seule.

Sans ça, jamais l’amour des autres ne pourra me combler.

Pablo Picasso, Femme qui pleure, 1937